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chronique du 18 septembre 2017

 

Guerre

archers

Archers et soldats avec boucliers représentés sur une scène de la prise de Lakish
Palais de Sennachérib, Ninive, circa 700-692 avant notre ère
(photo : Mike Peel sous licence Creative Commons, Wikipedia)


Hébreu : mileHâmâh (de lâHam, littéralement manger, dévorer)
Grec : polemos

Du point de vue géopolitique, le peuple de la Bible est dans une situation qui en elle-même est source de conflits militaires. Premièrement, il est exactement à mi-chemin sur la seule route entre l’Empire égyptien et les empires mésopotamiens (Babylone, Assyrie). Deuxièmement, les Israélites partagent leur coin de pays avec d’autres peuples comme les Philistins ou les Cananéens. Ces groupes sont en conflit pour s’approprier l’espace et les ressources nécessaires à leur survie. Troisièmement, la Bible raconte de nombreux conflits violents entre les villes et les tribus d’Israël.

« Yahvé est un guerrier » (Ex 15,3)

Dans l’antiquité, la guerre était conçue comme quelque chose de religieux. Les batailles entre les groupes humains étaient le reflet terrestre des luttes entre les dieux qui les représentent. Ainsi, dans la Bible, les guerres d’Israël sont considérées comme les guerres du Seigneur. Par exemple, dans le livre de l’Exode c’est Dieu qui est à la tête des troupes et qui combat pour son peuple (Ex 14,14). Les Hébreux apportent l’arche de l’alliance sur le champ de bataille comme signe de la présence du Seigneur dans leur lutte (2 S 11,11). Lorsqu’il y a victoire, celle-ci est attribuée Dieu (Dt 20,1).

La guerre comme châtiment divin

La destruction de Jérusalem par les Babyloniens en 587 av. J.-C. aurait pu être la fin pour le peuple de la Bible. Ils auraient pu croire que les dieux babyloniens étaient plus forts que Yahvé. Or, même après la destruction et la défaite, ils comprennent que celle-ci provenait de Dieu. Les textes écrits après cette époque présentent ce moment comme un châtiment, une façon pédagogique pour Dieu d’aider son peuple à arrêter son idolâtrie. Jérémie indique que c’est Dieu qui a envoyé les armées babyloniennes pour favoriser un retour à l’alliance (Jr 6,4).

De la guerre à la paix

De ces guerres émerge une soif de paix. Les prophètes annoncent que ceux qui ont survécu à la destruction de Jérusalem seront consolés et qu’un leader leur sera donné. Plusieurs des passages prophétiques annoncent un Messie de la trempe de David qui pourra infliger une sévère correction aux autres nations et restaurer la gloire d’Israël. Parmi les prophètes, Zacharie fait figure d’exception. Il annonce plutôt un Messie humble et pacifique. Au lieu d’entrer à Jérusalem sur un cheval de bataille, il sera sur le dos d’un âne.

Guerre et paix dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament s’est écrit sous la domination romaine. Loin d’être une période irénique, la pax Romana est une « paix » imposée par Rome à ses ennemis vaincus sur les champs de bataille. Au premier siècle, plusieurs groupes juifs se révoltent en prenant les armes. Jésus ne va pas dans cette direction, il prêche la non-violence par ses paroles et par ses actes.

Par contre, plusieurs textes dont l’Apocalypse, utilisent l’image de la guerre pour évoquer les événements associés à la fin des temps. Heureusement, le livre de l’Apocalypse se termine par l’apparition de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre (Ap 21). Le monde ancien est disparu, en faveur d’un monde sans deuil, sans cris, sans souffrance et sans mort (Ap 21,4).

Sébastien Doane

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