(John Towner / Unsplash)

Espérer avec Marie

Hélène PinardHélène Pinard | 8 décembre 2025

En cette année jubilaire de l’espérance qui prendra fin le 6 janvier 2026 et particulièrement en ce temps de l’Avent, quelques textes bibliques aident à suivre Marie. C’est sous l’angle de l’espérance qui l’habite, en tant que femme juive partageant l’espérance de tout son peuple, que nous approcherons la mère de Jésus. Ce texte propose donc une incursion biblique et théologique pour mieux saisir l’espérance de Marie.

Le savoir dans la discipline

Quand un récitatif biblique est enseigné, on l’apprend par le cœur. Il s’imprime dans le corps. Il influence et transforme la vie. Il n’est pas rare d’entendre une ou l’autre personne témoigner que l’espérance s’est levée en elle. L’intelligence du texte est aussi importante, le savoir, et elle est proposée par des vitamines bibliques.

L’espérance du peuple et de Marie

La prophétie de Michée (5,1-4) reprend l’idée déjà présente chez d’autres auteurs bibliques [1]. Il explicite l’attente de celui qui sera le berger d’Israël par la puissance du Seigneur… celui qui sera la paix et qui l’apportera à l’humanité.

Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera... celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ! (AELF)

Ainsi, les jeunes femmes en Israël espèrent donner naissance au Messie. Et cette naissance, on la racontera bien plus tard à partir d’un genre littéraire particulier : celui du récit de naissances.

L’espérance de Marie de Cana à la croix

La mère de Jésus était là à Cana, (dans les activités normales de la vie : un mariage qui dure généralement une semaine). Comment se manifeste son espérance dans ce contexte?

Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit : ils n’ont pas de vin (Jean 2,3) [2]. Marie ne fait ni une demande, ni ne donne un ordre… Elle identifie une situation qui peut s’avérer catastrophique pour la noce et en fait part à Jésus. La réponse est surprenante : qu’en est-il pour toi et pour moi femme! Elle n’est pas encore venue mon heure…

En quoi cela révèle-t-il l’espérance de Marie? Malgré cette réponse plutôt rude, Marie dit aux serviteurs : quoi qu’il vous dise, faites-le! L’espérance dépasse la déception, (elle) est attention à ce qui se donne… L’espérance se conjugue au présent et contemple ce qui s’y donne [3].

Ce qui s’offre au présent, ce sont les jarres de pierre utilisées pour la purification selon l’alliance de l’Ancien Testament. Remplies d’eau par les serviteurs, elle devient du vin, le vin en abondance qui caractérise la nouvelle alliance scellée par le cœur ouvert sur la croix : il en sortit du sang et de l’eau (Jean 19,34). Marie se tenait debout près de la croix… (Jean 19,25)

Retour à l’Avent avec les textes de saint Luc

Ce n’est qu’après la résurrection de Jésus que les textes de la Nativité de Jésus ont été écrits par Luc. D’abord ce que nous appelons l’Annonciation, puis une prière d’action de grâce, le Magnificat, qui ressemble à celle d’Anne après la naissance de Samuel (1 Samuel 2). Ces textes ne se retrouvent que dans l’évangile de Luc. Ils révèlent comment Marie est bien ancrée dans l’espérance de son peuple.

Enfin le récit de la naissance de ce Fils engendré en elle par l’Esprit : l’Esprit te couvrira de son ombre et tu enfanteras un Fils et tu l’appelleras Emmanuel, Dieu avec nous et cela arrivera bien sûr à Bethléem, la ville de David. Et Marie retenait toutes ces paroles (événements) les récitant dans son cœur (Luc 2,19 [4]).C’est bien ainsi que Marie conservait cette espérance millénaire de son peuple.

Conclusion

De l’homme qui dans sa vie est tombé cent fois, l’espérance retiendra que cent fois il s’est relevé. Parce qu’elle est par essence réception à ce qui se donne, l’espérance est sauve de ce qui menace tout espoir : la déception [5].

Et toi, à quoi s’accroche ton espérance? N’est-ce pas ce que l’Avent propose de redécouvrir chaque année et plus spécialement à la fin du Jubilé de l’Espérance.

Hélène Pinard, FCSCJ, est bibliste et transmetteure de l’Association canadienne du récitatif biblique.

[1] Entre autres citations : 2 Sanuel 7 ; Isaïe 7,9.11 ; 1 Samuel 16,1.11 ; 17,12 ; Isaïe 60,22, etc.
[2] Traduction de Jean 2,1-12 : Louise Bisson, 2014.
[3] Extrait de Martin Steffens, Petit traité de la joie, Marabout (Les petits collectors), 2025, pp. 31- 37.
[4] Traduction Louise Bisson, révisée en 2010.
[5] Extrait de Martin Steffens, Petit traité de la joie, pp. 31-37.

Jousse

Récitatif biblique

L'Association canadienne du récitatif biblique propose une chronique mensuelle pour comprendre la discipline spirituelle qui rassemble ses membres. Axée sur la Parole et sur son effet sur l'ensemble de la personne, le récitatif biblique est une forme de méditation où tous les sens sont sollicités.