Philatélie biblique

« Tes greniers regorgeront de blé, et tes cuves déborderont de vin nouveau. » (Pr 3,10)

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Pour rappeler les sept espèces de fruits (le blé, l'orge, le raisin, la figue, la grenade, l'olive et la datte) de multiples séries de timbres-poste ont été émises entre le 22 juin 1982 et le 27 novembre 1984. Il s'agit de 12 timbres divisés en cinq séries.

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La première série, émise le 22 juin 1982, est composée d'un seul timbre de 1,40 shekel, qui dessine ces sept fruits. La deuxième série, du 11 janvier 1983, a trois timbres de 0,40, 0,80, et 6 shekels. La troisième, du 11 novembre 1983, a quatre timbres de 7, 8, 9 et 15 shekels. La quatrième, du 26 avril 1984, a trois timbres de 30, 50 et 100 shekels. La cinquième, du 27 novembre 1984, est faite d'un seul timbre de 500 shekels.

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Sur la bandelette de chaque timbre se lit, en hébreu et en anglais, le verset 10 du chapitre 3 du livre des Proverbes. Le verset 9 invite à rendre honneur à Dieu en lui offrant les prémices de tous nos biens, en reconnaissant sa suprématie sur toute chose (Nb 18,12; Dt 14,28-29).

Les greniers de blé

La Bible parle souvent des greniers (Dt 28,8; Ne 10,38-40; Jr 50,26; Ag 2,19; Gn 41,48; etc.); ce qui suppose l'existence de greniers ou de silos publics. Leur forme variait, depuis les modestes installations des villes de la côte en Syrie et Palestine jusqu'aux silos monumentaux, de construction ronde, découverts lors des fouilles, dans les villes ayant des garnisons militaires. Le grenier égyptien de Betsan pouvait contenir plus de 400 hectolitres.

Le vocabulaire hébreu pour désigner les greniers est très varié mais imprécis. Le Proche Orient antique, concrètement la Palestine, fut, dès l'origine, un monde de céréales où l'on vivait et commerçait avec le blé. La centralisation qu'occasionnait la monarchie fit prendre aux silos des grandeurs monumentales. Ce sont des constructions rondes en briques, proches des habitations et parfois réunies en un quartier à part.

Les silos pouvaient avoir la forme de hautes ruches, où l'on montait par un escalier extérieur jusqu'au toit voûté; on y versait le blé par une sorte de lucarne. D'autres silos étaient simplement couverts par des planches de bois qui pouvaient être déplacées.

Les greniers ou silos domestiques pouvaient être de grandes jarres, comme on en a trouvé à Jéricho ou de petits trous creusés dans le sol avec une terre pavée de galets ou recouverte de briques.

De nombreux textes bibliques font allusion à ce type de civilisation depuis l'époque des Patriarches jusqu'au Nouveau Testament (Pr 3,10).

Le vin

La vigne et la grappe de raisin sont appelés d'un mot hébreu « gestim » qui signifie « arbre de vie ».  Selon la tradition juive l'arbre de vie du Paradis Terrestre était une vigne.

L'expression « vin et boissons fortes » est utilisée dans l’Ancien Testament pour désigner toutes les boissons fermentées en usage (Lv 10,9; 1 S 1,15; Pr 20,1; etc). Dans le Nouveau Testament on ne parle de « boisson forte » qu'à propos de Jean Baptiste (Lc 1,15).

La Bible hébraïque a plusieurs termes (« yayim », « tiros », « asis ») pour désigner le vin et les boissons fermentées. Les distinctions entre ces termes sont incertaines.

L'archéologie a retrouvé des cuves et pressoirs pour le raisin. Le nombre de crus fameux cités par la Bible prouve l'amour du vin chez les Hébreux. Sont cités les vins de Heshbôn (Is 16,8), de Éléalé (Is 16,9; Jr 48,32), du Liban (Os 14,8), de Hélbôn et Uzal (Éz 27,18) et le vin royal de Simbah…

La Bible ne craint pas de parler du plaisir que produit le vin. « Il réjouit le cœur de l'homme » (Ps 104,15); il est déjà évoqué au temps des Juges (Jg 9,13; Qo 9,7; Si 31,27-28; 40,20; Za 9,15; 10,7). « Quelle vie mène-t-on privé de vin? » (Si 31,27).

Le vin figurait parmi les offrandes offertes (1 S 25,18; 2 S 16,1). Salomon, pour payer la main d' œuvre et les bois du Liban, offrait 20 000 « bat » (45 litres) de vin (2 Ch 2,8-9). Le vin était servi dans les simples repas (Dt 24,2; Jb 1,18; Pr 9,2) et les banquets funèbres (Tobie).

À Cana de Galilée Jésus révéla sa gloire par le miracle du vin (Jn 2,1-11).

L'absence de vin causait une désolation générale (Is 24,11); les faux prophètes le promettaient pour s’as­surer un bon auditoire (Mi 2,11). Les juifs accusaient Jésus d'aimer le vin (Mt 11,19), par opposition à Jean Baptiste (Lc 1,15; 7,33-34).

Le vin est un don de Dieu (Os 2,10); son abondance est signe de bénédiction divine (Gn 27,28.37); la bénédiction de Jacob annonce que la vigne sera tant répandue en Juda que « on  lie à la vigne son ânon, au cep le petit de son ânesse et lave son vêtement dans le vin » (Gn 49,11). Le Deutéronome envisage que l'on se réjouit devant Yahvé en buvant du vin (Dt 14,26; 16,13-15).

Jésus a parlé du vin non seulement comme symbole du Temps Nouveau à Cana mais comme symbole de la Nouvelle Alliance à la Cène (1 Co 11,25; Mt 26,27-29). Il semble qu'à l'époque du Nouveau Testament le vin soit devenu, même dans le judaïsme, un symbole d'immortalité, de vie future et de Royaume messianique.

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte 596, juillet-août 2008, 56-58.

 

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23 octobre 2009
 

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