Le verset du jour
réflexion du 19 février 2013

 

 

 

« Dans une fresque hautement symbolique, avant que Jésus ne commence sa mission, le démon met Jésus à l’épreuve dans le désert. Après deux premières tentatives infructueuses, il lui montre tous les royaumes de la terre et lui dit : “Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes... Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela.” Jésus lui répond : “Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras.” » Luc 4, 1-13

 

Durant toute sa vie publique, Jésus est soumis à l’épreuve, confronté à des désirs contradictoires exprimés par les uns et les autres. C’est bien ce qu’exprime la mise en scène réalisée par Matthieu et Luc au début de sa mission. On y voit Jésus confronté directement au démon qui cherche à le déstabiliser, à le faire dévier de sa mission. Par trois fois, il revient à la charge lui suggérant, par des versets bibliques, de se faciliter la vie et sa mission en utilisant la puissance qui est la sienne ou de convaincre la foule en utilisant des moyens de fascination des foules. Dans la troisième tentation, il propose à Jésus le pouvoir sur le monde, la tentation par excellence, celle qui fixe un but, sans se soucier des moyens ni des conséquences pour les autres. Une seule condition, se nier soi-même et se soumettre tout entier au pouvoir du démon. Cette tentation traverse tous les évangiles. Les disciples, comme la foule voudraient tellement voir Jésus prendre la tête de l’insurrection contre les Romains pour instaurer un nouveau royaume en Israël. Jésus s’y refuse  et accepte d’en payer le prix, la mort et la dérision, s’en remettant entièrement à son Père. Ma royauté, dira-t-il à Pilate, n’est pas de ce monde mais d’un autre, du monde de l’amour total et de la gratuité pure où chacun existe et vit, non dans la prosternation destructrice de soi, mais dans la liberté de l’amour.

En ouvrant le temps du Carême, ce texte invite chacun de nous à vérifier la direction que prend le désir en nous. L’avertissement qu’il fait entendre pourrait s’écrire en termes plus modernes: «il n’y a pas que la bouffe et la consommation qui compte dans la vie... le vedettariat peut conduire dans le vide complet... et la main mise sur les autres fait de toi un tyran sans pitié...

Peut-être bien que nous avons les uns et les autres intérêt à entendre cet avertissement !!!

 

 Roland Bugnon

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 12 février 2013

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