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ISBN : 2890314863

Marc-Alain Wolf
est psychiatre et docteur en philosophie. Dans son travail de clinicien
et de chercheur, il s'intéresse à la psychose, aux obstacles
et aux défis du dialogue avec les malades mais aussi aux phénomènes
religieux et à leur interprétation psychologique. Il
a publié un livre sur les relations entre la mystique et la
psychiatrie, Quand le mysticisme mène à la folie
(MNH / Nadir, 1998).
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Quand Dieu parlait aux hommes
Lecture psychologique de la Bible
Marc-Alain Wolf
Montréal, Triptyque (Controverses), 2004, 234 p.
Ce livre, de facture assez sérieuse, propose une lecture psychologique
de quelques récits bibliques, un exercice d'éclaircissement
portant sur les conflits, les ambitions, les craintes et les espoirs
qui animent les personnages de la Bible. Et selon l'auteur, nous pouvons
aujourd'hui encore nous immiscer dans les consciences muettes des héros,
sonder leur coeur, imaginer, interpréter, produire du sens.
Les spécialistes de la Bible et
autres exégètes ne seront pas surpris de ces propos qui
sont en fait le but de cet ouvrage. Interpréter, donner du sens,
mais dans une perspective particulière, celle du champ de la
psychologie, qui est le centre d'intérêt de Marc-Alain
Wolf, psychiatre et docteur en philosophie. D'ailleurs, les références
bibliographiques ne laissent pas de doute sur la qualité de sa
recherche : Marie Balmary, Anna et Sigmund Freud, Emmanuel Levinas,
Paul Ricoeur, Elie Wiesel et bien d'autres.
Premier personnage - incontournable - :
Abraham. A-t-il vraiment trahi son père en écoutant la
voix qui le prenait à parti? Était-il vraiment prêt
à lui sacrifier son fils? Pourquoi la Tradition s'acharne-t-elle
contre Ésaü, le petit-fils d'Abraham et le fils préféré
d'Isaac? Et Jacob, comment pardonner ses ruses malveillantes et ses
mensonges?
Voici quelques questions posées
par l'auteur qui peut nous donner une idée de la trajectoire
utilisée. Il serait long et plutôt audacieux de faire le
tour des personnages bibliques ainsi « commentés »,
mais citons tout de même quelques têtes de chapitre pour
mettre les lecteurs en appétit : « Les rêves
de Joseph »; « Qui était Moïse? »;
« Le livre d'Esther ou la question du sens dans l'histoire
juive »; « Le livre de Job ou le procès
de la culpabilité imaginaire ». J'ai parlé
au tout début d'un ouvrage sérieux; oui, mais non rébarbatif
et ô combien réjouissant!
En conclusion, nous pouvons lire :
« La grande dame [la Bible] n'apprécie guère
les certitudes ou les vérités définitives qui atténuent
son mystère. Elle ne nous enseigne ni la peur, quoi qu'en disent
les religions, ni le soupçon, comme le fait la psychanalyse,
ni la résignation. Son école est celle du doute, de la
curiosité et de la méditation. C'est ainsi que nous la
recevons et l'apprécions. »
Marie-Thérèse Guilbault
Ce texte est paru dans Présence magazine 99 (2004) et
repris ici avec la permission de léditeur.
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