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Ma formation chez les Dominicains En septembre 1937, je fis mon entrée dans lOrdre des Frères Prêcheurs (Dominicains) au couvent de Gand et jy entrepris mes études de philosophie. Parmi les églises fameuses de Gand, on compte Saint-Bavon, celle du chef-duvre des Van Dyck : LAgneau Mystique. Comme les professeurs, nous avions libre accès à la bibliothèque de luniversité et nous visitions régulièrement le Musée National, là où se trouvent deux uvres majeures de Hiéronimus Bosch : Saint Jérôme et Le portement de la croix. Bosch fut et reste à mes yeux, non un surréaliste, mais un expressionniste médiéval. Cest avec sentiment et réalisme quil exprime les choses de la nature et de la surnature, et quil dit le péché des hommes. À Gand, enfin, un de nos Dominicains, le Père Petrus Janssens, tenait la galerie « Artes » et cest là que jai pu admirer les uvres de Chagal, Permeke, James Ensor, Tydtgat, Gust de Smet, Jacob Smits, etc. Chaque année se tenait une exposition dart religieux ancien et moderne. En 1940, la guerre éclata aussi en Belgique. Le musée de Gand fut gravement endommagé et les tableaux furent enfouis dans les caves. LAgneau Mystique des Van Eyck disparut de la cathédrale. Mais les galeries « Vincke » et « Artes » continuèrent à exposer les meilleurs artistes flamands, en particulier les expressionnistes. De 1941 à 1945, je fis mes études théologiques à Louvain. La bibliothèque de luniversité brûla à cause de la guerre. Ordonné prêtre en 1944, je revins à Gand en 1946 pour entrer à lÉcole des Beaux-Arts Saint-Luc. La guerre était finie mais, pour les artistes, le matériel faisait défaut. Il ny avait pas de canevas pour les élèves de lacadémie et la toile fut remplacée par du papier; mais lécole donnait son enseignement, les professeurs se dévouaient, les études furent variées. Décoration, calligraphie, gravure, croquis et dessin, peinture à lhuile, aquarelle, affiche et étalage, visites de galeries guidées par nos professeurs, étude et copie au musée quon réparait et dont on ouvrait quelques salles. Parmi nos professeurs, Gérard Hermans prenait son inspiration dans le mouvement « animiste » et Max Van Damme était plein didées nouvelles pour lart décoratif. Lors dune exposition intitulée : « Les trésors de lart flamand dans les musées de Vienne », je vis Marine de Pieter Breughel, uvre pleine de mouvement et fortement dramatique. Le portrait dun jeune homme de Rubens me bouleversa par la force de ses couleurs, la sûreté du pinceau et son expression de dignité. Cette peinture fut pour moi la véritable introduction artistique aux uvres de ce génie. suite : Le Japon, mon pays d'adoption
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