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« En allégresse, réjouissance et joyeuses festivités » (Za 8,19) par Agripino Cabezón, ofm
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Dans l’Ancien Testament, le jeûne apparaît comme une forme d’humiliation personnelle, ainsi que l’indique l’équivalent en hébreu « inna nefas » : incliner l’âme, se mortifier (Is 58,3.5) et aussi (Ps 35,13). Ainsi conçu, le jeûne entre dans le domaine de la religion. Son but est de donner plus d’efficacité à la prière et c’est pourquoi il est recommandé dans les épreuves particulièrement graves (1 S 7,6 ; Jl 1,14 ; 2,15). Ce caractère spécial d’humiliation peut expliquer le jeûne en cas de mort (1 S 31,13…). Primitivement il signifiait une humiliation devant les esprits de la mort et avant de recevoir une révélation (Ex 34,28 ; Dn 9,3…) La Loi ne connaît, comme jour de jeûne obligatoire, que le grand jour de l’Expiation (Nb 29,7 ; Ac 27,9). Après l’Exil, quatre jours supplémentaires de jeûne furent institués, en mémoire des calamités nationales (Za 7,35 ; 8,19). C’est ici précisément que se place cette dernière citation de Zacharie. Notons en outre qu’on pouvait jeûner par pure dévotion particulière. Toutefois, les prophètes combattent l’estime et la pratique exagérées du jeûne (Jr 14,12). Il n’en reste pas moins que, par la suite, le judaïsme a accordé de plus en plus d’importance au jeûne. Au cours de Nouvel An juif 5714 (1953), une série de trois timbres de (14x13) dessinés par G. Hamori, a été mise en circulation. Sur la partie inférieure des trois timbres se trouve l’inscription suivante : « Joyeuses Fêtes 5714 (1953) et sur la bandelette on lit la fin du verset de Za 8,19, lequel annonce que le jeûne prévu par la Loi se changera, pour la maison de Juda « en allégresse, réjouissance et joyeuses festivités ». Ce jeûne, en signe de deuil pour la ruine de Jérusalem et du Temple, n’avait, semblait-il, plus de raison d’être, vu que le Temple était déjà réédifié et que Dieu préfère à ce jeûne la pratique de la justice. Les Arcs dessinés sur les timbres, subsistent dans les synagogues de Jérusalem (20 prutot), de PetahTiqva (45 prutot) et de Safed (200 prutot). Le Nouveau Testament nous apprend que les pharisiens et leurs disciples jeûnent souvent (Mt 9,14), deux fois la semaine (Lc 18,12) : le lundi et le jeudi ; mais ils attribuent une telle valeur à cette pratique que Jésus juge bon de la rectifier (Mt 6,16-18). Cependant, tout en mettant en garde ses disciples face aux idées pharisaïques concernant les jeûnes, Jésus leur laisse déjà entrevoir qu’eux aussi jeûneront « lorsque l’Époux leur sera enlevé » (Mc 2,18-20). L’Église primitive a admis la pratique du jeûne (Ac 13,2… ; 14,23), en principe comme préparation à l’élection de ses dirigeants. Toutefois, dans les lettres des Apôtres, il n’est pas fait mention du jeûne. (Traduction et adaptation par Claude Bertrand ofm) |
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Source : La Terre Sainte, septembre-octobre 2004. www.interbible.org/sebq |
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