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chronique du 7 octobre 2016

 

 

Les ostraca araméens de tel Marésha

Un ostracon dans la main du chercheur français

Un ostracon dans la main du chercheur français (photo © Michael Langlois)

Depuis une quinzaine d’années, des tessons de poterie ont été exhumés des grottes de Marésha, un site archéologique situé dans les collines judéennes au sud-ouest de Jérusalem. L’intérêt de ces morceaux de poteries brisées c’est qu’ils sont recouverts d’écriture et des spécialistes vont bientôt procéder à leur déchiffrement.

Les fouilles ont été dirigées par l’archéologue Ian Stern et les ostraca, c’est ainsi qu’on les désigne, ont été confiés à Esther Eshel, la directrice du Centre d’épigraphie de l’Université Bar-Ilan. Elle sera assistée par Michael Langlois, professeur et chercheur de l’Université de Strasbourg. En plus de son expertise en épigraphie et en paléographie, le chercheur français a développé une compétence de pointe dans le domaine de l’imagerie spectrale.

Il est donc débarqué en Israël l’été dernier avec son matériel portatif pour photographier les artefacts avec un appareil photo adapté, un jeu de filtres et un trépied [1]. L’objectif était d’utiliser cet équipement léger pour révéler toutes traces d’écriture que la vision humaine n’arrive pas à capter ni un appareil photo conventionnel.

Le corpus est composé d’environ 400 ostraca remontant au IIe siècle avant notre ère et ils ont tous été photographiés. Quand on sait qu’il faut faire 13 photos par objet, on imagine le temps passé à cette tâche répétitive. L’étape suivante sera consacrée au déchiffrement des textes dont le support tient pour la plupart dans la main. Selon la chercheuse israélienne, plusieurs de ces textes appartiendraient au genre divinatoire. Il serait tentant de faire un rapprochement avec le même type de textes trouvés à Qumrân mais Michael Langlois nous met en garde : « Le genre est différent et se distingue de tout ce que l’on connaît. » Au terme de leurs travaux, l’ensemble du corpus sera publié dans un gros volume et nous réservera sans doute de belles surprises.

[1] Ce matériel permet de prendre des photographies haute définition depuis le spectre ultraviolet jusqu’aux infrarouges.

Lire aussi : Marie-Armelle Beaulieu, « Le site de Marésha : des tessons peu banals », Le Monde de la Bible 217 (2016) 81; Ian Stern, « A World Below : the Caves of Maresha », Biblical Archeology Review 39/5 (2013) 30-39.

Sylvain Campeau

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Un atelier de vases en pierre datant du premier siècle

 

 

 

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