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2e dimanche de l'Avent (année B) - 10 décembre 2017

 

Préparez la route au Seigneur

La prédication de Jean le Baptiste

La prédication de Jean le Baptiste
Giovanni Battista Gaulli, circa 1690
Huile sur toile, 181 x 172 cm (Wikipedia)


La prédication de Jean le Baptiseur : Marc 1, 1-8
Les lectures : Isaïe 40, 1-5.9-11; Psaume 84 (85) ; 2 Pierre 3, 8-14.
Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

 

En tout temps, les communautés chrétiennes sont appelées à écouter la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu.  Devenir des messagers du Christ Jésus comme le Baptiste,  manifester les traits visibles de la vie du Fils, telle est notre collaboration au projet de Dieu.

En ce deuxième dimanche de l'Avent, les lectures bibliques évoquent l’histoire du peuple hébreu, ses moments douloureux et ses heures de joie, histoire sainte, expérience religieuse habitée par la présence indéfectible de Dieu qui poursuit son œuvre de siècles en siècles.

Le temps de Dieu

Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans,
et mille ans sont comme un seul jour.
(2 Pierre 3,8)

L’Évangile selon saint Marc ne commence pas par les récits d’enfance, tels qu’on les retrouve en Luc et Matthieu, mais par une déclaration solennelle et percutante qui  nous rappelle la première page du livre de la Genèse : Commencement de l'Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu... investi de la force de l’Esprit (Marc 1,1.10). Cette présentation est à rapprocher aussi de celle de l’évangéliste Jean : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu, Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui et rien de ce qui fut, ne fut sans lui... (Jean 1,1-3).  L’évangéliste Marc (1,1-8) poursuit ensuite avec Jean le Baptiste, le messager, l’ascète humble et détaché, en qui ont résonné les annonces d'Isaïe (première lecture). Le Baptiste proclame : Voici venir derrière moi, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. (v. 7) Au moment où Jésus descend dans l’eau du Jourdain pour recevoir le baptême, une voix se fait entendre : Tu es mon Fils bien-aimé, il m'a plu de te choisir (littéralement : en toi j'ai mis mon bon plaisir ou je me suis complu (v. 11). Par ce baptême et par la mort et la résurrection du Christ, l’humanité passe d’un avant à un après, du vieux à du neuf. La venue de Dieu s'accomplit dès lors dans la venue du  Fils. À partir de ce moment, la direction est à jamais donnée : tournons notre regard et nos cœurs vers Jésus, le fils de Dieu.

Pour saisir la hauteur, la largeur, la profondeur de Jésus Christ, il faut s’aider de l’histoire du salut, au cœur des vicissitudes et de la détresse du peuple juif, appelé à la conversion par les prophètes Isaïe, Malachie (1,2-3; 3,1), Ézéchiel (36,26-27) et Jérémie (32,36-41). La tendresse de Dieu se fait pardon et crée sans cesse de nouveaux commencements, car le temps de Dieu est sans limites.

Le peuple de l’Alliance (Isaïe 40, 1-5.9-11)

Au 6e siècle avant Jésus-Christ, alors que les exilés juifs sont à Babylone, le prophète Isaïe leur adresse une parole de réconfort – en hébreu on l’exprime ainsi : pousser un profond soupir après avoir vécu une grande angoisse. Il leur annonce une délivrance, laquelle  viendra d’un édit du roi Cyrus qui autorise les exilés à retourner dans leur pays, et qui offre des subventions pour la reconstruction du Temple, détruit en l’an 587. Pour ces gens qui ont beaucoup souffert, ayant perdu leur identité nationale, comment ne pas se rappeler alors la délivrance vécue par leurs ancêtres, lors de la sortie d'Égypte! Le prophète décrit ce retour comme une marche triomphale à laquelle les exilés vont participer. Ils ont déjà participé à des travaux pénibles de terrassement pour abaisser les collines et les montagnes lors de l’entrée solennelle du roi babylonien et des vainqueurs étrangers,  où encore lors des fêtes annuelles célébrant le dieu Mardouk.  Après ce temps d'humiliation, voilà que tout change. Dieu, fidèle, les soustrait à d’autres années d’esclavage. Ces humiliés entrevoient alors les mille kilomètres à franchir dans le désert, de Babylone à Jérusalem, accompagnés de leur roi qui précède le cortège de retour. Ce fait nouveau constitue une preuve de l’amour de Yahvé qui va les guider, comme la Nuée au temps du premier Exode (Exode 13,21-22). Certes, le retour des enfants dont les parents ont été déportés cinquante ans plus tôt ne sera pas facile, et l’insertion au milieu de leurs frères restés à Jérusalem demandera courage et persévérance. Mais leur foi leur assure que le salut viendra de Dieu sur qui ils peuvent compter, en qui ils  reconnaissent le bon pasteur, plein de tendresse et d'attention amoureuse pour les faibles. Dieu ne veut pas la mort du peuple infidèle, mais il attend avec patience sa conversion et leur donne rendez-vous à Jérusalem.

Le Seigneur vient

Le témoignage de  Marc, son récit des faits et gestes de la vie de Jésus jusqu’à sa mort et sa résurrection, est précédé dans le temps par d’autres récits, comme la première lecture le confirme. Dieu promet d’avance les dons dont il comble son peuple. Il le fait depuis toujours, non seulement depuis Adam et Ève (Genèse 2,7), depuis la période des prophètes, mais dès avant la création du monde : Au commencement était le Verbe... (Jean 1,1). Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables (Éphésiens 1,4).

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu?
Ce qu’il dit, c'est la paix pour son peuple.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
Et sa gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice. (Psaume 84 (85))

On n’attend pas passivement des cieux nouveaux et une terre nouvelle (Pierre 3,13; Isaïe 65,17). La lumière du Christ est une grande Bonne Nouvelle, imprévisible, rayonnante et débordante. Chaque croyant, aujourd’hui comme hier, est en travail d’enfantement, il se doit de laisser naître en lui les traits de Jésus Christ. Comme le Psaume 84  le mentionne, nous sommes invités à nous mettre dans un état d’écoute pour accomplir justice et paix qui sont dons de Dieu. Croyons à l’Esprit qui peut accomplir en nous plus que nous le demandons. L’Église nous invite à nous investir dans des groupes qui font la promotion de la justice et de la paix, ici et ailleurs, auprès des réfugiés, des sans-logis, des démunis. Dans nos familles, dans nos contacts sociaux, dans nos milieux professionnels, n’avons-nous pas la noble mission d’être chemin de Dieu pour ceux et celles qui nous entourent? Comme communautés chrétiennes, nous formons l’Église, le Corps du Christ, appelé à offrir au Père des fruits de paix et de justice, lesquels constituent le rayonnement de la présence de Dieu dans notre monde : Ce qui glorifie mon Père, c'est que vous produisiez beaucoup de fruits. (Jean 15,8)

Julienne Côté

Source : Le Feuillet biblique, no 2554. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Diocèse de Montréal.

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