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La lampe de ma vie
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chronique du 16 avril 2018

 

Comment vivre le jour du sabbat ? 3/4

L’homme à la main desséchée

L’homme à la main desséchée
James Tissot, c. 1886-1896
Aquarelle opaque et plomb sur papier vélin, 21,9 x 16 cm
Brooklyn Museum, New York

Début de la série : Du débat sur le sabbat à la relation à Dieu

Lire : Une guérison le jour du sabbat (Marc 3,1-6)

Marc poursuit son récit et, comme s’il voulait mettre l’accent sur un point particulier, il propose un nouvel épisode qui se passe durant un jour de sabbat, à la synagogue. Comme à l’accoutumée, Jésus participe à la prière et la célébration communautaire. Il y est là avec ses disciples. Tout se serait passé sans incident s’il n’y avait pas eu la présence d’un infirme à la main atrophiée. De l’assemblée se font entendre des murmures. Tous connaissent sa réputation et ses dons de guérisseur. Marc précise qu’on l’observe et certains se demandent s’il osera guérir cet homme un jour de sabbat. Il en va, pour le chef de la synagogue et un groupe de scribes et pharisiens ultrareligieux, du respect de la loi mosaïque qui prescrit un repos strict ce jour-là. Parmi eux, se tiennent ses adversaires directs. Ils espèrent probablement que Jésus se montrera fidèle à ses habitudes, ce qui leur donnerait des arguments solides pour le mettre en accusation et le faire condamner. Il y a quelque chose de navrant dans leur attitude. Ces hommes sont complètement fermés au message que Jésus apporte. Ils se sont bouché les oreilles, ont verrouillé leur cœur. Ils l’entendent parler, mais ne l’écoutent pas. Ils ne voient en lui que ce qui leur apparaît comme une trahison de la Loi et de la coutume ou tradition. Ce qu’il fait ou dit leur importe peu tant ils sont obsédés par leur volonté de le dénigrer aux yeux de tous et de pouvoir l’accuser et de le faire taire. Ils ne supportent pas son succès auprès de la foule qui se presse autour de lui pour le voir et l’écouter. À leurs yeux, ses paroles et ses gestes sont trop libres et constituent un manque de respect pour la Loi et la tradition des Anciens.

Jésus est devenu le point de mire de toute l’assemblée. Il en devine sans difficulté la raison. L’enjeu est pour lui trop important pour ne pas réagir. Il profite du défi qui lui est lancé pour en proposer un autre, rien de moins qu’une nouvelle compréhension du sabbat et des lois qui l’entourent. Il commence par une forme de mise en scène. Il invite l’infirme à venir se placer au centre de l’assemblée pour que tous puissent le voir, mais aussi pour montrer que la loi du sabbat ne peut rester qu’au niveau des principes. Elle doit prendre en compte la situation concrète de cet infirme. « Lève-toi, viens au milieu. » Jésus refuse d’entrer dans des discussions sans fin et stériles. Son enseignement prend un visage concret. La question qu’il pose à tous devra en tenir compte : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal? de sauver une vie ou de tuer? » Ainsi formulée et placée dans la situation de l’infirme, elle devient embarrassante. Le jour du sabbat a été institué pour célébrer l’action de Dieu en faveur de son peuple, le moment où il le libère de l’esclavage et lui redonne la vie. Il est évident pour tous que Dieu demande de faire le bien et de sauver une vie plutôt que de rester inactif. Mais la question de Jésus ne reçoit aucune réponse. Personne ne court le risque à s’engager sur cette piste. Les scribes/théologiens présents dans l’assemblée préfèrent s’enfermer dans le silence. Ils ne veulent surtout pas cautionner le geste de Jésus pourrait faire…

Ces hommes s’érigent en défenseurs de la loi, mais ils le font sans prendre en compte la personne concrète qui est devant leurs yeux. Pour Jésus, cette situation est insupportable car elle donne de Dieu l’image d’un juge implacable qui n’éprouverait aucun sentiment pour la situation d’un être humain blessé par la vie. Il n’est plus alors que le garant de l’ordre établi pour qui il n’existe pas d’exception. Pauvre Dieu que voilà!

Seigneur Jésus, je comprends un peu mieux, la souffrance qui fut la tienne tout au long de ta prédication. Tu cherches à ouvrir les cœurs pour qu’ils découvrent l’infinité de l’amour de Dieu pour tous et son désir de nous partager sa vie, mais tu ne rencontres trop souvent devant toi que des personnes fermées sur leurs certitudes et sur ce qu’elles croient être « la vérité ». Tu souffre de voir ces hommes s’établir dans le refus total de t’écouter. Donne-moi Seigneur, donne à toutes les communautés qui se réclament de toi, la capacité de prendre en compte plus concrètement ta parole et d’en vivre. Que jamais mon attitude envers l’autre ne soit fondée sur des principes intangibles! Au contraire, donne-moi la capacité de toujours mettre le bien de la personne humaine au centre de mes préoccupations.

Roland Bugnon

Suite de l'article (bientôt disponible)

Article précédent :
La rencontre improbable de Lévi

 

 

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