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Les Psaumes

 

David
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chronique du 11 mars 2005
 

La crainte de Dieu d'après le Psaume 128 (127)


1 Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !

2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

3 Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table, comme des plants d'olivier.

4 Voilà comment sera béni l'homme qui craint le Seigneur.

5 De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie,

6 et tu verras les fils de tes fils.

Paix sur Israël !

Le Psaume 128 (127) commence par les mots : « Heureux tous ceux qui craignent le Seigneur. » On s'interroge sur le sens de la crainte de Dieu. Toutes les fois que l'on parle de la crainte du Seigneur dans les Écritures, il faut remarquer qu'elle n'est jamais présentée seule, comme si elle suffisait à la perfection de notre foi; on lui préfère ou on lui substitue quantité de choses qui font comprendre quelle est la nature et la perfection de cette crainte du Seigneur. Nous connaissons par-là ce que dit Salomon dans les Proverbes : « Si tu demandes la sagesse, si tu appelles l'intelligence, si tu la recherches comme l'argent et si tu creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur. »

     Nous voyons ainsi à travers quelles étapes on parvient à la crainte du Seigneur. D'abord, il faut demander la sagesse, consacrer tous ses efforts à comprendre la parole de Dieu, rechercher et approfondir dans la sagesse; et c'est alors que l'on comprendra la crainte du Seigneur. Or, dans l'opinion commune des hommes, on ne comprend pas ainsi la crainte.

     La crainte est l'appréhension de la faiblesse humaine qui redoute de souffrir des accidents dont elle ne veut pas. Elle naît et elle se développe en nous du fait de la cu lpabilité de notre conscience, du droit d'un plus puissant, de l'assaut d'un ennemi mieux armé, d'une cause de maladie, de la rencontre d'une bête sauvage, bref la crainte naît de tout ce qui peut nous apporter de la souffrance. Une telle crainte ne s'enseigne donc pas; elle naît naturellement de notre faiblesse. Nous n'apprenons pas quels sont les maux à craindre, mais eux-mêmes ces maux nous inspirent de la crainte.

     Au contraire, au sujet de la crainte du Seigneur, il est écrit ceci : « Venez, mes fils, écoutez-moi : la crainte du Seigneur, je vous l'enseignerai. » Il faut donc apprendre la crainte de Dieu puisqu'elle est enseignée. En effet, elle n'est pas dans la terreur, elle est dans la logique de l'enseignement. Elle ne vient pas du tremblement de la nature, mais de l'observance du précepte; elle doit commencer par l'activité d'une vie innocente et par la connaissance de la vérité .

     Pour nous, la crainte de Dieu est tout entière dans l'amour, et la charité parfaite mène à son achèvement la peur qui est en elle. La fonction propre de notre amour envers lui est de se soumettre aux avertissements, d'obéir aux décisions, de se fier aux promesses. Écoutons donc l'Écriture, qui nous dit : « Et maintenant, Israël, qu'est-ce que le Seigneur te demande? Sinon que tu craignes le Seigneur ton Dieu, que tu marches sur tous ses chemins, que tu l'aimes et que tu observes de tout ton cœur et de toute ton âme, les commandements qu'il t'a donnés pour ton bonheur. »

     La crainte du Seigneur ne se comprend bien qu'en rapport étroit avec l'amour de Dieu.

Pierre Bougie, PSS
(d'après un texte de saint Hilaire)
professeur au Grand séminaire de Montréal

 

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Les psaumes conduisent au bonheur