Philatélie biblique

Les antiques systèmes hydrauliques en Israël

Une série de quatre timbres-poste concernant d’anciennes canalisations a été mise en circulation le 22 février 2005 par la Poste israélienne. Les bandelettes de ces timbres font voir des ustensiles, des monnaies et des inscriptions relatifs à ces canalisations. Les noms des lieux de chaque canalisation sont inscrits en hébreu et en anglais sur la droite des timbres en sens vertical.

timbreHatzor

Ce timbre a une valeur de 2,10 shekels. Il est une représentation visuelle du tunnel creusé dans la roche qui amenait l’eau depuis une source extérieure, de l’autre côté de la ville. Le système était composé du canal et d’un tunnel incliné, taillé dans la roche à l’intérieur de la ville et qui conduisait l’eau au fond. Le timbre montre le sol incliné du tunnel et une partie d’un objet en ivoire qui date de l’âge du fer.

Meggido

timbreUn autre timbre, de 2,20 shekels, illustre ce qu’était le système de canalisation de l’eau à l’origine, au Xe siècle av. J.-C. Car ensuite, durant la monarchie israélite, à partir du IXe siècle, il fut perfectionné et utilisé au long des siècles. Ceux qui utilisaient ce canal y descendaient d’abord; puis de manière horizontale, ils longeaient le tunnel jusqu’à la source qui se trouvait à l’extrémité de la ville.

Le timbre montre une vue aérienne du Tell Meggido et l’ouverture du système de canalisation de l’eau. À gauche du timbre, dans l’angle d’en bas, est représenté un sceau, qui a été retrouvé à Meggido et sur lequel sont inscrits le nom « Le-hanan » en langue hébraïque antique et des symboles égyptiens traditionnels, comme le sphinx. La bandelette montre une décoration d’une vieille jarre de l’âge du fer qu’illustrent un joueur de harpe et des animaux.

Césarée maritime

timbreVoici un troisième timbre, de 3,30 shekels, qui figure l’aqueduc de Césarée. Cette ville a été la plus grande ville romaine en Israël depuis le temps du roi Hérode au Ier siècle av. J.-C. jusqu’à la conquête de l’Islam au VIIe siècle ap. J.-C. Hérode avait construit un premier aqueduc qui faisait venir l’eau du mont Carmel et de Ramot Menashe; les Romains l’améliorèrent, comme l’indique une inscription latine. La dernière partie de l’aqueduc est située sur les dunes de sable proches de Césarée; elle est composée d’arcs en pierre qui le portent; la partie proche des collines a l’allure d’un tunnel souterrain.

Le timbre figure la partie de l’aqueduc en forme d’arcades. À gauche du timbre est visible une monnaie de la ville de Césarée; elle porte une inscription latine : « Port d’Auguste » et représente une barque avec ses rames. Une autre inscription latine s’y trouve : « Colonie du Préfet de César Auguste ». Sur la bandelette se trouve inscrite une autre inscription latine qui avait été affichée sur l’aqueduc au temps de l’empereur romain Hadrien : « À l’empereur Trajan, Hadrien, Auguste. Drapeau de la Xe Légion Fretensis ».

Jérusalem : le tunnel d’Ézéchias

timbreUne timbre de 6,20 shekels présente cette canalisation d’eau originale du VIIIe siècle av. J.-C. Le tunnel d’Ézéchias est une œuvre d’art qui semble comporter le maximum d’ingéniosité pour cette époque. Les habitants de Jérusalem ont extrait les pierres du tunnel afin de pouvoir faire remonter jusqu’à leur ville l’eau de la source de Gihon. Le tunnel fut perforé de manière sinueuse en partant de ses deux extrémités, ce qui provoqua une légère erreur au lieu de la jonction des deux parties. Une inscription, citée plus bas, en donne la preuve.

Cet aqueduc d’Ézéchias, le plus célèbre de ceux que possédait Jérusalem, avait pour but de faire descendre l’eau de la source de Gihon vers le bassin de Siloé situé à l’intérieur des murailles de Jérusalem. Il avait 533 m de long, 1,63 m de haut et 2,27 m de dénivellation. La Bible en parle : « Le reste de l’histoire d’Ézéchias, tous ses exploits, et comment il a construit la piscine et le canal pour amener l’eau dans la ville, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des Rois de Juda? » (2 R 20,20; 2 Ch 32,1-4; Is 22,11)

Le timbre figure la sortie du tunnel souterrain et la piscine de Siloé. La bandelette porte l’inscription qui fut gravée sur les parois de la roche du tunnel. Cette inscription fut découverte par hasard en juin 1880, à 2 m de haut et à 6 m de la sortie de Siloé. Elle est la plus ancienne inscription connue en hébreu classique. Bien que quelques lettres soient indistinctes, la reconstitution du texte est unanimement acceptée. La voici :

Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (600 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche.

Ézéchias, qui construisit ce tunnel, fut roi de 728 à 698 av. J.-C. L’inscription date donc d’environ l’an 700.

Agripino Cabezón, ofm
traduit de l’espagnol et adapté par Claude Bertrand, ofm

Source : La Terre Sainte, mai-juin 2007.

 

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24 octobre 2008

 

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