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Jérusalem unifiée

par Agripino Cabezón, ofm


 

 

 

Ruth  Anne

Hulda  Hulda

Hulda

Il était normal qu’Israël émette une série de timbres dédiée à la Jérusalem unifiée. Au cours des nombreuses années où les juifs ont vécu dispersés dans le monde entier, le souvenir de Jérusalem est demeuré vif dans leurs coeurs : « Que ma main droite se dessèche si je t’oublie, ô Jérusalem », juraient-ils. Ils gardaient l’assurance du salut pour leur peuple en exil et attendaient ce jour de bonheur et de gloire promis par le prophète Isaïe. Ce jour advint après la guerre éclair de juin 1967. Il est évoqué maintenant par les timbres présentés ici. Cette série de cinq timbres veut être aussi un chant d’action de grâces à leur Dieu, qui les a fait rentrer en possession du centre de leur religion et duquel ils implorent la paix.

     Jérusalem est la Ville Sainte pour le christianisme, l’islam et le judaïsme. Tout le monde en convient, y compris les juifs. Toutefois, mettre en circulation un timbre où figure un édifice chrétien surmonté d’une croix, c’est demander l’impossible, de la part d’Israël... Dans la série que nous présentons, pas une seule croix n’est visible, dans une ville pourtant remplie d’églises. C’est regrettable...

     La série comporte cinq timbres et fut émise le 21 août 1968, à l’occasion du Nouvel An juif 5729. Elle nous donne des vues de la vieille ville et de la nouvelle. On peut y lire, écrit en très petites lettres au-dessus du prix « Joyeuses fêtes 5729 ». Le plus intéressant, ce sont les versets inscrits sur les bandelettes et se référant à des textes bibliques.

     Le timbre de 12 agorot présente une partie de la vieille ville : la tombe d’Absalon et les anciennes murailles. Sur la bandelette, nous lisons : « Jérusalem, bâtie comme une ville où tout ensemble fait corps » (Ps 122,3). Ce psaume est un des psaumes graduels que chantaient ceux qui, de partout, montaient à Jérusalem pour célébrer les diverses fêtes de l’année et que chantent aujourd’hui nos pèlerins, venus de l’aéroport ou de la Galilée, dès qu’ils aperçoivent la Ville Sainte.

     Le second timbre, de 15 agorot nous présente une autre partie de la vieille ville. Le verset de la bandelette est tiré également du psaume 122,6 et nous dit : « Appelez la paix sur Jérusalem ». ces paroles sont encore de circonstance de nos jours où cette paix à laquelle aspire le psalmiste est si incertaine et lente à venir.

     Le troisième timbre, de 35 agorot représente également une partie de la vieille ville, avec la tour de David et les murailles adjacentes. C’est la partie la plus élevée de la ville. Le verset inscrit sur la bandelette est tiré du prophète Isaïe (62,6) : « Sur tes murailles, Jérusalem, j’ai posté des gardes ». Et nous pouvons voir, encore aujourd’hui, des soldats veillant jour et nuit sur la ville, du haut de ces murailles.

     Sur le quatrième timbre, de 40 agorot figure une partie de la nouvelle ville, à savoir le quartier Montefiore, à l’ouest de la porte de Jaffa. La bandelette reprend le verset 10 du chapitre 66 d’Isaïe : « Soyez remplis d’allégresse pour Jérusalem, réjouissez-vous avec elle ». C’est le dernier chapitre du livre d’Isaïe, qui ne sait plus que dire de cette ville et aspire à voir une nouvelle Jérusalem d’où seront exclus les méchants et où afflueront des peuples de toutes langues pour contempler sa gloire. De fait, aujourd’hui, des pèlerins viennent en foule visiter la ville éternelle qui, en dépit de tant de guerres et de sièges qu’elle a dû subir, ne disparaîtra jamais.

     Le dernier timbre, de 60 agorot nous met sous les yeux une autre partie de la nouvelle ville, où nous pouvons distinguer la coupole, en forme de couvercle de jarre, du musée du Livre et ses environs. Sur la bandelette, nous lisons à nouveau un verset d’Isaïe (51,17) : « Réveille-toi, réveille-toi, debout, Jérusalem! ». Des mots dont se sert le prophète pour ranimer la ville et ses habitants et les exhorter à suivre les enseignements de Yahvé et à marcher dans les voies qu’il leur indique. Il n’est pas sûr qu’en se développant avec de nouvelles constructions, la ville nouvelle réalise le désir du prophète quand il l’invite à sortir du sommeil et à se lever.

(traduction et adaptation du texte espagnol par Claude Bertrand ofm)

 
 

 

Source : La Terre Sainte, septembre-octobre 2003.

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28 avril 2006