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Triple fête de septembre à la synagogue

par Agripino Cabezón, ofm


 

 

 

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Les timbres de cette série ont été dessinés par O. et E. Schwarz. Leur format est de 27,7x40 mm.

 

 

Une première série de timbres consacrée à la fête des Tentes (Sukkot) a été mise en circulation à l’occasion de l’An juif 5732 (1971); elle est l’oeuvre d’A. Kalderon. Chaque timbre porte le nom d’Israël, en hébreu, dans la partie supérieure gauche; à droite, figure le prix. En dessous, on lit le nom d’Israël en anglais et en arabe, ainsi que l’inscription habituelle en ces cas : Heureuses Fêtes 5732, en hébreu.

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Le timbre de 15 agorot : outre le texte encadré, nous y voyons, dans la partie inférieure, un oiseau dont la tête est tournée vers l’arrière. Sur la bandelette, au centre, apparaît, en hébreu et en anglais, le mot Sukkot, que nous retrouvons sur les cinq timbres; à l’extérieur du rectangle qui l’encadre, se lit le texte anglais de Dt 16,14 : « Tu te réjouiras en cette fête .»

Le timbre de 18 agorot : a les mêmes caractéristiques. Le dessin reproduit une sorte d’armoire, sous laquelle figure le texte. Sur la bandelette est écrit le verset du Lv 23,42 : « Vous habiterez sept jours dans ces huttes .»

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Le timbre de 20 agorot : au bas de la vignette, sous le texte, est dessiné un lion. Le texte « Que j’ai fait habiter le peuple » se réfère au Lv 23,43 et se lit également sur la bandelette.

Le timbre de 40 agorot : présente des dessins géométriques (cercles avec, au centre, le texte). Sur la bandelette, le verset de Lv 23,39 : « Quand vous aurez récolté les fruits .»

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Le timbre de 65 agorot : reproduit un cercle avec des fioritures au-dessus et en dessous. Il surmonte le texte hébreu identique à celui qui se trouve sur la bandelette (en anglais et à l’extérieur du rectangle) et qui correspond au verset 26,4 du Lévitique : « Je vous donnerai les pluies en leur saison. »

 

 

Le 28 août 1991, à l’occasion du Nouvel An juif 5752, a été mise en circulation une série de timbres consacrée aux Fêtes juives. Les trois timbres de cette série correspondent aux trois fêtes du mois désigné par les juifs sous le nom de Tishri. Ils sont remarquablement dessinés, avec goût et expression, dans les divers sujets choisis. Sur tous les trois, le prix figure dans la partie supérieure gauche. Le nom d’Israël apparaît dans la partie inférieure : au centre, en hébreu et, à droite, en anglais et en arabe. À gauche, on lit : « Joyeuses Fêtes 5752 », en hébreu uniquement. Sur les bandelettes se trouve le nom de la fête, en anglais et en hébreu.

1. Rosh Hashana : le Nouvel An

Le timbre de 65 agorot est dédié à Rosh Hashana, le Nouvel An juif. Au centre est représenté un personnage sonnant du shofar (corne de bélier) selon un rite essentiel du premier jour de l’an, ainsi qu’il est dit dans la Tora. Au bas du timbre, est reproduite une tête de bélier, animal dont il est question dans l’histoire d’Isaac (Gn 22), et qui évoque le bélier expiatoire, appelé Azazel, qu’on envoyait au désert. Certains affirment qu’Azazel est une image du Messie qui rachète par ses souffrances l’homme pécheur : une interprétation acceptée plus tard par les exégètes chrétiens.

Sur la bandelette, le soleil, la lune et les étoiles illustrent l’idée des rabbins, selon laquelle le Nouvel An est l’anniversaire de la Création, car, prétendent-ils, c’est ce jour-là que le monde fut créé. En dessous nous lisons : « Rosh Hashana ».

