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chronique du 8 février 2005
 

Or, encens et myrrhe

 

Les anciens avaient l'habitude d'honorer les personnes selon leur rang et leur dignité. Les cadeaux offerts à Jésus symbolisent donc dans Matthieu, la considération que les nations païennes avaient de lui. On voit habituellement dans l'or, la reconnaissance de la royauté de Jésus, dans l'encens, la reconnaissance de sa divinité, dans la myrrhe, la reconnaissance de son humanité car on rapproche souvent ce cadeau de celui de Nicodème lors de son embaumement. Cependant, cette interprétation très répandue est doublement déficiente. Elle l'est parce que Matthieu, dans son évangile ne parle pas de Nicodème. Il ne connaît pas cette tradition. Elle viendra plus tard, dans un autre évangile : celui de Jean (Jn 19, 39).

     La myrrhe dans Matthieu ne peut donc prendre ici le sens de l'humanité de Jésus lié à sa mort. Matthieu, qui se réfère très souvent aux Écritures, voit dans la myrrhe plutôt l'incarnation du Messie attendu car la myrrhe dans l'Ancien Testament n'est jamais mis en rapport avec la mort ou avec l'ensevelissement, mais avec l'amour et plus précisément l'amour de Dieu. On se sert de la myrrhe pour oindre l'Arche d'Alliance (Ex 30, 23), pour décrire les vêtements du Roi-Messie dans le contexte de ses fiançailles avec Israël (Ps 45,9) ou pour décrire la parole du Très-Haut (Si 24, 15). La myrrhe apparaît en tout douze fois dans les écrits de l'Ancien Testament dont sept fois dans le Cantique des Cantiques lié à l'amour des fiancés. La myrrhe dans Matthieu décrit donc la reconnaissance de l'amour du Messie pour son peuple.

Yolande Girard

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