

Cette série de cinq timbres a été émise le 17 février 2009. (NDLR)
Au sens littéral, les Saintes Écritures établissent une distinction entre le fruit de l'arbre (Gn 1,29; Ex 10,15; Lv 23,40 ...) et le fruit de la terre ou du pays (Nb 13,26; Dt 1,25; Is 4,2...) ou, plus communément, le fruit du sol (Gn 4,3; Dt 7,13; Ps 105,35; Mal 3,11...).
On se souvient du fruit défendu à nos premiers parents dans le paradis terrestre (Gn 3,6). Les fruits que les éclaireurs, envoyés par Moïse, ramenèrent du pays de Canaan, étaient des grenades, des raisins et des figues (Nb 13,21-23; Dt 1,25). Dans la bénédiction qu'il formule en faveur de la tribu de Joseph, le législateur entrevoit pour elle « le meilleur de ce que fait croître le soleil et de ce qui pousse à chaque lunaison » (Dt 33,14). Les fruits que fait croître le soleil sont ceux que l'arbre produit une fois l'an; les fruits des lunaisons sont, selon la version des Septante, les fruits mensuels, c'est-à-dire ceux que les plantes produisent au cours d'un espace de temps qui ne correspond pas à l'évolution solaire, mais à une ou plusieurs évolutions de la lune. Ces fruits, on peut les récolter plusieurs fois l'an.
La Vulgate parle des fruits de la lune; ce qui a conduit plusieurs auteurs à supposer que les Hébreux croyaient à une influence de la lune sur la maturation de certains fruits. On notera que saint Jean, dans la description qu'il nous donne de la Jérusalem céleste, fait mention des arbres de vie « qui fructifient douze fois, une fois chaque mois » (Ap 22,2). L'apôtre s'inspire ici d'Ézéchiel (47,12).
Certaines prescriptions légales font référence aux fruits. En vue d'inspirer aux Hébreux une plus vive aversion pour l'idolâtrie qui avait souillé la terre de Canaan, le Seigneur décida que chaque fois que des arbres seraient plantés, leurs fruits seraient considérés comme impurs durant les trois premières années et ne pourraient donc être mangés. La quatrième année, on les consacrerait au Seigneur et, à partir de la cinquième année, on pourrait commencer à s'en nourrir (Lv 19,23-25). Les Israélites devaient verser, chaque année, la dîme de tous les produits de la terre et des arbres fruitiers (Lv 27,30). Lorsqu'on traversait une vigne ou un champ, il était permis d'y cueillir des raisins ou des épis pour les manger, mais non pour les emporter (Dt 23,24-25). Usant de ce droit, les apôtres cueillent des épis dans un champ (Mt 12,1) et Notre Seigneur cherche des fruits sur un figuier planté au bord du chemin (Mt 21,19).
La loi recommandait aussi d'abandonner à l'étranger, à la veuve et à l'orphelin les fruits restés sur l'olivier après le gaulage, ainsi que les épis et les grappes, oubliés dans le champ ou dans la vigne, après la récolte et la vendange (Lv 19,9-10; 23,22; Dt 24,20-21). Les impôts sur les arbres ont toujours été en vigueur en Orient. Sous la domination séleucide, les juifs de Palestine devaient payer au fisc royal, entre autres impôts, le prix de la moitié des fruits de leurs arbres.
Le 25 juin 1996, le Service postal israélien a émis une série de trois timbres consacrés aux fruits. A. Vanoouijen en est le dessinateur. Ces timbres, imprimés en offset, ont un format de 40 x 25,7 mm. Ils représentent quelques-unes des évolutions scientifiques et commerciales qui ont eu lieu dans les différentes classes de fruits cultivés en Israël. Sur la bandelette de chacun d'entre eux, on peut lire le verset d'Ezéchiel qui sert d'en-tête à cet article : « …et vous, montagnes, faites croître vos rameaux, portez vos fruits » (Ez 36,8).
Le timbre d’1,05 skekel nous présente les citrus. Dès sa création, l'État d'Israël a développé de manière intensive la culture des citrus. C'est surtout vrai à partir de la découverte de la fameuse Shamuti (apparentée à la Valenciana espagnole), qui, sous le nom commercial de Jaffa, a fait d'Israël un pays renommé dans le monde entier pour ses oranges.
La Sweety, sorte de pamplemousse, mais beaucoup plus douce que ce dernier, est d'origine américaine, mais la culture en a été développée en Israël, à des fins commerciales et s’est ensuite étendue à d'autres pays. La Kumquat, connue aussi sous le nom d'orange chinoise, est plus petite et est utilisée dans la fabrication de la confiture. Au cours de ces quinze dernières années, l'Organisation de recherche agricole, avec l'aide du gouvernement et des colons israéliens, a déployé de grands efforts pour créer de nouvelles cultures, comme celles de l'orange sanguine et du citron, et pour améliorer la saveur des fruits.
Le timbre d’1,60 shekel représente les fruits destinés à l'exportation. Grâce à l'aide fournie par l'organisation dont nous venons de parler, la culture de l'avocatier s'est développée d'une manière toute spéciale. Le Persimmon israélien est devenu très populaire, suite aux recherches locales qui ont permis de l'améliorer, en lui donnant une saveur particulière et en le rendant aussi comestible qu'une pomme.
La datte a été, depuis les temps bibliques, un des symboles d'Israël. En ces dernières années, la récolte en a été plus abondante, tout au long de la vallée du Jourdain et dans l'Arava. Pline dénombrait 50 variétés de dattes, dont les plus caractéristiques étaient celles de Jéricho et de la Thébaïde, en Égypte.
La mangue, elle aussi, est très populaire dans la vallée du Jourdain et dans l'Arava, et sur la côte méditerranéenne. La banane provient de l'Asie tropicale. Récemment on a entrepris d'introduire une nouvelle espèce de banane, la tapunana, caractérisée surtout par son amère saveur tropicale et son agréable parfum de pomme. Celle espèce a été découverte dans les forêts du Brésil et son acclimatation aux conditions météorologiques d'Israël a été réalisée au kibboutz Rosh Hanikra, au cours des récentes années.
Dans les pays d'Europe occidentale, la tapunana est considérée comme un mets de rois. Elle est légèrement plus petite qu'une banane normale et sa peau est beaucoup plus fine; on peut la conserver dans le réfrigérateur, bien entendu, jusqu'à un maximum de deux semaines. Ce nouveau fruit ne figure pas encore aux étalages des supermarchés israéliens, mais sa production en masse ne tardera pas et favorisera son apparition sur le marché local, comme aussi son exportation.
Le timbre d’1,90 shekel est consacré aux fruits exotiques. L'Organisation de recherche agricole a développé des méthodes de cultures tropicales, dans le climat subtropical d'Israël. La carambola est un fruit qui appartient à la famille des oxalidacées. Signalons enfin la découverte d'une papaye d'un goût excellent.
Agripino Cabezón, ofm
Source : La Terre Sainte, mars-avril 1998, pp. 82-84.
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29 janvier 2010