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Justice sociale
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chronique du 25 juin 2018

 

In God We Trust

dollar

On retrouve la devise sur… le billet américain de un dollar.


Malgré la devise américaine (En Dieu nous croyons), le président américain semble totalement sourd à la Parole de Dieu. Cela se traduit par les gestes posés envers les migrants puisque que les familles qui passent la frontière sont malmenées : les parents sont mis en état d’arrestation et envoyés en détention. On leur retire alors leurs enfants parce que la loi américaine ne permet pas l’emprisonnement d’enfants. Je partage ici quelques fragments bibliques qui nourrissent ma réflexion.

Plus de 2000 enfants sont touchés par cette mesure inhumaine. Une question m’est alors venue à l’esprit lorsque j’ai vu cette statistique. Que serait-il arrivé si l’on avait retiré Jésus à ses parents, Marie et Joseph, alors que la Sainte Famille s’est enfuie en Égypte?

« Voici que l’Ange du Seigneur apparait en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant set sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » (Mt 2,13)

Il va s’en dire que si Jésus avait été retiré à ses parents, les derniers 2000 ans auraient été bien différents. Il me semble que c’est la même chose pour ces familles migrantes brutalement séparées; leur histoire de vie est maintenant changée à jamais. Des milliers de vies changées par ces séparations forcées, un poids qui s’ajoute aux difficultés que connaissent les migrants. Ils ont n’ont pas fait ce choix dans la joie, mais plutôt par nécessité. Ces personnes ne se « payent pas de vacances » aux États-Unis comme certains semblent le croire.

« Quiconque accueille un des petits enfants tels que lui à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille ; et quiconque m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » (Mc 9,37)

Croire en Dieu, c’est croire à l’amour! Cet amour, c’est la charité en actes qui semble bien absente dans l’accueil des migrants aux frontières américaines. Les migrants adultes sont traités comme des criminels et « les petits enfants » ne sont pas accueillis ni aimés. On semble faire dans la démonstration de force, plutôt que la démonstration d’amour et de compassion.

Qui plus est, l’administration se justifie par la Bible en citant l’épître de Paul aux Romains (Rm 13) où l’on dit qu’il faut obéir aux lois du gouvernement. C’est à se demander quelle lecture on fait de la Bible.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait aucun tort au prochain ; l’amour est donc le plein accomplissement de la loi. »  (Rm 13,9-10)

Bien entendu, on peut lire la Bible pour y trouver ce que l’on cherche, pour en détourner le sens premier et justifier ce que l’on dit ou fait. Toutefois, la méthode fait fi de la réponse de Jésus au scribe qui demandait quel est le premier des commandements : aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et aimer son prochain comme soi-même (Mc 12,28-29). Tout se résume à l’amour, à la relation avec Dieu et avec ceux qui nous entourent. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures. Si l’on croit en Dieu, il faut croire à l’amour de l’autre, quel qu’il soit et de quelque manière qu’il nous arrive. Le mot d’ordre devrait être accueillir, non pas criminaliser et pénaliser enfants et parents pour le malheur d’être migrants. Jamais la devise américaine «  En Dieu nous croyons » n’a sonné aussi faux.

De nombreux pays et organismes internationaux on fait part de leur mécontentement et se sont fait répondre qu’il n’y a pas d’autres moyens d’appliquer la loi. Pourtant, faut-il rappeler que son prédécesseur avait trouvé une solution au problème. Il est vrai que la solution n’était pas parfaite, mais moins imparfaite que le drame de ces familles déjà éprouvées par la vie. On appliquait la loi de la compassion. Cela semble s’être perdu lors des dernières élections.

« Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. (…) En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,35-36.40)

Peut-on oublier l’amour de Dieu et du prochain invoquant des questions de sécurité bidon? Pour moi, poser la question c’est aussi y répondre.

Au moment de terminer ce texte, il semble que Washington entend la voix de la raison et s’apprête à modifier ses pratiques. La Presse titre : « Trump va signer un texte pour éviter la séparation des familles ». Pourquoi avoir attendu des mois pour le faire? L’indignation internationale a certainement pesé dans la balance. Continuons de nous indigner face aux injustices et surtout continuons d’aimer notre prochain.

Marie-Claude Lalonde

Chronique précédente :
Le baptême de Lydie et du geôlier et le don de l’hospitalité

 

 

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