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Récitatif biblique

 

récitatif
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chronique du 16 mars 2012

 

Le balancement comme un bercement

Nous avons commencé notre vie par un bercement : celui des mouvements de la mère qui se déplace continuellement. Puis nous avons été portés dans des bras jusqu’à ce que nous sachions marcher et même au-delà de ce délai. Pourtant, quiconque voit un récitatif pour la première fois ne remarquera probablement pas que la personne qui récite se balance, se berce, continuellement. Ce balancement est tellement ancré dans le mouvement naturel du corps qu’il passe souvent inaperçu. Or, combien de comptines, ou de chansons enfantines ont été apprises sur les genoux d’un adulte qui se berçait, ou encore dans les bras de quelqu’un qui se promenait tout en chantant. C’est ainsi que chaque personne a intégré une manière de se déplacer, de se bercer en marchant. Il en va ainsi de l’acte de réciter debout, un pied devant l'autre, en se balançant lentement, chacun à son rythme. Cette manière de faire favorise une meilleure mémorisation des paroles.

     Le balancement-bercement n’est pas quelque chose de neuf dans la mémorisation de textes. Depuis des siècles, juifs et musulmans utilisent cette approche pour apprendre leurs récits sacrés. Sur le site de mimopédagogie [1] on explique ainsi le balancement :

On comprend ainsi que le balancement qui accompagne ces Récitations soit rapidement ressenti par les appreneurs comme équilibrant l’organisme tout entier. Ce balancement est d’ailleurs accordé à la structure du corps humain... Il est à deux battants. (…) Selon la pédagogie d’Israël, nous avons le balancement du « joug » qui se fait de droite à gauche, et le soulèvement du « fardeau » qui se fait d’avant en arrière. C’est celui que nous utilisons le plus souvent au laboratoire car il permet de faire des gestes plus facilement. C’est le balancement qui se tend vers l’action, la marche en avant…(…) Et ainsi tout le corps ondule comme un grand peuplier sous le souffle du vent. Ce balancement est un puissant adjuvant de la mémorisation car il s’accorde au rythme des formules françaises mélodiées et gestuées.

Louise Bisson : « Il vient dans une ville de Samarie » [2]
(Jean 4, 5-15)

     Pour bien percevoir le balancement dont nous parlons, il faut fixer notre regard des genoux aux pieds de la personne qui récite. Nous découvrirons que sans cesse elle oscille d’avant vers l’arrière même si le haut du corps semble faire toute autre chose.

     Louise Bisson, fondatrice des récitatifs bibliques en terre canadienne décrit ainsi le balancement : « Ce mouvement ressemble à celui d'un bercement; le récitant se berce et berce la Parole qu'il accueille. À moins qu'il ne soit lui-même accueilli par la Parole? Ce balancement favorise la mise en mémoire du texte, mais aussi le recueillement; il induit un état d'abandon à la Parole. »

[1] http://mimopedagogie.pagesperso-orange.fr/IEMP/GBmemorisationevangiles.htm

[2] Louise Bisson a effectué la traduction, la composition et l'interprétation pour ce récitatif.

Jocelyne Hudon

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L’expression par le corps, révélatrice de notre vie intérieure