La tablette de Gézer
Calcaire (objet original)
Dimensions : 11,1 x 7,2 cm
Datation : 10e siècle AÈC
Musée archéologique d’Istanbul
(photo © Louis Lafleur / SEBQ)La SEBQ possède une reproduction semblable à celle exposée au musée d’Israël.
L’érudit irlandais Robert Alexander Stewart Macalister (1870-1950) était archéologue, épigraphiste et professeur d’archéologie celtique à l’Université nationale d’Irlande. Ses recherches archéologiques comprenaient des travaux sur la Palestine et l’Irlande. (photo © Royal Irish Academy)
Le site de l’ancienne Gézer (Tell el-Jazari), située sur les derniers contreforts des monts de Judée, est formellement identifié en 1871. D’une superficie de 12 ha, c’est l’un des sites les plus vastes de la Palestine avant la période romaine. Pendant les trois millénaires avant notre ère, Gézer est l’une des six cités fortifiées les plus importantes du pays.
L’archéologue R.A.S. Macalister est le premier à y diriger des fouilles entre 1902 et 1909. Il met au jour plusieurs ensembles architecturaux et trouve plusieurs objets portant des inscriptions dont la tablette de Gézer. Il s’agit de la plus ancienne inscription hébraïque découverte jusqu’ici.
La petite tablette de calcaire est recouverte, au verso, d’une écriture maladroite comportant sept lignes d’écriture proto-cananéenne ou phénicienne. Elle est généralement datée du 10e siècle avant notre ère et est considérée comme un exercice d’écolier. Cette interprétation s’appuie sur l’observation de certaines lettres qui ont des formes différentes : le jeune scribe qui les a gravées était en apprentissage…
On présente souvent cette tablette comme un « calendrier » mais aucun des mots utilisés dans le texte ne sont des mois. Elle dresse plutôt un cycle de travaux agricoles répartis sur une année complète. Chacune des tâches se déroulent sur un ou deux mois et l’ensemble comprend la cueillette, les semailles, le fauchage, la moisson et les vendanges.
S’il s’agit bien d’un exercice d’écolier, la tablette démontre une alphabétisation précoce dans le royaume du Nord. Cette maitrise de l’écriture prépare la mise par écrit des plus anciennes traditions bibliques. Selon certains spécialistes, il faut toutefois attendre au 9e ou au 8e siècle AÈC pour que les traditions orales commencent à être consignées par écrit. Certains poèmes ou récits, tels que le Cantique de Déborah (Juges 5) ou des passages du livre de l’Exode, sont considérés comme parmi les plus anciens écrits bibliques et dateraient de cette période.
Comme l’inscription du canal de Siloé, la tablette originale est conservée au Musée archéologique d’Istanbul en Turquie. Ces deux artefacts ont été découverts alors que la Palestine était sous le contrôle de l’Empire ottoman. À cette époque, les lois ottomans stipulaient que les découvertes archéologiques faites sur leur territoire soient envoyées à Constantinople (aujourd’hui Istanbul). La tablette exposée au Musée d’Israël est donc une reproduction.
Pour en savoir plus :
Guy Couturier, « Des travaux et des jours » (interBible.org)

