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Madame,
Monsieur...
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ... et ton prochain comme toi-même
(Matthieu 22, 37-39)
À Montréal, dans les années 80, un soir de
novembre, une foule de priants quittent une église du centre-ville.
Ils étaient venus entendre un prédicateur charismatique
renommé leur parler de charité, d'amour, de pardon.
Par couples ou par grappes les gens
se disaient leur admiration pour la beauté de ce qu'ils venaient
d'entendre.
Au coin de la rue un itinérant
tend la main avec insistance: «Madame, monsieur, la charité
s'il vous plaît». Les gens passent indifférents
... la plupart. À un moment donné deux personnes doivent
faire le détour pour éviter l'homme qui se tient là.
« Pourquoi la ville ne fait-elle
rien pour nous enlever ces bums-là de dans les rues? »
commente l'une des deux.
«Tu as bien raison, si on
les laisse faire on les aura sur nos perrons bientôt (Témoignage).
LIEN : « C'est dans les gestes et les attitudes que se vérifie
la qualité de notre amour pour les autres.
Par sa vie et ses paroles, Jésus
nous apprend à agir en tenant compte de trois points de repère:
l'amour de Dieu, de soi-même et de son prochain. Jamais l'un
sans l'autre. Une recette de vie éternelle!» (André
Tiphane, Prions en Église, vol. 3.1, no 10).
Regardons notre vie, enlevons tout
le fla-fla des convenances, des apparences, pour ne garder que l'éclairage
de «Tu aimeras...» que Jésus nous dit dans l'évangile
d'aujourd'hui. Ne soyons pas trop surpris d'y retrouver des occasions
où nos gestes et nos attitudes ne s'accordent pas avec le
discours de Jésus.
* * * * *
Les souliers de Gandhi
En montant à bord d'un train,
un jour, Gandhi perdit un soulier qui tomba sur la voie. Comme le
train se mettait en marche il ne pût le récupérer.
Quelle ne fut pas la surprise de ses compagnons de le voir enlever
son autre soulier et le lancer proche de celui qu'il venait de perdre.
« Pourquoi faites-vous cela? » Gandhi sourit et dit
: « Le pauvre homme qui aurait trouvé un soulier le
long de la voie ferrée en aura maintenant une paire qu'il
pourra porter » (rapporté dans The Little Brown
Book of Anecdotes).
LIEN : Charité chrétienne ou geste humanitaire? ...
Est-il mieux de prendre parti pour Dieu ou de prendre parti pour
l'homme? Les «deux amours» dont Jésus parle dans
son enseignement ne sont pas dissociables, ils sont nécessaires
tous les deux. Pour Jésus, il faut prendre parti pour Dieu
et pour l'humain, servir Dieu et ses frères. On n'a jamais
fini d'aimer.
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