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« Je vous ai portés sur des ailes d’aigle. » (Ex 19,4)

par Agripino Cabezón, ofm


 

 

 

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Une série de deux timbres (dessinés par D. Wallish) appelée « Opération Tapis Magique », a été mise en circulation, à partir du 7 avril 1960, à l’occasion de l’Année mondiale du réfugié.

     Le timbre de 25 agorot est consacré expressément au Tapis Magique et représente un tapis qui vole dans les airs, par-dessus les montagnes et parmi les nuages, et qui transporte toute une famille : les parents et deux enfants. Sur la bandelette figure le texte suivant : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigle. »

     Le second timbre, de 50 agorot, fait référence aux temps messianiques. Lui aussi représente une famille (parents et trois enfants dont un porté sur les bras), installée devant une maison qu’encadrent un figuier et une treille. En bas (coin droit), le dessin ébauche une ville. Sur la bandelette, (en hébreu et en français) se lit un texte de Michée (4,4) : « Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier et il n’y aura personne pour les troubler. »

     Autre émission d’un seul timbre, datée du 22 août 1978 et dédiée au « Bien-Être social » (comme il est indiqué en hébreu et en anglais). Sa valeur est de 5,10 lires. Le timbre représente symboliquement les familles : deux couples de mariés, avec chacun un enfant, tous se tenant par la main. Dans le fond, deux pentagones, l’un rouge et l’autre noir, évoquent des maisons. Sur la bandelette on retrouve (en hébreu et en anglais) le texte de Michée (4,4) cité sur le timbre précédent.

     Pour commémorer le 20e anniversaire de cette opération « Tapis Magique », le Service des Postes a mis en circulation le 21 janvier 1970 un timbre de 30 agorot, dessiné par A. Prath et représentant un avion dont les ailes et la queue sont très ornées et qui est censé évoquer l’immigration des juifs du Yemen. Le texte reproduit sur la bandelette (en hébreu et en anglais) est le passage de l’Exode (19,4) cité plus haut : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi. »

     Ces paroles sont celles que Dieu adressa à Moïse, sur le mont Sinaï, trois mois après la sortie d’Égypte. Nombreux sont les juifs du Yemen revenus en Israël ; comme les Éthiopiens ils sont reconnaissables à leur teint quelque peu foncé.

     Les relations entre Yahvé et Israël ne sont pas analogues à celles des autres peuples avec leurs dieux, lesquels ne sont rien d’autre que la nature physique divinisée. Ces relations sont libres de la part de Dieu et d’ordre moral. Yahvé, maître de toute la terre et donc de tous les peuples, choisit librement Israël comme son peuple particulier, sa nation sainte, par l’intermédiaire de qui il révèle sa sainteté au monde ; et dans cette révélation est impliqué le messianisme.

     Ce texte de l’Exode (19,4-6), l’Église l’utilise comme lecture brève dans l’office des Laudes, les lundis du Carême, afin de nous rappeler que nous devons, au cours de la journée, rendre grâces à Dieu pour les bienfaits reçus de lui, comme lui-même tient à rappeler aux juifs du Yemen qu’ils doivent le remercier de les avoir ramenés en Israël, la terre de leurs pères.

(Traduction et adaptation par Claude Bertrand ofm)

 
 

 

Source : La Terre Sainte, mars-avril 2004.

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27 octobre 2006