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chronique du 11 décembre 2009 |
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L’étoile de David
Relief de la synagogue de Capharnaüm
En Palestine, Alexandre Jannée (103-76 av. J.C.) qui cumulait les titres de Grand-prêtre et de roi d’Israël, a fait frapper une monnaie [1] marquée d’une étoile. À la deuxième révolte juive (66-70 ap. J.C.), Rabbi Aqiba voit dans le chef des insurgés Bar Kosiba, le Messie et changera son nom en Bar Kohba : Fils de l’étoile. Dans l’Antiquité, cette étoile n’avait pas de nom particulier. Elle n’a commencé à avoir un nom lui qu’au moment de la Kabbale, au XIVe siècle, lorsque le petit fils de Nahmanide l’associa formellement au nom divin. Il l’appela Magen David et il l’introduisit dans la troisième bénédiction lue dans les synagogues, juste avant la lecture des prophéties. Magen David signifie le bouclier de David. Il est en fait le bouclier du fils de David, celui dont YHWH promit la venue à travers le prophète Samuel (2 S 7,12). L’association du nom et de l’astre provient de la prophétie de Balaam (Nb 24,17), que la Septante traduira au futur : un astre se lèvera de Jacob et un homme surgira d’Israël. Il représente donc le Roi-Messie qui doit venir.
Depuis, le Magen David est devenu pour le peuple juif, ce que la croix est, pour les chrétiens : un symbole de souffrance, mais aussi d’espérance. Ajoutons finalement que le thème de l’étoile n’est pas absent du christianisme puisque Matthieu reprend, dans son Évangile, la prophétie de Michée : « Et toi, Bethléem Ephrata, toi qui est petite parmi les phratries de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël. » (Mi 5,1; Mt 2,6) Les mages se laissent guider par un astre en Orient (Mt 2,9). Cet astre fut interprété par la tradition comme étant une étoile : celle du Messie. Dans le livre de l’Apocalypse, on reprendra la même idée en parlant de Jésus : « Je suis le rejeton de la race de David, l’Étoile radieuse du matin. » (Ap 22,16) Dans les deux traditions, l’étoile de David symbolise donc le Messie. [1] Les pièces de bronze ou de plomb portait aussi parfois la fleur de lys, le bateau ou la double corne d’abondance : côté droit Yehonathan et au revers basileus Alexandros en hébreu.
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