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chronique du 20 novembre 2017

 

Règne/Royaume

Monnaie de Lysimaque

Monnaie de Lysimaque, à l’effigie d’Alexandre le Grand
Sur le revers, on peut lire basileus (roi) sur l’inscription de droite et le nom du souverain à gauche


Grec : basileia

La richesse du français permet de distinguer entre le pouvoir du roi (sa royauté), le lieu de ce pouvoir (son royaume) et l’exercice de ses fonctions (son règne). Pourtant, en grec, une même expression, basileia, désigne l’ensemble de ces réalités.

L’histoire d’Israël a été fortement marquée par une royauté donnée par Dieu à son peuple. Or, cette institution a connu une fin abrupte avec l’exil à Babylone en 587 av. J.-C. Après cette date, l’espoir d’une restauration de cette monarchie grandit jusqu’à l’époque de Jésus. Les Romains dominent alors la région, mais plusieurs attendaient l’avènement d’un messie de la trempe de David qui pourrait établir à nouveau la souveraineté d’Israël.

Quel est le royaume de Jésus?

En utilisant le mot qui désigne les structures de pouvoir politique et militaire de cette époque, les évangiles utilisent ces réalités bien connues pour évoquer son projet principal : l’avènement du royaume de Dieu. Nous sommes habitués de comprendre ce royaume de façon religieuse, mais le mot basileia renvoie d’abord à une réalité politique. Pour montrer cela, on pourrait le traduire par l’empire de Dieu. 

Plusieurs ont reconnu en Jésus le Messie attendu. Pourtant, contrairement à David qui était réputé pour son leadership militaire, Jésus ne prend pas les armes et ne restaure pas la royauté d’antan. Il propose un autre type d’organisation en contraste complet avec celle des empires de son époque. En effet, les personnes exclues sont au cœur du projet de règne ou de royaume de Dieu que les enseignements et les gestes de Jésus annoncent.

En utilisant le même vocabulaire que les empires de l’époque, les évangiles portent un message subversif : il n’y a pas que Rome qui a un projet de royaume, il n’y a pas que l’Empereur pour régner.

Le roi de Juifs

Ironiquement, à la fin de sa vie, ce sont les adversaires de Jésus qui l’appellent roi. L’inscription le désignant comme « roi des Juifs » est à la fois une forme de dérision, puisqu’il était impensable qu’un condamné à mort soit roi, mais aussi une vérité théologique importante. Jésus est au cœur d’un royaume qui ne ressemble en rien aux empires de ce monde.

Des paraboles polysémiques

Les évangiles de Marc, de Matthieu et de Luc proposent plusieurs paraboles pour parler du royaume proposé par Jésus. L’image qui s’en dégage est très complexe puisque chacune de ces paraboles peut être interprétée de façons différentes. Pour mieux comprendre le Royaume de Dieu selon Jésus, le mieux est de relire l’un de ces trois évangiles d’un bout à l’autre en soulignant ce qui est dit à son sujet.

Pour les premiers chrétiens, comme pour les chrétiens d’aujourd’hui, le Royaume de Dieu est « déjà-là » et « pas encore ». En effet, les actions de Jésus ainsi que sa mort et sa résurrection ont permis l’inauguration de son royaume; pourtant, il est encore à construire. Nous sommes donc à la fois invités à prendre place dans ce royaume, mais aussi à le construire.

Sébastien Doane

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