Philatélie biblique

Le lait et le miel dans la Bible

« Ce jour-là les collines ruisselleront de lait. » (Jl 4,18)
« Je vous ferai monter vers une terre qui ruisselle de lait et de miel. » (Ex 3,8)

Le lait

timbreLa Poste israélienne a émis, le 20 février 1996, un timbre de 4,65 shekels représentant une vache et un ordinateur, avec une inscription en hébreu, en anglais et en arable : « Élevage de vaches laitières en Israël ». La bandelette annexe porte le dessin de quatre vaches et le texte, en hébreu et en anglais, d’un verset du prophète Joël : « Ce jour-là les collines ruisselleront de lait » (4,18). Ce verset est récité, comme antienne, aux Laudes de la première semaine du temps liturgique de l’Avent.

Plusieurs civilisations, surtout en Égypte et en Inde, ont considéré la vache comme un animal sacré. Elle est certainement un animal précieux. L’industrie moderne du lait a commencé en Israël en 1880 à l’École d’agriculture Mikve Israël, avec une production de 1500 litres annuels de lait par vache.

La Terre Promise de Canaan est désignée, dès le Pentateuque, comme une « terre où ruissellent le lait et le miel » (Ex 3,8; Dt 6,3). Le malheur est caractérisé par l’absence « de lait et de miel » (Jb 20,17). La prophétie concernant l’Emmanuel annonce qu’« il mangera du lait caillé et du miel » (Is 7,22).

Dans une civilisation pastorale, comme celle des Hébreux, le lait est d’une importance vitale. On voit Yaël donner du lait à boire à Sisera (Jg 4,19; 5,25). C’est ainsi que Moïse chante son action de grâce à Yahvé parce qu’il nourrit son peuple, « lui fait goûter le miel du rocher…, le lait caillé des vaches et le lait des brebis » (Dt 32,13-14).

 Saint Paul compare l’enseignement élémentaire qu’il donne à ses nouveaux chrétiens à du lait, élément pour les enfants : « C’est de lait que je vous ai donné à boire, non de la nourriture solide, que vous ne pouvez encore supporter » (1 Co 3,2).

Pour les nomades le lait a toujours été un élément important. Pour les sédentaires, il est employé pour fabriquer du beurre et des fromages. Il y a plusieurs sortes de lait. Les Arabes préfèrent le lait des brebis ou des chèvres ou des chamelles au lait des vaches. Lorsque Jacob voulut faire un cadeau à son frère Esaü, il prépara pour lui un troupeau de « 200 chèvres, 200 brebis, 30 chamelles qui allaitent, 40 vaches et 20 ânesses » (Gn 32,15-16). Mais à partir de l’époque où la chamelle a été considérée comme un animal impur, il fut interdit de boire son lait…

Il vaut la peine de noter que jamais le lait n’a été matière d’offrande pour un sacrifice dans la liturgie d’Israël. Les textes de la Bible parlent souvent du lait de manière figurative, comme le symbole d’une plénitude, d’une abondance, d’une fertilité, comme l’image de la félicité messianique (Ex 3,8.17).

Il est bon de remarquer que cette importance du lait est typique d’une civilisation de nomades. Pour les agriculteurs, ce n’est pas le lait qui importe; c’est l’eau; car c’est l’eau qui fait croître les prairies, qui fait prospérer la végétation et qui assure la prospérité du bétail, ainsi qu’il apparaît dans les documents découverts à Ras Shamra.

Le miel

timbreLe 15 février 1983, le Service postal israélien a émis un timbre de 30 shekels qui représente une abeille devant un gâteau de miel. La bandelette annexe illustre une alvéole hexagonale d’un gâteau de miel, avec l’inscription, en hébreu et en anglais, du texte biblique : « Je vous ferai monter vers une terre qui ruisselle de lait et de miel » (Ex 3,8). Elle fait allusion à la grande quantité de miel produite dès l’Antiquité, peut-être davantage que de nos jours. Selon certains historiens c’est le roi d’Arcadie Aristée qui a créé cette activité spéciale de l’élevage des abeilles; selon d’autres c’est un roi renommé d’une province d’Espagne – Gorgoris - qui est à l’origine de l’usage du miel comme nourriture et comme médicament.

Au moins cinq fois la Bible parle des abeilles, mais plus souvent du miel. Jacob, quand il envoie ses fils rencontrer le représentant du Pharaon, leur dit de lui porter « un peu de miel » (Gn 43,11). Moïse rend grâce à Yahvé, qui à son peuple « fait goûter le miel du rocher » (Dt 32,13). Lors du meurtre de Godolias et de ses partisans en 587, dix de ses partisans sont épargnés parce qu’ils disent : « Laissez-nous en vie, car nous avons des provisions de froment, d’orge, d’huile et de miel. » (Jr 41,8)

L’abondance extraordinaire des abeilles en Palestine est due à la profusion de fleurs dans ce pays et à son climat chaud. La vallée du Jourdain leur est particulièrement favorable. Le miel était une des richesses du pays, au point d’être l’objet d’exportation : « Juda et le pays d’Israël faisaient du commerce avec toi; ils t’apportaient… du miel, de l’huile et du baume », dit le prophète Jérémie à la ville de Tyre (Ez 27,17).

Le miel est le symbole de la douceur, de la bonté, des choses agréables : « Les paroles aimables sont un rayon de miel » (Pr 16,24); « Les paroles de Yahvé sont plus douces que le miel » (Ps 19,11); « Que ta promesse est douce à mon palais, plus que le miel à ma bouche » (Ps 118,10); « Qu’y a-t-il de plus doux que le miel? » (Jg 14,18); « Mais il faut manger du miel avec modération, pour ne pas le vomir » (Pr 25,16).

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte 590 (2007) 236-238.

 

Lire également :
« La terre où ruissellent le lait et le miel » (Ex 3,8.17)

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La vieille ville de Jérusalem : l'une des sept merveilles du monde

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30 janvier 2009
 

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