INTERBIBLE
Au son de la cithare
célébrer la paroleintuitionspsaumespsaumespsaumes
off Nouveautés
off Cithare
off Source
off Découverte
off Écritures
off Carrefour
off Caravane
off Scriptorium
off Artisans

 

 
Les Psaumes

 

David
Imprimer
chronique du 7 novembre 2003
 

Les Psaumes pour la foi


Nous commençons notre étude des Psaumes par l'étude du plus court de tous les psaumes, le Psaume 117(116). Dans la liturgie, il porte le numéro 116 et dans les Bibles, qui suivent la numérotation hébraïque, le numéro 117. Comme il est court, nous pouvons le transcrire au long:

Louez le Seigneur tous les peuples,
louez le Seigneur toutes les nations,
sa miséricorde pour nous a été confirmée
et la fidélité du Seigneur demeure à jamais. Alleluia!

     Les plus anciens se souviennent peut-être de la version latine que l'on chantait en guise de chant de sortie, par exemple dans les bénédictions du Saint-Sacrement:

Laudate Dominum omnes gentes,
Laudate Dominum omnes populi
Quoniam confirmata est super nos misericordia ejus
et veritas Domini manet in eternum (Alleluia!)

Observations

     Regardons les mots les plus importants. Le mot « Louez » : il se trouve deux fois pour traduire le mot hébreu « hallal » puisqu'on le trouve au tout début du psaume et à la fin simplement transposé dans « Alleluia » que le français n'a pas traduit, mais simplement reproduit tel quel de la langue originale. Cette racine hallal est très importante dans les psaumes puisqu'elle englobe tous les psaumes. On retrouve ce mot hallal ou alleluia une multitude de fois dans les 150 psaumes et s'il est saupoudré un peu partout, c'est que la tonalité générale du livre des psaumes est à la joie et à l'action de grâces.

     Le Psautier (le nom officiel du livre des psaumes) est une invitation à la louange et à un grand Merci! De fait, les lamentations ou plaintes du psalmiste sont le genre de prières le plus répandu parmi les psaumes, mais même là on exalte la puissance du Seigneur qui peut nous venir en aide. Le son hallal et cette combinaison de lettres apparaît fréquemment dans diverses langues comme expression d'excitation spontanée et joyeuse. L'allemand halali ou hali halo exprime l'excitation de la chasse comme sport. L'arabe tahlil reproduit le chant des femmes qui encouragent les hommes à la guerre; 'ahalla est le cri des jeunes mères qui saluent un enfant nouveau-né et tahallalah exprime les cris joyeux en général. L'hébreu hall dénote l'enthousiasme d'un jeune homme ou d'une jeune femme devant la beauté de son conjoint, mais encore plus l'enthousiasme devant la grandeur de Dieu. Ceux qui chantent hall se battent la poitrine ou se passent la main sur la gorge pour faire sortir de leur lèvres une trille, un petit son rythmé qui est une vraie incantation. Notre psaume est donc très typique du milieu d'où il est originaire.

     Le mot « peuple » est dans un des deux cas rendu ici par nation, en hébreu oum c'est-à-dire la nation en tant que mère des individus qui la composent. Ce sont les païens qui sont invités à proclamer la grandeur de Dieu qui a fait tant de belles choses pour Israël, surtout le retour de l'exil. Le mot « miséricorde » est un des termes qui appliqué à Dieu signifie son amour (hébr. hèsed) manifesté dans l'alliance vue comme pacte de famille liant entre eux des parties qui ont un lien de parenté physique entre elles. Il y a oubli des torts qui ont été causés par la partie plus faible de l'alliance.

     Le mot « fidélité » que l'on rend parfois par vérité (en latin veritas) n'est pas un concept philosophique mais plutôt une description de ce qu'est pour Dieu la constance dans son comportement. Il est fidèle à lui même quand il pardonne et qu'il demeure le même dans la parole donnée. Même s'il a permis une épreuve dans l'exil de son peuple Israël, Dieu demeure inébranlable dans ses engagements.

Commentaire

     Le peuple d'Israël ne s'est pas exprimé en langage abstrait d'habitude. Ainsi pour parler d'un être qui existe vraiment, il a parlé de l'être qui loue Dieu. Chanter la louange de Dieu, c'est l'équivalent de vivre. Un être qui est empêché de louer a cessé d'exister. Ici, les nations païennes, les communautés d'étrangers trouvent donc un appel à être lorsqu'elles sont invitées à chanter Dieu.

     Le « nain » parmi les psaumes a joué un beau rôle. Saint Paul en a parlé (Rm 15,11) lorsqu'il a dit que l'amour de Dieu s'étendait à tout l'univers, à toutes les nations en dépit des fautes de ses témoins. Souvenons-nous de la fidélité de Dieu bien nécessaire, puisque disait Péguy: la vertu qui est devenue la plus rare dans les temps modernes: la fidélité. (Courrier de Russie, 19 septembre 1905)

Pierre Bougie, PSS
professeur au Grand séminaire de Montréal

 

Article précédent :
Louez le Seigneur, tous les peuples!