Philatélie biblique

Les portes et les murailles de Jérusalem

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Le feuillet-souvenir de la première émission.

     

Toutes les portes qui existaient dans les murailles de Jérusalem sont mentionnées au livre de Néhémie (2,11-15; 3,1-32; 12,27-43) et certaines, dont la Bible ne parle pas, sont citées dans l’œuvre de Flavius Josèphe. Aujourd’hui, il ne reste que huit portes dont l’une, la Porte Dorée, demeure murée. La Poste israélienne ne pouvait négliger un thème de cette importance; aussi a-t-il émis une série de timbres se référant aux huit portes actuelles.

La première émission eut lieu le 13 avril 1971, à l’occasion du jour de l’indépendance. Elle comporte quatre valeurs correspondant à la porte de Jaffa (15 agorot), la porte Neuve (18 agorot), la porte de Damas (35 agorot) et la porte d’Hérode (85 agorot). Le dessin est dû à E. Weishoff. La seconde émission date du 17 avril 1972. Elle est dédiée à la porte des Lions (15 agorot), la porte Dorée (18 agorot), la porte des Maghrébins (45 agorot) et la porte de Sion (55 agorot).

Face à Jérusalem, l’attention est attirée par la muraille qui la défend : une muraille dont la longueur atteint près de 4 km la hauteur 13 m, et qui est flanquée de 34 tours et percée de 8 portes. Nombreuses sont les hypothèses concernant la partie de la muraille construite par Saladin, qui subsistait encore quand commença la restauration définitive, menée à bien par Soleiman le Magnifique, en 1542. Ce qui est sûr, c’est que la majeure partie de l’immense travail que nous admirons aujourd’hui est due à Soleiman.

Le Cénacle a été laissé à l’extérieur des murailles (angle sud-ouest). Selon le P. Roger (1632), les Turcs souhaitant inclure le couvent du Cénacle dans l’enceinte de la ville demandèrent aux religieux de leur verser, à cet effet, 6000 écus. Mais, vu leur pauvreté, ceux-ci ne purent effectuer pareille dépense. Ce serait pour cette raison que le Cénacle est demeuré en dehors des murailles. .On raconte que Soleiman ordonna de mettre à mort l’architecte chargé de la construction parce qu’il avait laissé le mont Sion à l’extérieur de l’enceinte des murailles

La porte de Jaffa

timbreLa muraille occidentale de la ville est la plus courte de toutes. Sur son extension il n’existe qu’une porte, appelée anciennement porte de David ou porte de la Tour. Les Arabes l’ont nommée bab el Khalil ou porte de l’Ami. On l’appelle aujourd’hui porte de Jaffa.. Les juifs l’appellent sha’ar Yafo. Elle s’est nommée aussi bab Lydd, porte de Lydda et, selon l’eschatologie islamique, c’est auprès de cette porte que l’Antéchrist sera vaincu par le Christ.

Il y a lieu de noter qu’à partir de la porte de Jaffa et en direction de Sion, une brèche de plus de 6 m est ouverte dans le mur. Cette partie de l’enceinte fut démolie en 1898, à l’occasion du pèlerinage en Terre Sainte de l’empereur prussien Guillaume II. Le désir de celui-ci étant d’entrer par une porte que nul n’avait franchie avant lui, on ménagea cette ouverture afin d’offrir un passage à l’illustre croisé.

La porte Neuve

timbreOn la nomme, en arabe, bab Ygdid et en hébreu sha’ar Hadash. Elle est située à l’angle nord-ouest de l’enceinte. C’est la porte de sortie du quartier de la ville traditionnellement chrétien et du couvent de Saint Sauveur, maison-mère des Franciscains en Terre Sainte. Par elle on accède à la Casa Nova et au quartier chrétien.

Les progrès réalisés sous le gouvernement du Sultan Abdul-Hamid à Jérusalem ont fait de cette porte un point de communication avec la Jérusalem nouvelle. Cependant, comme elle se trouvait dans la zone frontière entre Israël et la Jordanie, elle fut fermée au trafic de 1949 à 1967. Les portes de Jaffa et de Sion, elles aussi, furent fermées pour la même raison.

La porte de Damas

timbreElle est la première construction de Soleiman. C’est en effet par la partie nord qu’il commença à bâtir la muraille d’enceinte. Elle fut édifiée en1537, en prenant pour base une construction plus ancienne. D’après les fouilles qui ont été effectuées, cette partie ancienne date du IIe ou IVe siècle.

