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Le baptême de Jésus

 
 

Jean Baptiste et Jésus, les deux figures présentes au récit de la visitation, comme des promesses de vie au sein de leurs mères, se rencontrent maintenant, pour une nouvelle visitation. Rencontre des deux alliances là aussi, pour inaugurer un temps nouveau. Leur regard et leurs mains, comme dans les scènes précédentes, expriment la profondeur du mystère qui les habite et les entoure. Ici, ils sont entourés d’autres figures, évoquées par la colombe pour l’Esprit Saint et par la nuée pour le Père des cieux. Toutes ces présences, en ce moment solennel, disent aussi la rencontre des éléments : l’eau, la terre et le ciel s’unissent.

     Jésus fait sa première apparition publique. Auparavant, Jean Baptiste a annoncé l’arrivée de ce Messie qui va tout bouleverser, de ce juge qui va remettre les choses en ordre. Et quel est le premier geste de Jésus? Va-t-il annoncer son grand plan de restauration ou dire à chacun ses vérités? Non. Il va vers Jean pour se faire baptiser. Quel étrange comportement! Nous sommes habitués au baptême et n’y voyons souvent qu’un rite social et religieux. Mais le baptême que donne Jean a un sens fort : c’est un baptême de conversion pour le pardon des péchés. C’est un geste que font les pécheurs qui veulent changer leur vie. Mais alors qu’est-ce que le Messie fait dans ce Jourdain? Jean Baptiste saisit très bien l’enjeu : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et non l’inverse. C’est le monde à l’envers et non remis à l’endroit.

     Le premier geste public de Jésus est un geste de solidarité avec le peuple qui cherche un renouveau de sa vie, avec tous ces pécheurs, publicains, prostituées et honnêtes gens, toute une foule en quête d’espérance. D’emblée, Jésus se place parmi eux, avec eux. Cela dit déjà ce que sera toute sa mission. Elle s’enracine dans une profonde communion avec ses frères et sœurs qui vivent le découragement, le mépris, la souffrance, la honte. Il vient pour transformer leur existence mais en se faisant proche d’eux, de leur misère et de leur espoir.

     Ce geste dit aussi autre chose de ce drôle de Messie. Jésus commence son engagement religieux dans la mouvance de Jean Baptiste et du mouvement de renouveau qui s’est créé autour de ce prophète radical. Jésus commence non comme un Maître mais comme un disciple, lui qui plus tard sera un Maître avec ses propres disciples. Il prendra ses distances avec les perspectives de Jean, qui accentuent le jugement plus que la miséricorde, mais il sera marqué par sa proclamation, appelant tous, sans exclusion, à la conversion.

     Le baptême lui-même n’est pas raconté, les évangélistes insistent sur son sens profond, donné par la voix des cieux : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Cette voix vient confirmer, par les plus hautes autorités, qu’il n’y a pas méprise à propos de Jésus qui se fait baptiser. C’est bien lui l’Envoyé de Dieu, même si sa démarche surprend. Cette voix, c’est à la fois celle des Écritures et du Dieu vivant, c’est celle de la Parole de Dieu. Elle réfère au prophète Isaïe qui parle du Serviteur à venir, lui qui n’écrasera pas le roseau froissé et ouvrira les yeux des aveugles. Cette voix met en relief la relation profonde qui unit cet homme Jésus, sortant de l’eau, et le Père des cieux, que Jésus appellera Abba.

     Par son baptême, Jésus dit déjà ses choix : il marchera sur la voie du dépouillement et du service. Sur ce chemin, l’Esprit et le Père l’accompagneront et l’univers, eau, terre et ciel, sera réconcilié. Méditer sur le baptême de Jésus, c’est contempler le visage du Messie qui vient comme un Serviteur. C’est entrer dans une voie spirituelle, avec ses temps d’apprentissage qui nous y préparent, comme pour Jésus. C’est aussi, en acceptant de suivre Jésus, à partir de son premier geste, s’engager sur une voie désarmante et libérante, prendre le risque de marcher sur le même chemin de solidarité et de réconciliation, dans l’assurance d’être accompagnés. Et ainsi, retrouver le sens de notre propre baptême.

Daniel Cadrin, OP

 

 

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