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Bible et culture
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chronique du 13 novembre 2017

 

Jésus chassant les banquiers

Jésus chassant les banquiers

Cette œuvre d’un artiste inconnu met en évidence Jésus, chassant les banquiers à l’aide d’un fouet. Elle fait référence au récit de la colère de Jésus au Temple selon l’Évangile de Jean (2,15) dans une actualisation du récit biblique.

En effet, alors que Jésus, en Jean 2, chasse du Temple les changeurs avec les brebis et les bœufs, dans l’œuvre il chasse uniquement les banquiers représentés en costume et cravate comme c’est le cas aujourd’hui dans nos institutions financières. Aussi, par les noms qu'on peut lire, on voit que l'œuvre fait référence au désastre financier américain de 2008 relié à des mauvaises pratiques de certaines institutions bancaires.

Lorsque Jésus se met en colère dans le Temple à Jérusalem, c’est contre un système religieux, mais aussi système économique qui appauvrit davantage les pauvres qu’il s’en prend. L’actualisation de cette œuvre représente, à travers la violence de Jésus envers les banquiers, l’opposition au système économique actuel qui creuse davantage l’écart entre les riches et les pauvres. Une telle violence du Christ envers les banquiers est proportionnelle à la violence du système économique, social et culturel.

Le pape François le dénonce aussi. Recevant, au Vatican, 5000 participants de la 3e Rencontre mondiale des mouvements populaires, le pape François s’est livré à une charge sans concession contre le système économique libéral, dénonçant « l’impérialisme de l’argent » qui « met en place une dictature économique mondiale ». Celle-ci, a-t-il accusé devant ces représentants de syndicats, mouvements paysans, chiffonniers, travailleurs précaires, migrants et habitants des quartiers pauvres engagés pour que les exclus soient les protagonistes des changements économiques, politiques et sociaux, « gouverne avec le fouet de la peur, de l’inégalité, de la violence économique, de la violence sociale, culturelle et militaire qui engendre de plus en plus de violence dans une spirale descendante qui semble ne jamais finir » [1].

En somme, cette œuvre met en évidence la violence comme un instrument de la volonté divine dans la mesure où c’est le Christ qui y est représenté en colère envers des banquiers, et par analogie nous dirions contre un système économique qui asservit davantage une majorité au profit d’un petit nombre de personnes.

[1] Nicolas Senèze, « Le pape dénonce la "dictature mondiale" de l’argent », La Croix, 7 novembre 2016.

Leandre Syrieix

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Jésus et les armes