
Durant près de deux siècles, de 1099 à 1291, les Croisés ont construit châteaux et forteresses pour se défendre contre leurs ennemis, après avoir conquis les Lieux Saints de la Terre Sainte. Des églises, chapelles, fortifications et autres constructions urbaines qu'ils avaient bâti, demeurent de nombreux vestiges archéologiques, par exemple des douzaines de ruines de forteresses.
Le 17 décembre 2006, la Poste israélienne a mis en circulation quatre timbres-poste d'une valeur de 2,50 shekels concernant quatre de ces forteresses.
Ce nom de Césarée est inscrit sur le côté gauche du timbre qui évoque cette ville fortifiée. Le timbre représente sa muraille. Sur cette muraille et aussi sur la bandelette qui est jointe au timbre est peint un soldat d'infanterie qui lance une flèche vers la muraille; à ses pieds est une tente d'un campement militaire; à côté d'elle se trouve un cachet de forme circulaire où se trouve sculptée la porte de la ville située dans la partie est de la muraille; autour du cachet l'inscription est en langue latine : « Civitas Cesareæ » (Cité muraille César).
Avant l'an 25 av. J.-C., il n'y avait qu'une petite localité appelée « Tour de Straton ». Hérode le Grand y construisit un port maritime et une ville splendide appelée Césarée en l'honneur de l'empereur César Auguste. La ville éclipsa Jérusalem au double point de vue civil et militaire. Les procurateurs romains y fixèrent leur résidence.
L'histoire primitive du christianisme y est liée; le diacre Philippe l'évangélisa (Ac 8,40); saint Pierre y vint baptiser le Centurion Corneille et sa famille (Ac 10,1-48); saint Paul s'y embarqua plusieurs fois et y subit une captivité de deux ans avant d'être envoyé à Rome au tribunal de l'empereur (Ac 23,23-27,2); c'est à Césarée qu'en l'an 69 Vespasien fut proclamé empereur par les Légions; par gratitude il donna à la ville le titre de « Colonia Prima Flavia ».
Il y eut très vite un évêque à Césarée; s'y célébra un Concile qui décréta que la fête chrétienne de Pâques se célébrerait le dimanche. C'est dans son théâtre que furent martyrisés en 310 saint Pamphile, successeur d'Origène à la tête de l'École biblique, ct de nombreux chrétiens; Origène y avait été ordonné prêtre en 250. Au IVe s. en fut l'évêque le premier historien de l'Église, Eusèbe. En 1102 le roi Baudouin s'en empara et le roi saint Louis y vécut un an (1251-1252) et y reconstruisit des fortifications.
Quelles sont les ruines actuellement visibles à Césarée?
Le nom d’Atlit est inscrit à gauche d’un seconde timbre qui représente sa muraille nord-est surplombant son fossé. Le timbre et la bandelette conjoints font voir deux soldats armés sur deux barques pourvues de rames; l'un des deux porte un bouclier décoré de la figure d'un lion; sur la bandelette est représenté un cachet circulaire, celui des Templiers, avec les mots « cachet des soldats ».
Cette forteresse fut construite en 1218, sur un rocher qui avance dans la mer, par les Templiers; on l’appelait, en langue latine, « Castrum Peregrinorum » (forteresse des pèlerins); sur ce promontoire existait depuis de nombreuses années une cité, ou plutôt un château-fort, ainsi que le prouvent ses murailles épaisses et ses monnaies (qui n'étaient ni grecques, ni latines, ni arabes); au XIIe s., on n'y entrait que par un passage étroit qui servait de guet-apens pour les ennemis qui venaient de Jérusalem. La forteresse était protégée sur toute sa longueur par un fossé rempli d'eau; elle était prolongée par une seconde muraille également défendue par un autre fossé plein d'eau et par deux ou trois grosses tours carrées.
Elle avait une situation stratégique privilégiée. D'ailleurs les Phéniciens y avaient autrefois construit un port. Les Templiers y établirent la maison principale de leur Ordre. C'est là comme à Acre, que débarquaient les pèlerins aux XIIe et XIIIe siècles.