Les fêtes de septembre

Le mois de septembre est celui au cours duquel les Hébreux célèbrent le plus grand nombre de fêtes. Il semble que, primitivement, il s’agissait d’une seule et même fête, célébrée depuis un temps immémorial dans tout le milieu sémitique et influencée par l’akitu des peuples assyro-babyloniens. Plus tard, elle se répartit en trois fêtes : le Nouvel An proprement dit (1 Tishri), le jour de l’Expiation ou Kippur (10 Tishri) et la Fête des Tentes ou Sukkot (15-22 Tishri) : un vrai cycle automnal et cycle par excellence, considéré par les Hébreux comme le couronnement de toutes les fêtes.
Les rabbins rangent Rosh Hashana parmi les fêtes dites « grandes » ou « graves », car elle a été instituée pour rappeler aux fidèles des mystères qui les invitent à la réflexion et à l’amendement.

Dans la Bible, il n’apparaît pas avec évidence que le Nouvel An ait fait l’objet de cérémonies spéciales. En ce temps-là, on avait coutume de marquer chaque changement de mois par des cérémonies et des sacrifices et il est probable que certaines de ces cérémonies étaient reprises à l’occasion du Nouvel An. Notons en outre que la célébration de celui-ci n’avait pas toujours lieu à la même date, même si, par la suite, elle fut fixée au premier jour de Tishri.

Mémorial de la sonnerie

À l’époque biblique, le premier mois de l’année était le mois de Nissan (mars) et le mois de Tishri qui, aujourd’hui, ouvre l’An Nouveau, était alors le septième mois. le calendrier des fêtes enregistrées dans le Pentateuque fixe au premier jour du septième mois une fête appelée Yom hazzikaron (Jour du Mémorial) ou Fête des trompes (Lv 23,23ss; Nb 29,1-6); les rabbins décidèrent d’en faire la fête de l’An Nouveau.
Le nom de « Mémorial de la sonnerie de la corne » était interprété comme un signe de la présence de Dieu à ses créatures et d’un jour du jugement où Dieu jugeait le monde. C’est pourquoi, au cours des générations, l’An Nouveau avait été mis en relation avec le Yom Kippur, jour de l’Expiation; quant aux jours situés entre les deux fêtes, ils devinrent « les dix jours de Pénitence ».

Durant le mois d’Elul, qui précède celui de Tishri, tous les matins on sonne du shofar (corne de bélier), puis on récite des prières pénitentielles spéciales. Le jour de la fête, les aliments aussi sont spéciaux. En outre, a lieu une cérémonie destinée à délivrer chacun de ses péchés, lesquels sont emportés au loin dans l’eau courante. Le repas est assaisonné de nombreuses sentences théologiques, concernant la libération des péchés personnels.

2. Yom Kippur : Jour de l’Expiation

La fête de Yom Kippur, Jour de l’Expiation ou, comme il est dit dans la Tora, « Jour de Purification » (Lv 16,30), est représentée sur le timbre d’1 shekel. Un coq, suspendu la tête en bas et marqué d’une main et de l’oeil de Dieu, occupe la partie supérieure du timbre. Il symbolise le Coq de la Pénitence, lequel, depuis le VIIe s. av.J.C., figurait dans le rituel du Yom Kippur de Babylone. Le fait que l’un ou l’autre rabbin ait qualifié cet amalgame de « coutume absurde » n’empêcha pas les communautés juives de l’adopter partout dans le monde.

D’autres coutumes, propres à ce saint jour, sont aussi représentées sur ce timbre. Au centre, un père bénit ses enfants : allusion à l’habitude de bénir les enfants, avant de se rendre à la synagogue. Dans la partie inférieure, deux hommes jouent du shofar (corne de bélier), séparés l’un de l’autre par un rouleau de la Tora. Sur la bandelette, sous les mots Yom Kippur, apparaît la balance de la justice; en effet, le mois de Tishri est placé sous le signe zodiacal de la balance, symbole de la justice, selon laquelle tous ceux qui viennent au monde seront jugés au cours de l’année nouvelle.

