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La lampe de ma vie
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chronique du 8 janvier 2018

 

La rencontre improbable de Lévi 1/2

L’appel de Lévi

L’appel de Lévi
Hendrick Terbrugghen, circa 1616
Huile sur toile, 106 x 128 cm
Musée des Beaux Arts, Budapest, Hongrie (photo : Wikiart)

L’invitation « lève-toi et marche ! » traverse le ensemble du récit évangélique et interpelle chaque personne qui se met à son écoute, comme un appel à devenir ou être soi, à se remettre debout sur ses deux pieds ou prendre sa propre vie en mains. Elle peut prendre différentes formes. Voici le récit d’une rencontre improbable :

Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Marc 2,13-17)

Qu’est-ce qu’un publicain ?

La scène garde pour cadre la petite ville de Capharnaüm, poste-frontière situé entre deux provinces. Ce serait aujourd’hui un bureau de douane avec ses locaux et des personnes chargées de taxer les marchandises qui entrent en Palestine ou en sortent. Un groupe d’hommes est chargé de cette tâche, les publicains. La somme que Rome veut percevoir est fixée d’avance par l’occupant romain sans considération pour la situation des gens ou les aléas climatiques. L’impôt pèse lourdement sur les épaules du petit peuple de Palestine et les publicains, chargés de le récupérer, sont accusés de profiter de leur situation pour s’enrichir aux dépens des autres. Tous les haïssent et les considèrent comme des collaborateurs et des voleurs. Ils se retrouvent de ce fait mis au rang des « pécheurs » ou des personnes infréquentables et maudites.

Une scène anodine ?

La nouvelle scène que Marc entend raconter est banale :« En passant, il (Jésus) aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. »Une foule nombreuse est venue pour écouter son enseignement puisque ce qu’il dit interpelle. Elle se presse autour de lui pour mieux l’entendre, mais elle ne parvient pas à cacher un homme au regard de Jésus. C’est un publicain dont le nom est Lévi, fils d’Alphée, qui dans l’Évangile selon Matthieu prend le nom de Matthieu. Il est assis à son bureau faisant son travail, mais certainement intéressé par ce rabbi qui passe près de son bureau et fait beaucoup parler de lui depuis qu’il est à Capharnaüm.

Dans la tête de Lévi

Le texte ne dit rien sur ce que pense Lévi. On ne peut qu’en présumer. Il a entendu ce qui se dit à son sujet, les guérisons opérées par lui, celle du lépreux qu’il a accueilli avec tendresse et celle de ce paralysé qu’il a commencé par libérer de toute sa culpabilité en lui remettant ses péchés. Il s’est peut-être senti proche d’eux. Comme eux, il fait partie des exclus de la société et ne récolte que mépris. Qu’a-t-il donc fait pour mériter le statut de « pécheur »? On se perd en conjectures sur ce qui se passe en lui. Toujours est-il que Jésus l’aperçoit et qu’un regard suffit pour qu’il prenne la mesure de cet homme assis à la table des douanes. Il s’arrête devant lui et Lévis entend l’invitation qui lui est faite : « Suis-moi. » Sa réponse est immédiate : l’homme se leva et le suivit. Le récit est d’une sobriété totale. La suite du récit nous fait comprendre ce qui s’est passé dans sa tête. Il n’imaginait certainement pas que le rabbi puisse s’intéresser à lui et l’appeler à le suivre. Lévi découvre un homme dont la tendresse est sans limites. Lui, le publicain méprisé de tous se découvre aimé tel qu’il est, rétabli dans sa dignité d’homme. Lui le « pécheur » se découvre digne de faire partie des proches disciples du rabbi. Tout se bouscule dans sa tête. Un sentiment domine : une joie totale. Il n’hésite pas une seconde. Quittant la sécurité de son bureau des douanes, il est prêt à suivre le rabbi partout où il ira.

Seigneur ! Je pense à ton regard posé sur ces hommes et ces femmes que tu croises sur ta route. Il te suffit de les voir pour les connaître, entendre leurs appels et répondre à leur détresse ou faire éclore leurs désirs les plus profonds. Tu n’es pas là pour condamner ou enfoncer davantage l’être humain dans le pétrin. Ta tendresse est la plus forte et ta parole encourage chacune et chacun à se lever et se remettre en route. Donne-moi la force et la résolution de Lévi qui ne connaît aucune hésitation. À peine ton appel a-t-il retenti qu’il se lève pour prendre la route avec toi. Merci Seigneur de ne pas t’en tenir aux apparences ou au qu’en-dira-t-on. Toi seul es capable de nous rejoindre au plus profond de nos cœurs et de nous permettre de naître à nous-mêmes.

C’est bien de cela qu’il s’agit! Ce que Lévi a vécu est bien de l’ordre d’une naissance nouvelle. Il était installé dans son travail, comblé de biens qu’il avait eu le temps d’accumuler, mais rien de tout cela ne le satisfaisait. L’appel qu’il entend bouscule toute sa vie. Il découvre soudainement la vraie vie à laquelle il se sent appelé et s’y engage sans restriction. Il va tout laisser, mais cela ne l’empêche pas de vouloir partager sa joie.

Roland Bugnon

Article précédent :
Le paralytique de Capharnaüm

 

 

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