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Cinquième dimanche de Carême C - 1er avril 2001
 
De la pierre au sable

La femme adultère (Jn 8,1-11)
Autres lectures: Es 43,16-21 ; Ps 125 (126) ; Ph 3,8-14

 

Au Sinaï, au milieu du tonnerre et du feu, Dieu traça sur la pierre une Loi qu'il remit à son serviteur Moïse. Cette Loi comprenait dix commandements. La première Alliance était désormais scellée. Puis, des milliers d'années plus tard, Yahvé, par son Fils, traça à nouveau une seconde et mystérieuse Alliance, celle de l'Amour. Mais cette fois, il l'inscrivit sur le sable. Élément mouvant qui transforme les traces les plus profondes en de fins sillages pour ensuite les faire disparaître à jamais : Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol (Jean 8, 6).

Voilà un des enseignements du récit d'aujourd'hui. Dieu, dans le geste de son Fils, ouvre un passage que nous mettrons toute une vie à franchir et encore! Passage qui mène de la Loi immuable à la grâce transformante du pardon. Cette femme adultère, que les pharisiens amènent à Jésus a, sans conteste, fait une entaille profonde à la rectitude de la Loi sculptée à même la pierre. C'est donc par la pierre qu'elle doit mourir. Le commandement est formel sur ce point. Aussi, Jésus ne peut donner tort aux tenants de la Loi. Il connaît autant qu'eux la Loi de Moïse. Mais il profite de cet événement pour la retracer sur le sol sablonneux où cette femme est prostrée. Il veut signifier à ses accusateurs que le sol de leur coeur a besoin d'être ameubli. Il renouvelle en quelque sorte le geste de Dieu au Sinaï en le doublant de miséricorde. Il considère que le temps est désormais arrivé d'attendrir le coeur de ceux qu'il est venu sauver. Dorénavant tout va changer. Avec le Christ tout péché aura droit à la rémission. Toute faute regrettée pourra s'ensabler à jamais au creux de la mémoire divine. D'ailleurs, Dieu avait déjà commencé à tracer la voie à son Fils Jésus lorsqu'il disait, par le prophète, qu'il allait faire passer une route au milieu du désert et que des fleuves arroseront l'aridité de ces contrées (Isaïe 43, 19).

Mais devant tant de facilité à se faire pardonner, cette femme ne risque-t-elle pas de retourner à son péché? Sous l'Ancienne Loi, cette hypothèse aurait sûrement été retenue car les péchés étaient classifiés non pas en fonction des circonstances mais en fonction de leur gravité. Et ce qu'a fait cette femme était grave. Mais, justement, nous ne savons rien des circonstances qui ont conduit cette femme à l'adultère. Seul, Jésus, qui connaît le fond de son coeur, peut lui dire : Va, et désormais ne pèche plus (Jean 8, 11) et surtout lui faire confiance pour demain. Il sait aussi, connaissant sa faiblesse, qu'une rechute est possible. Mais il sait surtout qu'hier est effacé et qu'aujourd'hui est un autre jour, un jour tout neuf. Le dur rocher de la Loi s'est pulvérisé sous les doigts de l'amour transformant.

Ghislaine Salvail, SJSH

 

Source: Le Feuillet biblique, no 1834. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

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