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chronique du 19 février 2010 |
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Le bâton de Moïse à Istanbul
Maintenant, la question sur le sens du bâton est plus intéressante. Une lecture des textes bibliques montre que le bâton avait les mêmes usages qu’aujourd’hui : pour aider à marcher (Ex 12,11; 21,18), pour frapper (Ex 21,20; Nb 22,27), pour travailler (Nb 21,18). Dans la première partie du livre de l’Exode, le bâton de Moïse a acquis une valeur importante. À partir du chapitre 4, il devient une sorte de « baguette magique » par laquelle Moïse accomplira ses signes et ses prodiges en Égypte afin de convaincre Pharaon de laisser s’en aller les Hébreux (lire Ex 4,2-20; 7,9-20; 8,1.20; 9,23; 10,13; 14,16; 17,5.9). Le bâton de Moïse disparaît par la suite. L’évolution sémantique est donc facilement repérable : du bâton de berger, de l’instrument de travail, de l’arme, on passe à un signe d’autorité et de pouvoir. On n’a qu’à penser, dans le domaine profane, au bâton d’un chef d’orchestre, dans le domaine militaire au « bâton de maréchal », dans le domaine religieux, à la crosse d’un évêque. On dit bien de quelqu’un qui a autorité qu’il a « le gros bout du bâton »! Le bâton de Moïse symbolisait donc dans les textes du livre de l’Exode la mission reçue de Dieu et le pouvoir qui en découlait. Mais au-delà de ce symbole, c’est le symbolisé qu’il importe de voir, c’est-à-dire Dieu qui agit pour la libération de son peuple et opère des signes puissants et des prodiges.
Lire aussi : Chronique précédente : |
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