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Au féminin
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chronique du 7 avril 2017
 

Débora, prophétesse et juge

Débora

Débora
Gertrude Crête, SASV
encres acryliques sur papier, 2000
(photo © SEBQ) 

Lire : Juges 4-5

Comme pour fournir une explication à une situation devenue de plus en plus chaotique, un refrain scande les derniers chapitres du livre des Juges : « À cette époque, il n’y avait pas de roi en Israël. » (17,6 ; 18,1 ; 19,1 ; 21,25)

Le livre des Juges plonge ses lecteurs dans l’époque troublée d’avant la monarchie en Israël. Le livre précédent, celui de Josué, présente l’entrée et la progression des Israélites en Terre promise comme une conquête quasi triomphale. Mais dans le livre des Juges, rien ne va plus. Israël tourne en rond. Littéralement. L’histoire piétine alors qu’Israël passe et repasse par les mêmes quatre phases :  1) il se détourne du Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ; 2) celui-ci le livre à ses ennemis ; 3) le peuple accablé crie vers le Seigneur ; 4) celui-ci lui envoie un juge pour le sauver.

Ainsi se succèdent douze juges à la tête d’Israël. À la fois chef guerrier et politique, et responsable de la justice, le juge est avant tout le libérateur mandaté par le Seigneur lui-même pour sortir son peuple du pétrin.

Au moment où commence l’histoire qui nous intéresse, Isarël lance ses gémissements vers le ciel après avoir une fois de plus recommencé à « faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur » (v. 1-3). Quand on a la tête dure (ou la nuque raide dirait la Bible), on n’apprend pas très vite de ses erreurs. Toujours est-il que ça va mal. Quel guerrier redoutable le Seigneur fera-t-il se lever cette fois-ci pour secourir son peuple ?

Une femme sous son palmier

Suspense… Roulements de tambour…  Surprise ! Le texte braque les projecteurs vers une femme, Débora. C’est elle, la quatrième juge ! Elle est désignée d’emblée comme une prophétesse. La voici, siégeant sous un palmier. Cet arbre, comme quelques autres espèces mentionnées par la Bible, symbolise ici la connaissance et la révélation. Comme tout prophète qui se respecte, Débora doit entrer dans la manière de Dieu de voir les choses. Comment y parvenir sinon est étant la bénéficiaire de révélations divines ? La sagesse venue d’en haut l’aide sans doute à bien discerner dans les causes que les gens en quête de justice viennent lui soumettre.

Débora prend les choses en main

Mais Débora ne se borne pas à attendre qu’on vienne la consulter. Quand la situation l’exige, elle sait faire preuve d’initiative. Et là ça va mal pour Israël. Très mal. Sans être sollicitée par personne − aucun humain en tout cas − Débora décide de prendre les choses en main. Elle envoie  chercher un homme habile à la guerre, Baraq. Elle a gardé en mémoire une parole du Seigneur dont l’actualité ne fait pour elle aucun doute. Elle la lui soumet en l’introduisant comme une question face à laquelle il doit se positionner. Baraq comprend bien ce qu’on attend de lui et il est prêt à mener ses troupes à la guerre. Cependant, il y met une condition : « si tu viens avec moi ». Oh, ce n’est pas qu’il doute que le Seigneur puisse lui assurer la victoire. Mais, il ne sait pas discerner le moment que l’Ange du Seigneur jugera opportun. Il a besoin de Débora pour cela. N’est-ce pas elle qui, comme juge et prophétesse, maîtrise cet art ? Et la voilà qui acquiesce et se lève pour l’accompagner.

Une mère debout 

Le moment venu, la prophétesse ordonne à Baraq de se lever pour affronter l’ennemi d’Israël. Et la victoire ne tarde pas à survenir, car le Seigneur lui-même prend part à l’action en semant la panique chez les troupes adverses. Leur chef, Sisera, connaît une fin humiliante sur laquelle nous garderons le silence, car elle pourrait faire l’objet d'une autre chronique de la « Bible au féminin ».

La sagesse de Débora se confirme donc. Elle a su discerner les « signes des temps ». Et c’est  à juste titre que le cantique du chapitre 5 lui donne le titre de « mère en Israël ». Elle a en quelque sorte enfanté et rendu à la vie un peuple dont les villages s’enfonçaient dans la mort le jour où, sous l’impulsion de la Parole, elle s’est levée (5,7).

Anne-Marie Chapleau

Chronique précédente :
Vasthi, la femme du refus

 

 

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