Quelques
clés de lecture
Il est toujours dangereux de chercher
à tout expliquer. Comme lécrit Carpentier :
quand la raison a tout dit, que tient-on en main, sinon un papillon
mort... Il invite cependant à retenir quelques éléments.
Outre la matière dont nous avons parlé puisquelle
conditionne le rendu, Carpentier évoque le sujet et
de façon particulière le sentiment désirant
ardemment que ses uvres en soit lexpression sincère.
Il dira volontiers : je suis un expressionniste non par mode
mais par nécessité. Et tout cela se traduit par quelques
éléments plus facilement repérables au premier
abord. Voyons-en quelques uns.
Les cadres
étroits. Si lon observe avec attention les
petites estampes représentant la Nativité, le Baptême,
lAscension et la Pentecôte, on ne peut que remarquer
lexiguïté des cadres. Les personnages y sont nettement
comprimés. Les cous sont cassés forçant les
regards à se tourner vers le haut, vers un ailleurs symbolique.
Pourquoi? Ces compressions ne suggèrent-elles pas tout simplement
que le mystère est toujours à létroit
dans nos efforts de représentation.
Les grands
yeux. Tous les personnages de Carpentier ont de grands
yeux. Ils semblent nêtre jamais assez grands pour tout
voir, pour tout contempler. Ils deviennent comme des fenêtres
laissant largement entrer la lumière. Cest ainsi que
sillumine et se dilate lespace intérieur.
Les mains.
Plus dune fois on a interrogé lartiste sur la
signification de toutes ces mains démesurées si présentes
dans son uvre. Souvent elles impriment le mouvement dans la
composition, mais elles sont bien davantage des indicateurs de convergence.
Pour cette raison Carpentier invite à se laisser guider par
elles.