chrisme

Épitaphe de Filicissima découverte à Toulouse et datant du 4e siècle. Marbre, 11,8 x 56 cm.
Musée Saint-Raymond, Toulouse (Daniel Martin - Photothèque du musée Saint-Raymond / Wikimedia).

Le monogramme du Christ

Sylvain CampeauSylvain Campeau | 28 septembre 2026

Le premier monogramme pour désigner Jésus ne s’est pas inspiré de son nom mais de la traduction grecque de son titre de Messie. Celui que l’on désigne comme « l’oint du Seigneur » (celui qui a reçu une onction d’huile) est traduit en grec par Christos.

En grec, le mot s’écrit : XPISTOC. Les deux premières lettres du mot sont le khi (X) et le rho (P). Elles sont écrites en majuscules dans le monogramme : il ne faut pas confondre le rho et le pi. Malgré sa ressemblance avec notre « p », il s’agit bien d’un « r ».

Dans sa représentation graphique, le monogramme est traduit par la superposition des deux lettres qui forment ainsi un symbole évoquant la croix du Christ. Le chrisme est souvent inscrit dans un cercle, signe géométrique de la perfection divine. Il est alors souvent accompagné des lettres alpha et omega (la première et la dernière lettre de l’alphabet grec) qui représente le début et la fin de toute chose. Dans le livre de l’Apocalypse, l’expression Alpha et Oméga désigne Dieu et Jésus-Christ. Elle indique de manière symbolique que Dieu est à l’origine de la création et qu’Il en maîtrise l’aboutissement (voir Apocalypse 1,8). Dans les derniers chapitres du livre, Jésus s’attribue l’expression : « Je suis l’Alpha et l’Omega, le commencement et la fin. » (Apocalypse 21,6 ; voir aussi 22,13)

sarcophage

Sarcophage du 4e ou du 5e siècle découvert à Hauterive. Marbre, 211 x 44 x 56 cm.
Musée Saint-Raymond, Toulouse (Daniel Martin - Photothèque du musée Saint-Raymond / Wikimedia).

On connait une autre forme de ce symbole formé du iota (I) et du khi (superposés et toujours en majuscules). Les deux lettres sont alors l’abréviation de IHCOYC XPISTOC (Jésus Christ). Mais le chrisme formé avec khi-rho est beaucoup plus fréquent. On peut même affirmer que le khi-rho a supplanté l’autre forme.

Ce symbole paléochrétien a été largement popularisé sous le règne de l’empereur romain Constantin (306-337 ÈC). Selon une tradition, l’empereur aurait eu une vision, la veille d’une importante bataille : il aurait vu le symbole dans le ciel accompagné des mots « Par ce signe, tu vaincras ». Il a rapidement fait inscrire le monogramme sur le bouclier et l’étendard de ses soldats. Constantin a écrasé l’armée de son rival Maxence et a pris le contrôle de l’Occident. Après sa victoire, l’empereur a attribué sa victoire au Dieu des chrétiens et c’est à partir de ce moment qu’on observe une plus grande tolérance dans l’Empire envers le christianisme naissant.

Diplômé en études bibliques (Université de Montréal), Sylvain Campeau est responsable de la rédaction.

Les mots pour le dire

Symboles bibliques

Cette rubrique est consacrée aux symboles bibliques et paléochrétiens. L'écriture de la Bible n'aurait pas la même saveur sans ces images et leur puissance d'évocation qui réussissent souvent à exprimer l'indicible.

Constantin

L’empereur Constantin

Constantin Ier, ou Constantin le Grand, est un empereur romain qui a régné de 306 à 337. Il est célèbre pour être le premier empereur romain à se convertir au christianisme, pour avoir établi la liberté de culte individuelle, pour avoir arrêté les persécutions religieuses (celles des chrétiens en particulier) par l’édit de Milan et pour avoir fondé la ville de Constantinople (aujourd’hui Istambul).

Tête de l’empereur Constantin, élément d’une statue colossale. Bronze, œuvre romaine, IVe siècle (ÈC), Musée du Capitole, Rome (Wikipédia).