Quand le Temple existait encore, on y célébrait solennellement le Yom Kippur. C’était le seul jour de l’année où le grand-prêtre pénétrait dans le Saint des Saints et y sacrifiait des offrandes spécialement choisies en vue de purifier les prêtres, l’assemblée des Israélites et le Temple.

Expiation individuelle

Après la destruction du Temple, tout cela disparut et l’on insista fermement sur l’expiation individuelle qui obligeait tout juif à se repentir de ses péchés et à prendre devant Dieu la décision de devenir meilleur. Dès le premier jour du mois de Tishri, les Hébreux entraient dans une atmosphère pénitentielle, qui devenait progressivement plus rigoureuse jusqu’au Jour par excellence, c’est-à-dire le dixième jour du mois, appelé par le Talmud « Yom hakkipurim » et caractérisé par diverses pratiques expiatoires.
Le premier jour du mois, avait lieu la « désignation » du grand prêtre qui devait officier au cours du Kippur. Tout Israël s’adonnait à la pénitence durant 9 jours, au bout desquels il espérait obtenir l’indulgence plénière. Mais le jour du grand jeûne était celui du Kippur, qui commençait la veille du 9e jour et se terminait le soir du 10e jour du mois de Tishri.

La Bible en fait mention dans Lv 23,32 et en fixe les rites au chapitre 16,1-34. La tradition rabbinique l’attribue à Moïse et affirme qu’il fut institué le jour où le grand législateur, descendant du Sinaï avec les secondes Tables de la Loi, annonça au peuple que Dieu avait pardonné le péché qu’avait constitué l’adoration du veau d’or.

L’absolution

L’absolution de tous les péchés commis est appelée « Kol Nidre .» Cette cérémonie marque le début d’un jeûne très rigoureux de 24 heures (Lv 23,27-32), au cours duquel il est interdit de manger;, de boire, de se laver ou oindre, de porter des sandales et d’avoir des relations charnelles. ce jeûne était si important qu’au temps de saint Paul il constituait le rite principal et la caractéristique du Grand Jour (Ac 27,9).

Le Kippur est mis en relief non seulement par des célébrations liturgiques, mais aussi par de nombreuses traditions et usages profanes qui varient suivant les communautés. Ce jour-là, certains ont coutume de se laver dans la mer, dans les rivières ou simplement dans une baignoire, pour symboliser la purification qu’ils devront obtenir, par la grâce de Dieu, le jour suivant. Les plus fervents se font flageller le dos par un rabbin, afin de se décider à se convertir et à changer de mentalité (Malkut). Cet usage est devenu une des pratiques pénitentielles des jours de jeûne.

D’autres, la veille de la fête, achètent soit un coq (les hommes), soit une poule (les femmes). Après se l’être passé trois fois autour du cou, on tue l’animal, en prononçant en hébreu la formule suivante : « Que ce coq (ou cette poule) se substitue à moi et que cette expiation me soit favorable! Que ce coq meure et que moi, je revive! »

3. La fête de Sukkot ou des Tentes

Comme nous l’avons dit dans l'article précédent, cette fête est l’une des trois où est offerte au peuple d’Israël l’occasion de monter au Temple de Jérusalem. C’est la fête la plus populaire et la plus joyeuse de l’année. Elle devait durer 7 jours (Lv 23,29) ou 8 (Nb 29,35), au cours desquels toute oeuvre servile était interdite.

À l’origine, elle avait pour objet de rendre grâce à Dieu pour l’année écoulée et de l’implorer afin d’obtenir, durant l’année nouvelle, l’eau nécessaire aux champs, la fécondité et le bien-être... Plus tard, suite à des considérations théologiques, elle se transforma en rappel historique de la vie des Hébreux au désert, à l’époque de leur Exode.

