Shavuot : la fête de la Pentecôte
Cette série de timbres, consacrée aux fêtes juives, fut mise en circulation au cours des années 1971-1972. Les dessins sont l’œuvre d’A. Kalderon. Sur tous les timbres figurent, en-dessous du prix, les mots Shavuot et Israël, en hébreu et en anglais. Les dessins encadrent les versets respectifs de chaque valeur (en hébreu sur les timbres), tirés de l’Exode et qu’on retrouve sur les bandelettes (en anglais), en dehors du rectangle. Dans ce rectangle apparaît le mot Shavuot (en hébreu et en anglais).
Le timbre de 50 agorot se réfère à Ex 34,28 : « Et (Yahvé) inscrivit sur les tables les dix commandements. » En haut du dessin figure la menora.
Le timbre de 85 agorot se réfère à Ex 23,19 : « Tu apporteras à Yahvé les prémices de ton terroir. » La vignette est ornée de fleurs.
Le timbre d’1,50 lire est en relation avec Ex 34,22 : « Tu célébreras la fête des Semaines », texte approprié à la fête de la Pentecôte. La vignette est garnie de feuilles, de fruits et (en bas) d’un oiseau.
Une fête aux multiples noms
Shavuot, la fête des Semaines, est une des trois fêtes que le peuple d’Israël célébrait annuellement, lors de la montée au Temple de Jérusalem : « Trois fois l’an, tous les mâles de chez toi se présenteront devant Yahvé ton Dieu, au lieu qu’il aura choisi : à la fête des Azymes, à la fête des Semaines, à la fête des Tentes. Aucun ne se présentera les mains vides devant Yahvé. » (Dt 16,16)
Cette fête est connue sous trois noms différents : Fête de l’Aseret, car elle a lieu au temps de la moisson ; Fête des Semaines (ou aussi Pentecôte), en raison des sept semaines (50 jours) qui la séparent de la Pâque ; Fête des fruits, étant donné l’offrande spéciale qui est faite ce jour-là. Comme elle évoque, historiquement, le don de la Loi sur le mont Sinaï et l’Alliance éternelle entre le Seigneur et Israël, elle est parfois désignée sous le nom de Don de la Loi.
Une fête bien orchestrée
Shavuot (ou Pentecôte) marque la fin de la fenaison du seigle et le début de celle du blé. Aussi offre-t-on alors les prémices de ces céréales. Les enfants se parent la tête de fleurs et de fruits et il en va de même à la campagne où l’on fleurit les instruments de travail : charrues, tracteurs, etc. Actuellement, c’est une fête essentiellement champêtre.
La nuit qui précède la fête est tout entière consacrée, par les plus fervents, à la prière privée et à une veillée d’étude de la Loi, à partir de la lecture des trois versets de chacun des livres de la Bible et spécialement du livre de Ruth. On lit également le « tiqqun lel Shavuot », qui est une sélection de passages bibliques, mystiques, cabalistiques, appropriés à la fête. Pour éviter de s’endormir, on se livre de temps en temps à d’aimables conversations, on boit du café et, au matin, on prend une légère collation, à base de confitures et de gâteaux.
Après la destruction du Temple, bon nombre de coutumes ont dû être abandonnées. On en a gardé cependant des souvenirs liturgiques. C’est ainsi, par exemple, qu’à la synagogue, on procède à la lecture du livre de Ruth, car il y est fait mention de l’orge et de la récolte du blé. Au lieu des deux pains fermentés, exigés par la Loi (Lv 23,17), on offre à Dieu et puis on consomme du lait et du miel, mélangés avec une pâte, à laquelle est donnée la forme du mont Sinaï ou du personnage de Moïse.
Enfin, pour évoquer l’allégresse de la Loi, les maisons sont ornées de fleurs, de verdure, de plantes et, pendant qu’à la synagogue se déroulent les prières et les lectures adaptées à la journée de fête, des pétales de roses sont répandus en grande quantité sur ceux qui prient.
Agripino Cabezón, ofm
Source : La Terre Sainte, mai-juin 2002.

