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chronique du 22 novembre 2013

 

Femme

Ivresse de Noé

Une femme de la fresque L'ivresse de Noé (détail)
Michel-Ange (1475-1564)
Chapelle Sixtine, Vatican

Hébreu : 'ishshah
Grec : gunè (à l’origine des mots gynéco- et –gyne en français)

Ève

     La première femme dans la Bible est nommée Ève, la vivante, puisqu’elle sera la mère de tous les vivants (Genèse 3,20). Il y a deux récits de la création de la femme. Le premier indique simplement que Dieu créa l’homme et la femme à son image (Genèse 1,27). Il met l’accent sur leur égalité; ils reçoivent tous les deux la responsabilité de dominer le monde et de procréer. Le deuxième récit raconte que la femme a été créée par une côte de l’homme (Genèse 2,21). Cette histoire souligne la réciprocité de celle qui est « os de mes os » (Genèse 2,23). 

Être une femme dans une société patriarcale

     La condition des femmes a beaucoup évolué avec le temps. Les récits bibliques ont été écrits dans une société patriarcale. Dans cette culture, les femmes sont considérées comme des personnes à charge, et même comme des propriétés de leur père ou de leur mari. Au sens juridique, elles étaient considérées comme des mineures et elles n’avaient que peu de droits. Leur père ou leur mari pouvait même les vendre comme esclaves (Exode 21,7) ou les condamner à mourir (Genèse 38,24). Le mot pour désigner son mari était baal, qui signifie « maître » ou « seigneur ».

     Bien qu’elles demeurent dépendantes, plusieurs femmes vont jouer un rôle important dans l’histoire d’Israël. Débora deviendra un « juge » d’Israël, c’est-à-dire un chef du peuple, avant la période des rois. D’autres, comme Judith et Ester, sont célébrées comme des héroïnes pour leurs actions bravoures envers le peuple. Une femme, nommée Athalie, régna pendant six ans sur le peuple selon le Deuxième livre des Rois (chapitre 11). Aussi, bien que les femmes ne puissent offrir des sacrifices et participer au culte religieux, plusieurs d’entre elles ont joué le rôle de prophétesses : c’est le cas de Miryam (Exode 15,20), de Débora (Juges 4,4), de Hulda (2 Rois 22,14), de Noadya (Néhémie 6,14) et de plusieurs autres. Par ailleurs, les femmes semblent jouer un rôle important dans les pratiques magiques comme la divination (1 Samuel 28) et dans les rituels cananéens de prostitution sacrée (Deutéronome 23,18). Les prophètes, marquant l’importance d’une foi exclusive en YHWH, le Dieu d’Israël, considéraient que ces pratiques devaient être bannies.

Jésus est-il le premier féministe?

     Jésus se démarque des gens de son temps par une attitude favorable aux femmes; attitude qui semblait si inhabituelle, si surprenante et même si scandaleuse que les disciples s’en étonnaient : « Comment, se disaient-ils, peut-il parler avec une femme? » ou « Comment peut-il se laisser toucher par une pécheresse? » Des femmes soutiennent le ministère de Jésus. Plusieurs le suivent comme disciples. Si le christianisme a longtemps manifesté une méfiance à l’égard des femmes et a limité leur influence, telle n’était pas l’attitude de Jésus.

     Plusieurs commentateurs ont accusé les lettres de Paul d’être misogynes. Hors contexte, des paroles comme « Femmes soyez soumises à vos maris » (Éphésiens 5,22), « Que les femmes se taisent dans l’assemblée » (1 Corinthiens 14,34), « Le chef de la femme, c’est l’homme » (1 Corinthiens 11,5) paraissent défavorables aux femmes. Pourtant, d’autres extraits de ses lettres sont empreints de réciprocité et d’amour :
« Que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari. Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme et que la femme fasse de même envers son mari. Ce n’est pas la femme qui dispose de son corps, c’est son mari. De même, ce n’est pas le mari qui dispose de son corps, c’est sa femme » (1 Corinthiens 7,2-4).

     Paul va même jusqu’à affirmer qu’« il n’y a plus ni homme, ni femme » puisque « tous égaux en Jésus, Christ » (Romains 8). Cette citation m’inspire; elle me pousse à continuer la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, car, encore aujourd’hui, beaucoup de chemin reste à faire.

Cet article est extrait de Lexique sympathique de la Bible, Montréal, Novalis, 2013, 280 p.

Sébastien Doane

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