L’histoire de Rahab se retrouve aux chapitres 2 et 6 du livre de Josué. Rahab est un personnage extrêmement marginalisé dans propre société.
Avant d’attaquer Jéricho, les Israélites envoient des espions dans la ville. Ceux-ci « logent » auprès de Rahab. Le roi de Jéricho est mis au courant de leur présence et envoie ses soldats chez Rahab. Habillement, elle cache ses invités. Les soldats de Jéricho ne vérifient pas la maison de Rahab et partent sur une fausse piste sans savoir dans quelle direction aller.
Une fois les soldats partis, Rahab propose une négociation avec les espions israélites. Elle sait que l’invasion arrive. En fin stratège, elle demande que sa famille soit sauvée de l’attaque des Israélites puisqu’elle vient de sauver la vie des deux espions. Elle ne propose pas juste un pacte, mais bien une alliance avec des liens religieux basés sur la foi juive. Lors de cette alliance, Rahab fait une confession de foi israélite : « Je sais que le Seigneur (YHWH) vous a donné le pays… » (Jos 2,9) Elle va même jusqu’à affirmer que YHWH est Dieu au ciel et sur la terre. Une affirmation faite dans la Bible par elle, Moïse (Dt 4,39) et Salomon (1 R 8,23) seulement. On n’est pas habitué de mettre Moïse, Salomon et Rahab au même niveau! Une non-juive qui fait alliance et profession de foi au Dieu d’Israël avant même l’entrée des Hébreux en Canaan.
Les soldats lui proposent de laisser une corde rouge accrochée à sa fenêtre pour que sa maison soit épargnée lors de l’attaque. Au final, Rahab et sa famille sont sauvées du massacre et elles deviennent partie prenante du peuple d’Israël, le peuple choisi par Dieu (Jos 6,20-25). Son choix implique de se couper de Jéricho, ses dieux, mais pas de sa famille. Elle a assuré la sécurité des espions en même temps que de sa famille. N’est sauvé de Jéricho que sa famille et des métaux précieux. Comme si elle valait autant que l’or, l’argent, le bronze et le fer qui sera aussi incorporé à Israël.
Selon la généalogie de Matthieu (1,1-16), c’est parmi les descendants de sa famille qu’on retrouve David, et plusieurs générations plus tard, Jésus. C’est ainsi qu’une femme païenne du plus bas rang social passe de marginale à une figure centrale des religions juive et chrétienne.
Lettre aux Hébreux (11,24-31) affirme qu’elle est un témoin de foi au même titre qu’Abraham, Isaac, Jacob et Moïse. De son côté, la lettre de Jacques (2,24-25) montre Abraham et Rahab comme des exemples de foi justifiée par ses actions.
