
(image © Siri Vinter / Voix des générations futures)
Des jeunes qui prophétisent pour les jeunes… et pour nous
Renaude Grégoire | 9 mars 2026
Un arbre, une vigne, une main tendue… voilà de simples images que des jeunes nous partagent à travers ces récits écrits par eux et pour les jeunes du monde.
Dans cette période d’incertitude, de morosité, d’instabilité, de la montée des insécurités et de l’autoritarisme d’un monde qui change (et qui ne reviendra pas comme avant), d’un monde avec ses inégalités, il est des voix que nous n’entendons pas. Certains dirigeants occupent tout l’espace médiatique, chaque jour, les manchettes signalent leur dernière déclaration, leur dernier tweet, leur dernier discours, si ce n’est leur dernière manière de vouloir nous faire avaler leur idéologie.
En reprenant le texte du prophète Joël, je me demandais comment faire en sorte que l’espoir reste à l’ordre du jour, surtout pour les plus jeunes qui ont plus d’années devant eux que plusieurs d’entre nous.
Voici ce qui arrivera plus tard :
Je répandrai mon Esprit sur tous les vivants,
vos fils et vos filles prophétiseront,
vos vieillards auront des rêves,
et vos jeunes des visions. (Joël 3,1)
« Voix des générations futures pour les enfants » (Voice for future generations for children) est une initiative de plusieurs organisations, dont le Centre pour le droit international du développement durable (CISDL), basé à Montréal, qui permet à des jeunes de faire entendre leur voix prophétique aujourd’hui concernant la réalisation des objectifs de développement durable.
Des jeunes de 8 à 16 ans écrivent des récits, magnifiquement illustrés, pour les jeunes de plus de 6 ans et traduits en plusieurs langues. À ce jour, 27 livres ont été publiés.

Parmi ces récits, celui de Kehkashan Basu du Moyen-Orient, intitulé L’arbre de l’espoir, raconte comment, à travers des conflits, une jeune fille lutte contre la sécheresse en plantant des arbres au profit de sa communauté. Dim Boateng d’Afrique aborde les impacts de la corruption sur la pauvreté des enfants dans La ville, un pas en avant, un pas en arrière. Allison Liévano d’Amérique latine s’inspire de sa situation familiale pour aborder les droits des enfants vivant avec un handicap dans La connexion mentale des deux sœurs. Ying-Xuan Lai d’Asie, dans son récit Un chemin vers la vie, présente, devant la perte de la biodiversité, la créativité des enfants et des animaux pour trouver des solutions. Un des jeunes auteurs, Jona David, aborde la santé de la planète et la nécessité que tous s’engagent pour préserver celle-ci dans ces quatre livres : Les éco-inventions épiques, La grande vigne verte, L’invention d’échecs mécaniques et L’invention climatique cosmique. Je veux souligner aussi le récit épique d’Adelyn Newman-Ting de Colombie-Britannique, publié alors qu’elle avait 11 ans, Trouver la langue, qui montre l’importance de sauver les langues autochtones et la terre.
Par ces récits venant de divers pays, c’est la vision des jeunes concernant la mise en œuvre des objectifs de développement durable qui nous est partagée. De plus, cette initiative permet aux jeunes auteurs de dialoguer avec des universitaires, des éducateurs, des experts souvent invités dans les grandes conférences, que ce soit au Canada, au Mexique, en Allemagne, au Maroc et dans d’autres pays dans le monde. Et d’inviter les décideurs à passer à l’action en faveur des droits des enfants et du développement durable.
Les jeunes prophétisent… et les plus âgées continuent de communiquer leurs rêves pour les futures générations. Ces livres constituent de véritables paraboles modernes pour les droits des enfants et leur pleine participation à un monde plus humain, plus juste et plus respectueux de la planète.
Les livres sont disponibles en plusieurs langues et gratuitement en PDF sur le site Voix des générations futures.
Renaude Grégoire est engagée dans des réseaux de justice sociale depuis une vingtaine d’années. Elle collabore à divers projets de justice sociale, de paix et de protection de l’environnement.
