Préface
de Daniel Cadrin, o.p. 
La
figure du roi David a toujours fasciné non seulement
les croyants mais aussi les artistes. Dans les manuscrits
anciens de la Bible, les miniatures, les Psautiers, les
Livres d’Heures, les vitraux, les sculptures, les
peintures, David occupe une place royale. Pour bien des
raisons, bibliques et théologiques, mais aussi simplement
par l’attrait du personnage lui-même.
David
inspire à cause du lien avec Jésus, fils de
David, Messie. La messianité de Jésus se comprend
dans la succession de la royauté de David. David
inspire aussi à cause de sa figure de roi, choisi
par Dieu pour construire et guider son peuple, pour mettre
en place un petit royaume prometteur. Il inspire à
cause de ses origines et de ses exploits, un jeune sans
prestige ni puissance qui défait les puissants, figure
du petit qui gagne grâce au soutien de Dieu.
David
retient l’attention aussi pour bien d’autres
aspects qui en font une figure de l’humanité
même, dans sa grandeur et sa misère, ses capacités
de tendresse et de violence, de chute et de relèvement
dans le jeu de la grâce et du péché.
David, le jeune désarmé qui abat la force
de Goliath; David, le guerrier intrépide et le politique
rusé; David, l’ami fidèle de Saül
et de Jonathan; David, l’amoureux passionné,
dont la passion pour Bethsabée l’amène
à faire tuer un rival; David, le père inquiet
et indulgent, dont les enfants se querellent et se révoltent;
David, le poète et le musicien, qui danse et chante;
David, le pécheur qui se reprend, qui tombe et se
relève; David, le croyant, qui connaît le défis
de la fidélité, les ruptures et réconciliations
dans son histoire d’Alliance avec son Dieu. Il y a
de quoi inspirer bien des oeuvres.
Anne-Marie
Forest a su bien capter cette richesse du personnage
et des récits autour de lui dans ses aquarelles et
gouaches. Elles sont pleines de finesse dans les détails
et en même temps bien centrées, composées,
mettant en valeur des éléments typiques des
récits. Elles prennent aussi en compte le monde symbolique
des Écritures et ses jeux d’associations. Elle
sait l’indiquer par les quatre coins, pleins d’évocations
suggestives qui permettent à notre imaginaire de
se déplacer dans ce territoire religieux, à
la fois historique et symbolique, des Écritures.
Ses
oeuvres témoignent aussi d’une attention à
la tradition iconographique sur David, qui comprend une
grande variété d’approches et dont des
éléments sont bien repris ici. La richesse
et les nuances des couleurs employées, la qualité
du dessin, des lignes, le souci à la fois d’une
justesse des éléments historiques et d’un
pouvoir d’évocation symbolique, et l’enracinement
dans une tradition picturale font de ces oeuvres un plaisir
pour l’oeil et une inspiration pour le coeur.
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