La violence dans la Bible


Introduction
1. Rejet des lectures fondamentalistes
2. La culture pour expliquer la violence?
3. La Bible assume la violence humaine
4. La Bible reflète la violence expérimentée par ses auteurs
5. Dieu est-il violent?
6. Faut-il opposer Premier et Nouveau Testament?
7. Violence divine: projections et représentations
8. Une filon très prometteur: le symbolisme

8.1 Une violence subordonnée au maintien de l'alliance
8.2 Un exemple: des symboles qui expriment le jugement de Dieu
8.3 Vérité symbolique et réalité historique
8.4 Des ennemis qui personnifient le mal

9. Vérité historique et vérité théologique
10. Une longue réflexion sur la question du mal et une pédagogie biblique du dépassement de la violence
11. À la découverte du Dieu de la paix


Introduction

La Bible, et en particulier le Premier Testament, présente son lot de scènes violentes: guerres, massacres, cataclysmes, meurtres, viols, etc. On peut certes accepter facilement que soient décrits certains débordements de la nature. De même, on tolérera la présence de la violence lorsque le texte dépeint des comportements humains déviants pour mieux les sanctionner. Mais la violence de la Bible déborde ces exemples. Elle pose problème lorsqu'elle s'infiltre dans la prière - prier pour la destruction de l'ennemi, par exemple dans les Psaumes -  ou pire encore, lorsqu'elle est demandée, approuvée ou exercée par Dieu lui-même. Comment comprendre cette violence qui heurte de plein fouet la vision d'un Dieu bon et miséricordieux présentée aussi dans le texte biblique, et pas seulement dans le Nouveau Testament?

Plusieurs réponses, d'ailleurs complémentaires, peuvent être apportées à cette question. Ce dossier propose plusieurs pistes de réflexion. Il invite, dans le même temps, à aborder de face la question de la violence de la Bible, qui "préfère le réel à l'idéal" (Van Meenen, 2003: 502). 

1. Rejet des lectures fondamentalistes

Précisons d'entrée de jeu que la perspective adoptée ici exclut d'emblée toute lecture fondamentaliste de la Bible (voir la section 4 du dossier vert "Des clés pour lire le Premier Testament"). Une telle lecture, en effet, ne tolère aucune distance face au texte, prend tout au pied de la lettre, sans considérer les genres littéraires, le symbolisme, la dimension culturelle ou les intentions théologiques de l'auteur. Ces éléments sont pourtant essentiels pour ne pas errer dans l'interprétation d'un texte. Ils nous donnent aussi des pistes de solution à cette question de la violence dans la Bible.

Par ailleurs, une lecture fondamentaliste de la Bible pave la voie à de nouvelles violences, justifiées par le texte biblique lui-même. On connaît les ravages des fanatismes religieux qui s'appuient sur une interprétation étroite de textes sacrés (Bible, Coran et autres), qu'ils prétendent d'ailleurs ne pas interpréter du tout. Qu'est-ce qui pourrait raisonner quelqu'un qui pense agir au nom de Dieu et qui croit avoir un accès direct et non équivoque à sa volonté? 

2. La culture pour expliquer la violence?

En lisant la Bible, nous regardons une société de l'Antiquité proche-orientale avec nos yeux d'Occidentaux du XXIe siècle. Le fossé culturel est pourtant important. Pas étonnant que certaines mœurs des temps bibliques nous surprennent, voire nous choquent. Jusqu'à un certain point, la violence de la Bible, celle des êtres humains et celle de Dieu telle qu'on la présente, peut être expliquée par des différences culturelles. 

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