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Sage est la loi du Seigneur
René Laprise | 6e dimanche du temps ordinaire (A) – 15 février 2026
Jésus et la Loi : Matthieu 5, 17-37
Les lectures : Sirac 15, 15-20 ; Psaume 118 (119) ; 1 Corinthiens 2, 6-10
Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.
Pour réfléchir et creuser sur la profondeur des textes de ce dimanche, une question centrale semble se dégager : c’est quoi la loi du Seigneur? En fait, on pourrait se demander comment elle est perçue et comment elle peut conduire vers le bonheur et le bien de tout un peuple. À priori, le mot loi peut faire peur et bloquer le sens du message. Dans la société d’aujourd’hui, le non-respect d’une loi peut occasionner des sanctions et pénalités comme une contravention pour le dépassement de la limite de vitesse sur la route.
Alors, est-ce que la loi du Seigneur est assortie d’une gradation de sanctions ou mesures? Le Psaume 118 offre possiblement une piste intéressante : Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur ! (v. 1) Suivre la loi conduit au bonheur, nous chante le psalmiste. Il sait que le Seigneur est bon et l’aidera à suivre ses préceptes. De son côté, il s’engage à cheminer et à apprendre, sachant que le chemin de la vie est une longue route de découverte et d’apprentissage.
Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ;
à les garder, j’aurai ma récompense.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l’observe de tout cœur. (Ps 118, 33-34)
Sagesse et liberté
Dans l’extrait du livre de Ben Sira le Sage (Siracide), l’auteur de cet écrit de sagesse rappelle que l’être humain est libre devant les choix de la vie, aller vers ce qui donne la vie ou encore aller vers le contraire.
Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu :
étends la main vers ce que tu préfères.
La vie et la mort sont proposées aux hommes,
l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. (Si 15, 16-17)
La sagesse du Livre de Ben Sira le Sage fait écho à l’importance de laisser murir en nous les fondements de la loi du Seigneur qui nous feront grandir et nous rendront libres devant des choix qui nous éloignent du vrai bonheur. Ce bonheur n’en est pas un que l’on pourrait qualifier d’égoïste, au contraire il nous ouvre aux autres afin de bâtir un monde où il y a plus d’amour.
Sagesse de Dieu
Dans sa Première épître aux Corinthiens, Paul vient révéler une dimension plus grande à la sagesse qui est partagée et enseignée aux chrétiens adultes. Elle n’est pas de ce monde ni des autorités du temps, non, elle vient de Dieu. Il s’agit de la sagesse que Dieu avait prévue dès avant les siècles pour nous donner la gloire. Elle était cachée, mais Dieu la révèle par l’Esprit.
Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture :
ce que l’œil n’a pas vu,
ce que l’oreille n’a pas entendu,
ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme,
ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. (1 Co 2, 9)
Il y a dans cette révélation à la communauté de Corinthe l’image de ce Dieu qui est prévoyant, des siècles à l’avance, par amour pour son peuple. Ce peuple, c’est nous aussi aujourd’hui, proche ou éloigné, riche ou pauvre, éduqué ou non, jeune ou vieux, croyant ou non.
Jésus et la loi
Dans l’Évangile selon saint Matthieu, après l’enseignement de Jésus sur les béatitudes, l’évangéliste présente les propos du Christ sur la loi. Voilà qu’il affirme qu’il ne vient pas abroger la Loi ou les Prophètes, mais accomplir. Il poursuit en lançant un défi, une dimension nouvelle devant les termes de la loi, celle de la justice. Il compare alors la justice des scribes et des Pharisiens à celle qui est nécessaire pour entrer dans le Royaume des cieux.
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. (Mt 5, 20)
Jésus présente alors les lois et enseignements appris aux anciens et il vient y ajouter des éléments ou exigences au nom de la dimension de la justice de Dieu, une justice qui tient compte de la dignité humaine. Mais surpasser la justice des scribes et des Pharisiens est un acte d’amour et de fidélité au message de Jésus pour plus de justice entre les humains, plus de vérité.
Si sage est la loi du Seigneur, si elle conduit au bonheur, c’est que son exigence est directement rattachée à l’amour de Dieu pour notre humanité et à l’amour que nous pouvons nous aussi semer et alimenter dans nos relations et nos engagements dans l’Église et la société.
René Laprise est diacre permanent de l’archidiocèse de Gatineau (Québec).
Source : Le Feuillet biblique, no 2021. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation écrite du site interBible.org.