Actuellement, on l’appelle porte de Naplous. Au XIIe s., elle était connue sous le nom de porte de Saint Etienne. Les Arabes l’appellent porte de la Colonne, sans doute en raison du forum qu’Adrien fit construire et où se dressait une colonne qui figure sur la carte de Madaba. Quant aux Grecs et aux Latins, ils la désignent sous le nom de porte de Damas, estimant que c’est par là que saint Paul sortit pour se rendre dans la capitale de la Syrie et y faire emprisonner les chrétiens. Les Juifs l’appellent sha’ar Shekhem ou porte de Sichem (aujourd’hui Naplouse).

timbreLa porte d’Hérode

On y accède en prenant la direction Est, à partir de la porte de Damas. Elle se situe au nord-est de la ville et fut appelée d’abord bab ez-Zahr, puis Sahrieh, ce qui signifie « petite esplanade ». Les Occidentaux l’appellent porte des Turcs et, plus communément, porte d’Hérode, du fait qu ‘elle voisine avec une demeure, datant de l’époque des Mamelouks et considérée comme étant le palais d’Hérode. Elle a porté aussi le nom de porte des Fleurs. Pour les Juifs elle est sha’ar ha Perahim, ce qui a la même signification.

 

 

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Le feuillet-souvenir de la deuxième émission.

La porte de Saint-Étienne

timbreElle est la seule porte qui soit utilisée dans la partie orientale de la ville. Au VIe s. on l’appelait porte de Benjamin et, au Xe s., porte de Jéricho. A partir du XIVe s., les pèlerins la désignent sous le nom de porte de Saint-Étienne, lequel nom avait été donné, au cours des siècles précédents, à l’actuelle porte de Damas.

Les Européens l’appellent porte de Saint-Étienne, mais les Arabes la nomment porte de Dame Marie (bab Sitti Mariam). Son orientation correspond à l’ancienne porte des Brebis, mais sa construction est entièrement du XVIe s. Elle est marquée d’inscriptions fort importantes.

De chaque côté de la porte, on peut admirer un couple de lions; c’est pour cette raison que les Juifs et aussi quelques autres l’appellent porte des Lions (en hébreu sha’ar ha Arayot). Le motif pour lequel Soleiman aurait fait sculpter ces animaux héraldiques n’a pas cessé de susciter la curiosité des visiteurs.

La porte Dorée

timbreLa porte Dorée est enclavée dans la muraille Est de la ville, à un peu plus de 100 m de la porte de Saint-Étienne, en suivant la direction sud. Il ne fait guère de doute que l’édicule toujours existant de la célèbre porte est dû à la munificence de l’impératrice EudoxieLa porte a pris l’aspect qu’on lui voit actuellement à l’époque de Justinien; cependant ses fondations appartiennent à une structure antérieure. C’est par cette porte que, le 3 mai de l’an 629, l’empereur Héraclius entra dans la ville, en portant sur ses épaules la vraie croix qu’il avait arrachée aux mains des Perses. C’est aussi par cette porte que, selon la tradition, Jésus fit son entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux.

La structure comporte deux arcs : celui du nord est appelé bab et Tauba, porte du Repentir et celui du sud bab Rahma, porte de la Miséricorde. Une très ancienne tradition chrétienne tend à identifier les restes de cette porte avec la Belle Porte où saint Pierre accomplit la miraculeuse guérison du boiteux de naissance.

Les Juifs la nomment sha’ar ha Rahamin ou porte de la Miséricorde, du fait qu’elle donne accès à la vallée de Josaphat où, selon la tradition, aura lieu le Jugement Universel. Les Arabes l’appellent bab ed Dahirie c’est-à-dire Porte éternelle.
 

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La porte des Maghrébins

Elle se situe dans le mur sud de la ville. Elle se nomme bab el Mogharibeh, porte des Maures, en raison de son voisinage avec le quartier des émigrés musulmans d’Afrique du Nord et également d’Espagne. Elle donne accès à l’esplanade du Temple, à la vallée du Cédron et à la piscine de Siloé. Les Juifs l’appellent sha’ar ha Ashpot ou porte des Immondices, car c’est par là qu’on évacuait les ordures de l’ancienne Jérusalem, pour les brûler ensuite dans la vallée de la Géhenne.

La porte de Sion

Déjà au XIIe s., il existait une porte ainsi dénommée qui se trouvait légèrement à l’Est de l’actuelle porte de Sion. On l’appelait aussi porte du prophète David, bab en Nebi Daoud. Elle s’ouvre dans une des tours de l’enceinte construite par Soleiman en1540-1541, selon l’inscription relevée en cet endroit. Les matériaux, en particulier les rangées intérieures de pierres, appartiennent à l’ancienne muraille. Les Juifs la nomment sha’ar Zion. C’est par cette porte qu’on entre dans le quartier traditionnellement arménien de la ville.

Agripino Cabezón, ofm
traduit de l’espagnol et adapté par C. Bertrand, ofm

Source : La Terre Sainte, mai-juin 2003. 

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24 février 2006

 

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