Une
technique originale
Sil ne cache pas ses influences
- il parle lui-même de synthèse - sa production destampes
par le procédé de la gravure na rien de conventionnel.
Insatisfait des contraintes imposées par la lynogravure et
la sérigraphie, il imagine ce quil appelle les paper
print. Mais comme on dit xylographie pour définir la
gravure sur bois, il faudrait peut-être parler de papirographie
donnant tout de suite à penser à la matrice
et non dabord à luvre imprimée.
Effectivement, ses matrices ne sont
ni de cuivre, ni de linoléum, ni de pierre, ni de bois même
si par leur rendu ses estampes sy apparentent, mais de papier.
Ici logent à la fois loriginalité du corpus
principal de son uvre et le secret de son caractère.
Techniquement ses estampes sont tirées
de gravures en relief dont le support est un papier Ibori.
Encrées en surface à laide dun rouleau
ces gravures sur papier sont imprimées à leur
tour sur un papier fin. LIbori est un papier japonais dà
peine quelques millimètres dépaisseur mais suffisamment
rigide. On pourrait parler aussi de carton léger. Carpentier
y dessine directement en utilisant un couteau à lame très
fine. Ses formes sont découpées dans la matière
dont il pèle une ou plusieurs couches bien uniformément
ou au contraire, par déchirure, créant alors de lumineux
effets de demi-teintes. Le procédé est donc très
délicat et nautorise pas de grands tirages. Limpression
nécessitant un pressage, de telles matrices de papier ne
peuvent en supporter quune cinquantaine.
Sil sagit duvres
en noir et blanc, une seule planche est nécessaire. Lorsquil
y a de la couleur, les matrices se multiplient en fonction de chacune.
Leurs empreintes se superposent par pressage successifs. Une matrice-clé
tirée en noir et structurant lensemble de luvre
complète alors le tirage. Lensemble des impressions
successives est répété pour chaque exemplaire.
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: Quelques clés de lecture