La veille de cette fête se passe à construire les tentes au moyen de roseaux, tressés en forme de nattes, de joncs pour les maintenir ensemble et de myrte, pour combler les vides qui subsistent entre elles.

La tente doit avoir quatre parois, un toit et, tout autour, des espaliers. Au toit seront suspendues diverses espèces de fruits : raisins, grenades, pommes, etc... et aussi, une lampe. Le centre de la tente sera occupé par une table et quelques sièges. Tous les Hébreux sont tenus de vivre durant sept jours sous les dites tentes... C’est là qu’ils doivent manger, étudier et vaquer à leurs occupations habituelles. Certains même y dorment.

Une autre préoccupation, pendant la veille, a trait à la préparation du lulab, qui rassemble quatre espèces de végétaux : une branche de palmier, une de myrte, une de saule et un cône de cèdre... Ce Lulab est porté dans la main droite, au cours de l‘octave et doit être agité par trois fois, en direction de chacun des points cardinaux.

Un second timbre pour la fête des Tentes

Le timbre d’1,20 shekel est réservé à Sukkot, appelée aussi Fête de la moisson et dont la célébration débute le 15 du mois de Tishri. Cette célébration dure sept jours et fait suite à une fête spéciale, nommée Shemini Atzeret, c’est-à-dire Octave de la sainte Convocation.

Ce timbre dédié à Sukkot représente une famille (père, mère et trois enfants) assise à l’intérieur d’une tente. celle-ci est ornée de multiples couleurs et de fruits, conformément à une coutume datant des temps anciens. Dans la partie supérieure du timbre, figurent aussi trois des quatre espèces (cf. lulab), à savoir : un cône de cèdre, une palme et des feuilles de myrte. La quatrième espèce est la branche de saule. Selon la légende juive, ces quatre espèces représentent quatre types de juifs. Sur la bandelette, apparaît le mot Sukkot, entouré d’une sorte de couronne garnie de fruits.

Traces dans la liturgie chrétienne

Le cycle de Tishri a disparu de la liturgie chrétienne. Cependant l’Évangile nous signale que Jésus l’observe. Saint Jean (7,14) écrit qu’au milieu de la fête, sans doute au cours de sa troisième année d’apostolat, Jésus monta au Temple et resta à Jérusalem durant toute l’octave. Et là, sa voix se fit entendre : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive! Celui qui croit en moi, selon ce que dit l’Écriture : de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,37-38). Et, un peu plus loin (Jn 8,12) : « Je suis la lumière du monde; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie .»

Jésus prit occasion de cette fête pour se l’appliquer à lui-même en tant qu’objet de culte, en se présentant comme le Christ, comme la fontaine d’eau vive, comme la piscine de Siloé et comme la lumière du monde.

L’Église primitive s’est souvenue de cette fête et a inclus dans le rituel du baptême quelques-unes des cérémonies du cycle Tishri : le baptisé se considérera comme une tour et une plantation; il se présentera comme néophyte ou nouvelle plante; il sera vêtu de blanc et couronné de palmes; il portera des rameaux de saule et sera inscrit au livre de vie, signant ainsi pour toujours son heureuse élection.

Si la fête des Tentes n’apparaît plus, en tant que fête annuelle, son message continue d’exercer une influence sur le sacrement fondamental de l’initiation chrétienne.
Au jour octave, on reprenait quelques prières du Grand Hosanna, auxquelles venaient s’ajouter d’autres prières spéciales pour la pluie et l’on récitait les bénédictions propres aux fêtes. Toutefois, dans les tentes, les repas organisés n’étaient pas prévus et l’on ne portait ni le lulab, ni l’étrog; de plus, l’obligation de rester sous les tentes cessait, une fois le repas terminé.

(Traduit de l’espagnol par Claude Bertrand)

Source : La Terre Sainte, septembre-octobre 2002.

 

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21 octobre 2005