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Le Japon, mon pays d'adoption Je suis arrivé au Japon en 1949 après un détour par le Canada. Je connaissais déjà un peu lart japonais, ayant vu des reproductions duvres, surtout dUkiyoe. Mais la vie artistique du Japon moderne métait presquinconnue à cause de la guerre. Je me suis inscrit à lÉcole des Beaux-Arts de Tokyo pour y étudier lart classique japonais. Non pour limiter, ni pour devenir un peintre de style japonais, mais pour le comprendre à fond. À ce moment-là, dailleurs, lart japonais lui-même était en état de recherche. Ces premières années au Japon furent riches dexpériences. Je découvris quil y avait bien dautres choses que lUkiyoe, que je commençais à trouver trop parfait dans sa technique et trop peu spontané dans lexpression du sentiment, donc contraire à ma formation et à mon expressionnisme. Je découvris lart de la sculpture de lépoque Asuka et, en visitant le Horyuji, lart mural du « Kondo » de ce temple. Jeus loccasion de voir le travail de préservation de ces peintures gravement endommagées par le feu. Jai pu voir aussi une importante collection de Haniwa et les grandes sculptures bouddhiques des temples de Nara. Enfin, je copiais quelques dessins dun rouleau de Toba-Sojyo. Après avoir pris part à une exposition du « Yomiuri Indépendant », on me demanda en 1953 dexposer avec les membres du « Shinjukai » chez Mitsukoshi à Nihonbashi. Parmi ces membres, figuraient Kinouchi, Asai, Ebihara, etc. Jai pu aussi décorer plusieurs églises, comme celles de Kita-Sendai, dIchinoseki, de Okayama, et deux chapelles, celle du monastère des Dominicaines de Morioka et celle de la maison Saint-Louis Bertrand à Tokyo. Avant de retourner en Belgique pour mes vacances, ma peinture Notre-Dame sous les cerisiers (coll. Mesdemoiselles Carpentier, Anvers) figura parmi les uvres de lexposition « Nitten ». Pendant mon séjour à lÉcole Saint-Luc de Gand, javais eu lintention détudier lart du vitrail, mais la pénurie des matériaux rendit cette étude impossible. Dix ans plus tard, je minscrivis à lÉcole Nationale des Beaux-Arts dAnvers pour le cours du professeur Jan Huet en art du vitrail. Depuis le début du siècle, on connaissait un renouveau de lart du vitrail, en Belgique avec Eugeen Yoors, en Hollande avec Joep Nicolas. Comme au Moyen Âge, les artistes retrouvaient la valeur de la vitre colorée, du plomb et de la grisaille. En réaction contre limitation des peintures à lhuile, ils évitaient la technique trop parfaite de reproduction de dessins telle quon la pratiquait en usine. Cette perfection des techniciens tuait lintuition de lartiste (comme dans lUkiyoe). Ces artistes modernes du vitrail en Flandre et en Hollande revenaient donc à lartisanat, assumant totalement la responsabilité de leurs uvres, depuis leur conception jusquà leur réalisation. Létude des matériaux nouveaux, de leurs possibilités et de leurs limites, ma beaucoup influencé. Revenu au Japon, je présentai des huiles aux expositions « Kofukai » et « Nitten », puis ce furent des vitraux pour celle du « Shinjukai ». Vers 1962, je repris la gravure sur lino, mais je cherchais dautres moyens dexpression. Une de ces uvres fut acceptée pour lexposition « Nippon Kindai Bijutsu-ten » de 1962 organisée par le journal Mainichi. Je fis des essais de gravure sur plastique à la pointe sèche, puis de sérigraphie, en utilisant un stencil de papier japonais très mince. Mais ces techniques ne me permettaient de reproduire que trois ou quatre impressions que je colorais à la main. Un jour, quelquun mapporta divers échantillons de papier et jy découvris le « Ibori ». Ce papier me lança sur de nouvelles pistes de recherches et dexpériences qui se poursuivent encore. suite : Appréciation de mes oeuvres
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