En 1103 le roi Baudouin Ier fut assailli en ce lieu et gravement blessé, alors qu'il revenait du siège de Saint Jean d'Acre vers Jérusalem.
En 1291 ce fut le dernier bastion que les Croisés occupèrent en Palestine. Les Templiers s'y maintinrent durant quelques semaines après la chute de Saint Jean d'Acre; mais finalement il fut pris et détruit par le sultan Melek el Aschraf.
Durant le mandat anglais, en 1930, le Département des antiquités a fouillé ce lieu et en a déterré des vestiges pleins d'intérêt. Actuellement le lieu est occupé par l'armée israélienne; c'est une zone militaire secrète; il est impossible pour les pèlerins de le visiter.
Cet autre timbre de 2,50 shekels a le nom de Belvoir inscrit à gauche et représente la porte Est de la forteresse intérieure; il figure aussi un soldat qui tient une arme à sa main droite et un bouclier à sa main gauche. Il fait voir un cachet circulaire portant le nom des « Hospitaliers de Jérusalem ».
Ce nom, qui signifie « Belle Vue », est bien choisi; on y a une merveilleuse vue panoramique sur toute la région. Elle était à l’origine une propriété fortifiée appartenant à une famille de Croisés de Tibériade, la famille Velos. En 1168 l'Ordre des Chevaliers Hospitaliers leur acheta ce domaine et y construisit sa principale forteresse pour la partie nord du pays. Elle domine et surveille les plus grands carrefours de la région.
Sa caractéristique est d'être la conjugaison de deux forteresses, l'une dans l'autre : une vaste forteresse était occupée par une armée auxiliaire de chrétiens orientaux... En son centre était une enceinte fortifiée, petite mais plus massive, occupée par les Chevaliers occidentaux. Si la première citadelle était conquise par l'ennemi, la forteresse intérieure gardait toute sa force de résistance. Cette construction était le point culminant d'une architecture militaire.
En 1187 Saladin assiégea Belvoir. Ses défenseurs résistèrent vaillamment; ce ne fut qu'au bout d'un an et demi qu'ils durent se rendre.
Le lieu resta désert jusqu'au XIXe siècle. Un petit village s'y construisit alors. En 1966-1968 l'archéologue M. BenDov entreprit les fouilles. C'est l'unique forteresse qui a été explorée complètement jusqu'à présent.
Le timbre, où le nom de Montfort est écrit à gauche, peint cette forteresse sous l'aspect d'une région montagneuse dominant le ruisseau Kziv. Devant elle est un chevalier à cheval. L'armure du chevalier et l'armure du cheval sont décorées d'une fleur de lys. À gauche de la bandelette est peint un bouclier sur lequel figure un aigle, symbole des Hospitaliers et l'lus tard des Teutoniques.
À l'origine il y avait en ce lieu, dont le nom est significatif (Mont Fort), un domaine sur un promontoire entoure du torrent Kziv, à l'ouest de la Galilée. L'Ordre Teutonique en fit l'acquisition et y construisit une forteresse impressionnante; elle servit de centre pour l'Ordre, de siège pour ses chefs et de base pour ses archives, transportées depuis à Saint Jean d'Acre.
La vue panoramique du haut de ce promontoire est l'une des plus impressionnantes et des plus belles de toute la Terre Sainte; ce promontoire était une protection locale, ainsi que le ruisseau Kziv et son entourage; mais la forteresse n'était pas construite de manière forte et elle n'avait pas un grand rôle stratégique.
Ses ruines ont été en partie fouillées en 1925-1926 par une expédition patronnée par le Musée Métropolitain des Arts de la ville de New-York. L’accès à Montfort est très difficile, qu'il s'agisse de sa partie supérieure ou de sa base; on ne peut s'y rendre qu'à pied ou à cheval.Agripino Cabezón, ofm
Source : La Terre Sainte 593 (2008) 54-58.
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« Ils vont revenir, tes fils, sur leur territoire. » (Jr 31,17)
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22 mai 2009