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La lampe de ma vie
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chronique du 13 novembre 2017

 

Le paralytique de Capharnaüm 1/2

La guérison du paralytique

La guérison du paralytique
Mosaïque, basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf (Ravenne)
(photo : José Luiz Bernardes Ribeiro / Wikipedia)

Lire Marc 2,1-12

Les premières paroles et guérisons du rabbi ont fait grandir sa renommée. Au début du chapitre deux, nous sommes toujours à Capharnaüm en Galilée. On vient de partout pour voir et entendre Jésus. Dans la cour de la maison de Simon, où il a son pied-à-terre, la foule se presse et forme comme un barrage qui empêche d’autres personnes de l’approcher. Si Marc éprouve le besoin de souligner ce « barrage » que forme la foule devant Jésus, c’est pour en faire probablement la figure symbolique de tous les obstacles que chacun peut rencontrer un jour sur sa route, dans sa quête de sens. Dans la communauté chrétienne pour laquelle il écrit, les blocages sont nombreux, suscités par l’angoisse et la peur. Les préjugés et les moqueries des « gens intelligents » contrarient la démarche de celui ou celle qui s’intéresse à Jésus. Que faire alors? La tentation est grande de laisser tomber et de rebrousser chemin.

Une foi qui déplace... le toit

Telle pourrait être la situation de ces hommes qui arrivent devant la maison où se tient Jésus, après avoir porté leur ami paralysé jusque-là. Il les a suppliés de l’amener voir ce rabbi dont la réputation est parvenue jusqu’à lui. Une espérance folle a grandi en son cœur. Face à l’obstacle de la foule, il refuse toute idée de retour en arrière; il insiste et suggère peut-être lui-même le moyen de le contourner. Le toit qui couvre une partie de la cour intérieure n’est pas fixe. S’ils parviennent à le faire monter au-dessus, ils pourront écarter les branchages et le faire descendre avec son brancard devant le rabbi. C’est un risque, mais l’homme est prêt à le prendre et à jouer les équilibristes. Dans sa tête, il est certain que ses amis peuvent y arriver et que Jésus ne refusera pas de l’accueillir. La capacité de bousculer l’ordonnancement ordinaire du monde – que constitue l’ouverture du toit – est le signe de la foi indéfectible qui l’anime.

L’épisode peut prêter à sourire. Jésus parle à celles et ceux qui se pressent autour de lui et voilà que les porteurs font descendre devant lui, le paralytique couché sur son brancard, obligeant les autres à lui faire de la place. Une telle audace et l’absence de toute crainte suffisent à émouvoir profondément le rabbi. Il ne peut que constater la folie de l’entreprise et l’immense confiance que lui manifeste cet infirme posé devant lui. Il lui dit alors ou fait le constat : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

S’interroger sur le sens de la maladie

On peut se demander pourquoi Jésus commence par annoncer à cet homme le pardon de Dieu. N’est-ce pas l’espoir d’être guéri de sa maladie qui l’a poussé à demander à ses amis de le transporter jusque-là? Pour décrypter le sens de cette scène, il faut savoir qu’à l’époque, la maladie est considérée comme une punition de Dieu, à cause des péchés. Si cet homme est paralysé, croit-on, c’est de sa faute, ou de celle de ses parents. Comme si la souffrance causée par la maladie ne suffisait pas, il traîne derrière lui une conscience coupable. Il peut ressentir son état comme une punition et un rejet de Dieu. Les effets de la maladie apparaissent en lui d’abord au niveau physique, mais ils ne sont pas moindres sur le plan psychique. Comment oser s’approcher de Dieu lorsque la maladie le place au rang des pécheurs? La même question peut se poser en termes plus actuels. Qu’est-ce qui est préférable? Être guéri de sa maladie physique ou être guéri d’abord de tout ce qui peut ronger le psychisme humain? Aujourd’hui encore des personnes s’interrogent sur le sens de leur maladie ou malheur : Qu’est-ce que j’ai bien pu faire de mal? Quand on ne comprend pas ce qui arrive, on cherche le responsable. Depuis la nuit des temps, la tradition populaire voit le malheur comme une punition de Dieu. Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu?

Les premiers mots de Jésus annoncent la miséricorde de Dieu et peuvent opérer une première libération dans le cœur du paralytique : Tu n’y es pour rien dans la maladie qui te touche… Tu es libre de tous ces péchés que tu croyais porter… Tes péchés sont pardonnés… Le paralytique est remis debout dans sa tête, rétabli dans sa dignité de fils de Dieu. L’annonce du pardon le libère du boulet de culpabilité qu’il traînait derrière lui. Entendre l’annonce de l’amour de Dieu pour soi n’est pas rien. C’est l’expérience faite aujourd’hui par de nombreuses personnes qui, au terme d’un cheminement difficile, redécouvrent le Dieu vivant qui les aime avec tendresse. Expérience inoubliable qui remet une femme, un homme debout et permet de retrouver la vie et la joie.

Pardon ou blasphème?

Les paroles de Jésus ne passent pas inaperçues. Dans l’assistance, des hommes s’offusquent de ce qu’ils viennent d’entendre. Ils étaient venus avec les autres pour écouter le jeune rabbi, attirés par tout ce que l’on raconte à son sujet. Entendant les paroles qu’il adresse au paralytique, ils réagissent sévèrement. À leurs yeux, il outrepasse ses droits. « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul? » C’est une accusation grave qui dénote un certain état d’esprit. Ils ont leurs propres convictions et se préoccupent surtout de vivre une fidélité absolue aux préceptes de la Loi mosaïque. Le paralytique n’est pas une préoccupation pour eux. S’il est dans cet état, c’est de sa faute… Il n’a que ce qu’il mérite… Ils font visiblement partie de ces personnes qui détestent que l’on vienne bousculer l’ordonnance des choses ou le programme prévu. Leur vie est tellement « organisée » dans un certain sens, que, contrairement à Jésus, ils n’éprouvent aucune pitié particulière pour l’infirme qui s’impose à eux. Ils constituent un autre mur, un groupe d’opposants, érigé entre Jésus et ceux qui viennent à sa rencontre. Ils utilisent la Loi mosaïque, considérée comme la Loi divine, pour contrarier son influence et son action.

Seigneur Jésus, tant d’hommes et de femmes s’interrogent douloureusement sur le sens de tout ce qui se passe dans leur vie ou celle des autres. Pourquoi la souffrance, les massacres innommables, les maladies incurables, la mort des enfants… Pourquoi permets-tu ces situations dont sont victimes tant de personnes? Es-tu indifférent au malheur que nous connaissons et qui est si lourd à porter? J’entends les mots que tu dis au paralysé. En commençant par le libérer de l’angoisse et de la peur de Dieu, tu recrées en lui les conditions de la vie. Merci de faire retentir aussi en mon cœur la parole qui libère : « Tes péchés sont pardonnés! »… Je sais qu’alors je retrouverai à nouveau pleinement la joie de vivre.

Roland Bugnon

Article précédent :
Rencontres avec Celui qui remet debout

 

 

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