objets du sanctuaire

Les objets du sanctuaire

Une série de quatre timbres, émis en juillet 1985, est consacrée aux objets du sanctuaire tels qu’il est possible de les reconstituer à partir de la description qu’en font les textes bibliques.

Dieu dit à Moïse : « Fais-moi un sanctuaire afin que je puisse résider parmi mon peuple. Tu feras tout, la demeure et son mobilier, selon les modèles que je te montrerai. » (Ex 25,8-9) Durant trois siècles, de Moïse à David, le sanctuaire fut central pour le culte du peuple juif, d’abord durant la traversée du désert, puis en Terre promise, jusqu’à ce que Salomon construise le temple de Jérusalem vers 950. Ce sanctuaire était divisé en deux salles séparées par un voile : le Saint où se trouvaient l’autel des parfums et le chandelier à sept branches et le Saint des saints où résidait l’arche de l’Alliance.

Un premier timbre de 100 shekels est dédié à l’arche de l’Alliance : « Tu feras en bois d’acacia une arche longue de deux coudées et demie (1,10 m), large d’une coudée et demie (68 cm) et haute d’une coudée et demie. » (Ex 25,10) Elle avait la forme d’une boite ouverte, recouverte d’or à l’intérieur et à l’extérieur. Son couvercle ainsi que les chérubins qui le surmontaient étaient d’or pur et moulés d’une seule pièce. L’un et l’autre chérubins se faisaient face aux deux extrémités du couvercle. De chaque côté de l’arche étaient quatre anneaux et une barre de bois couverte d’or, en vue du transport. Le dessin de ce timbre fait voir tous ces détails. La bandelette annexée au bas du timbre comporte, en hébreu et en anglais, le texte d’Exode 25,10.

Un second timbre de 150 shekels illustre la table des pains d’oblation : « Tu feras une table en bois d’acacia, longue de deux coudées (90 cm), large d’une coudée (45 cm) et haute d’une coudée et demie (68 cm). Tu la plaqueras d’or pur. » (Ex 25,23-24) Elle se trouvait dans la tente de la rencontre. Sur la table étaient posés les pains, les plats, les navettes d’encens et les coupes et tasses pour les libations. Comme pour l’arche, quatre anneaux et des barres de bois permettaient de porter cette table. Le texte d’Exode 25,23-24 se trouve écrit en hébreu et en anglais sur la bandelette annexée au timbre

Un troisième timbre de 200 shekels représente le fameux chandelier à sept branches en or : la menorah. Il avait 18 palmes (1,35 m) de haut et 13 palmes (90 cm) de large. Il était fait d’une seule pièce, excepté les vases d’huile qui s’y ajoutaient. Il était orné de calices et de fleurs. La menorah se trouvait dans la partie est de la salle appelée le Saint. Sur la bandelette annexée au timbre est écrit : « Tu feras un candélabre d’or pur. » (Ex 25,31)

La menorah est le symbole du judaïsme, comme la croix est le symbole du christianisme. On la trouve dans les synagogues, sur les pièces de monnaie, sur les billets de banque… C’est un emblème à la fois religieux, civil et politique. L’image du chandelier à sept branches, et aussi celle de la table d’offrande des pains sont sculptées sur l’arc de Titus à Rome, parmi les trophées emportés de Jérusalem après sa victoire.

Le quatrième timbre de 300 shekels évoque l’autel des parfums (Ex 30,1-3). Il était à 10 coudées (4,50 m) de l’entrée, dans la tente de l’assemblée. On l’appelait autel des parfums ou autel d’or ou autel intérieur par contraste avec l’autel des holocaustes qui se trouvait à l’extérieur. Comme l’arche de l’Alliance et la table des pains, il avait ses anneaux et ses barres en vue des transports.

Tous ces objets, sauf le chandelier, étaient en bois d’acacia, ce bois étant considéré comme incorruptible. D’ailleurs à l’heure actuelle encore l’acacia est le seul gros arbre dans le désert du Néguev et dans les wadis de la région du Sinaï.

Le sanctuaire et ses objets furent réalisés avec les dépouilles des égyptiens. Les mines de cuivre pour le bronze se trouvaient dans la péninsule du Sinaï. Elles y existent encore aujourd’hui, par exemple les mines de Timna, qui étaient exploitées par les Égyptiens longtemps avant de l’être par le roi Salomon.

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte, mai-juin 2000.