Les trois grands prophètes
Les prophètes furent des interprètes de Dieu, chargés de transmettre au peuple, en son nom et avec son autorité, les vérités surnaturelles que Dieu leur faisait connaître. Leur activité était en lien étroit avec la vie religieuse, morale et même politique du peuple d’Israël. Il y eut des prophètes écrivains du VIIIe au IVe siècle av. J.-C.
Pour commémorer le Nouvel An juif 5734 (1973 de notre calendrier), à l’occasion d’un XXVIe Festival, trois timbres-poste furent émis, représentant trois prophètes, Isaïe, Jérémie et Ézéchiel : timbres coloriés. Sous l’image de chacun d’entre eux, qui occupe le centre du timbre, est inscrit en hébreu : « Joyeuse Fête 5734 ». Sur les trois bandelettes est notée en hébreu et en anglais la légende : « Prophètes d’Israël ».
Isaïe
Le timbre de droite, de 18 agorot, représente, sur fond violet, Isaïe assis tenant un rouleau de la main gauche. Des deux côtés de sa tête son nom est inscrit à droite en hébreu, à gauche en anglais.
La partie supérieure du timbre fait voir, de manière un peu difficile à discerner parce que de taille minuscule, la muraille de Jérusalem, des ennemis l’attaquant avec leurs épées, un groupe de juifs unis bras dessus bras dessous et tout en haut une épée transformée en charrue. Celle-ci figure les temps messianiques, selon le verset 2 du chapitre 4 du livre d’Isaïe : « Les nations briseront leurs épées pour en faire des socs de charrues. »
Isaïe est le premier des grands prophètes. Fils d’Amos, il a raconté, au chapitre 6 de son livre, l’appel que Dieu lui fit de devenir prophète « l’année de la mort du roi Osias » (vers 737). Il remplit sa mission sous trois rois, Yotam, Achaz et Ézéchias, durant une quarantaine d’années (737-687). D’après une tradition juive il fut mis à mort par le roi Manassé, qui régna après 687 ; il était alors très âgé. Son livre est surnommé « le cinquième Évangile » à cause de ses prophéties sur « le Serviteur de Yahveh », le Messie et sur la Passion de celui-ci. Il vaticina contre les nations, mais prédit l’avenir et le triomphe final d’« un petit reste ».
Le livre de l’Ecclésiastique fait son éloge, l’appelle « le grand prophète, fidèle dans ses visions » (Si 48,20-22).
Jérémie
Le deuxième prophète, célébré par un timbre de 65 agorot, est Jérémie (650-580) prêtre à Anatot. Appelé à une mission de prophète la 13e année du roi Josias, en 626, vers l’âge de 24 ans, il remplit sa mission sous les règnes de Josias, Joachaz, Joachim, Jéchonias et Sédécias, surtout durant le siège de Jérusalem (588-586). La ville sainte une fois conquise par les Chaldéens, il fut bien traité par eux et demeura en Judée pour consoler le peuple désemparé. Ensuite il fut exilé en Égypte où il continua son ministère. On ne sait rien de sa mort.
Sa vie fut très secouée. Il eut à souffrir des va-et-vient politiques après la mort du saint roi Josias en 609 ; il avait collaboré avec ce roi pour la réforme religieuse entreprise en 621. Sa vie est assez semblable à celle d’Isaïe qui avait apporté son aide morale à la réforme religieuse entreprise par le pieux roi Ézéchias.
Durant sa vie il fut un signe de contradiction. Les Pères de l’Église le présentent comme le prototype du Christ souffrant, incompris par un peuple aveugle.
Le timbre, sur fond jaune clair, le représente la tête appuyée sur sa main droite, la main gauche levée en un geste violent. Derrière lui est un troupeau de chèvres, à cause de sa parole : « Tout le troupeau a été dispersé » (10,21). La partie supérieure du timbre fait voir les murailles incendiées de Jérusalem et ses habitants levant les mains vers le ciel.
Ézéchiel
Ce prophète est commémoré par le timbre de 1 livre israélienne 10 agorot. Il fut déporté à Babylone en 598 av. J.-C., avec le roi Jéchonias et une partie de l’aristocratie juive. Il vécut avec les exilés dans une ville appelée Tel-Aviv, près du fleuve Kébar, affluent de l’Euphrate. La cinquième année de son exil, il fut appelé mystérieusement à un ministère de prophète (Ez 1,3-3,27). Il remplit ce rôle durant une vingtaine d’années.
Il fut l’homme providentiel qui s’occupa à maintenir vive la foi des exilés en Yahveh. On ignore la date et la raison de sa mort. Le livre de l’Ecclésiastique en a fait l’éloge (48,8-9), comme il l’a fait d’Isaïe.
Le timbre, sur fond bleu-vert, le représente à genoux, en prière, les mains levées vers le ciel. Son nom est marqué en hébreu et en anglais à sa gauche.
Sur la partie supérieure sont dessinés une ziggourat qui évoque la Tour de Babel, entourée de deux palmiers qui figurent la Chaldée, pays de l’exil, le fleuve Kébar, lieu de son ministère et une foule d’exilés auxquels il apporte consolation et courage.
Agripino Cabezón, ofm
Source : La Terre Sainte, septembre-octobre 2001.

