

Une émission de 1961 commémore le Nouvel An juif 5722, XIVe année de lÉtat dIsraël. Sur la bandelette de trois timbres-poste multicolores est dessiné un lion couché, la patte droite levée, avec sous ce dessin la légende « Héros dIsraël » en hébreu et en français. Les trois héros commémorés sont Samson, Judas Maccabée et Bar Kokeba, dont les noms sont inscrits en haut du timbre. On lit aussi : « Joyeuse Fête 5722 », en sens vertical, à droite de la peinture des personnages.
Le timbre de 7 agorot, sur fond rouge, représente Samson, fils de Manoah, de la tribu de Dan. Le chapitre 13 du livre des Juges raconte comment il fut un enfant béni de Dieu (13,24), né dune mère stérile, prédestiné par Dieu à lutter pour la libération dIsraël du pouvoir des Philistins. Il eut une existence de « Nazir de Dieu » (14,5), cest-à-dire dhomme consacré à Dieu; cette consécration sexprimant par un signe : « le rasoir ne passera pas sur sa tête ». (14,5)
À la différence des Juges il na pas commandé le peuple de Dieu pour le mener à une victoire. Cest tout seul quil a réalisé ses exploits contre les Philistins oppresseurs des israélites. Il réalisa ses prouesses comme vengeur de son peuple outragé. Sa force avait pour signe sa chevelure. Quand furent rasées « les sept tresses de cheveux de sa tête » (16,19), il perdit sa force. Mais il la retrouva à la fin de sa vie quand « sa chevelure se mit à repousser ». (16,32) « Il avait jugé Israël durant vingt ans. » (16,20)
Son timbre le montre debout, avec une torche à la main droite et tenant de la main gauche le cou dun renard. Ce dessin rappelle lun de ses exploits : lincendie des moissons des Philistins par lenvoi de 300 renards aux queues desquels il avait attaché des torches enflammées (15,3-5).
Le timbre de 25 agorot fait voir Judas Maccabée, un autre héros de lAncienne Alliance (166-160). Judas était le troisième fils de Matathias, le grand résistant religieux contre les Syriens envahisseurs et profanateurs en 167. Il fut surnommé « Maccabée », cest-à-dire « Marteau » et son surnom devint celui de toute sa famille qui gouverna le peuple de Dieu durant plus dun siècle, jusquà Hérode Le Grand. Lhistorien Flavius Josèphe donne un autre surnom à cette dynastie : « Les Asmonéens ».
Le Premier livre des Maccabées (de 3,1 à 9,12) raconte sa vie, en faisant dabord son grand éloge. Il mit en déroute plusieurs généraux de larmée syrienne, Séron, Gorgias, Lysias, Nikanor... Lorsquil mourut, avec vaillance, à la bataille de Alasa, ses frères Jonathan et Simon recueillirent son cadavre et lëensevelirent à Modiim dans le tombeau de ses ancêtres. « Tout Israël le pleura. » (9,20)
Son timbre de 25 agorot, sur fond gris, le fait voir en tenue de guerrier, cuirassé, bouclier et épée à la main droite, car « il revêtit la cuirasse comme un géant et ceignit ses armes de guerre ». (3,3) Sa main gauche tient un vase culturel pour commémorer son rétablissement du culte du Temple.
Bar Kokeba, le troisième héros, représenté par un timbre de 40 agorot, nappartient pas à lAncienne Alliance. Il sagit du chef militaire de la dernière guerre juive contre les Romains, au temps de lempereur Hadrien en lan 132-135 apr. J.C. Son nom était Simon; mais il fut surnommé « Fils de lÉtoile » (Bar Kokeba) par le Rabbin Aqiba, celui qui avait préparé linsurrection et qui voyait en Simon le Messie prophétisé par Balaam : « Je laperçois, mais non pour maintenant. Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu dIsraël... » (Nb 24,17). Ses partisans le considérèrent comme le libérateur du joug étranger.
Lorsquil fut vaincu au plan politique, il transforma son surnom en Bar Koseba qui signifie « Fils du mensonge », puisquil avait déçu les espérances portées sur lui. En fait il semble que son vrai nom était Simon Bar Kosiba, Kosiba étant soit le nom de son lieu de naissance soit le nom de famille de son père. Cest sous ce nom que le désignent souvent les textes rabbiniques.
Il parvint à semparer de Jérusalem et de sa région, se proclama roi et battit monnaie, ses pièces ayant linscription : « Simon, prince dIsraël. An I ou II ou III de la délivrance dIsraël, de la libération de Jérusalem ». Il fut vaincu en 135. Jérusalem prit alors le nom de « Colonia Aelia Capitolina ». Le Talmud a des exagérations dans ses récits de la guerre, de la répression cruelle des vainqueurs et de la vaillance de ce héros national. Il est compté parmi les antéchrists et les faux messies.
Le timbre, sur fond violet, le fait voir le genou droit posé à terre, tenant à la main droite une flèche prête à être placée sur un arc soutenu par le genou gauche. Sur le dos il porte un carquois plein de flèches.
Agripino Cabezón, ofm
traduit de lespagnol et adapté par C. Bertrand,
ofm
Source : La Terre Sainte,juillet-août 2002.
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23 septembre 2005