les juges

Les juges d’Israël

Les juges sont des personnages que Dieu a suscités en des périodes de difficultés pour libérer les tribus d’Israël de leurs oppresseurs, après l’occupation de la Terre promise par Josué. Leur forme d’autorité, qui était intermédiaire entre un régime tribal et le gouvernement monarchique postérieur, dura un peu plus d’un siècle, environ de 1150 à 1030 av. J.-C.

Une émission de timbres-poste a été dédiée à plusieurs juges, pour commémorer le Nouvel An 5736 selon le calendrier juif, correspondant à l’année 1975 selon notre calendrier. Sur chacun d’entre eux est inscrite, vers le haut du timbre, à droite, la légende en hébreu : « Joyeuse Fête 5736 », l’année hébraïque étant inscrite en lettres significatives des nombres.

Ces timbres multicolores sont de très bon goût ; leurs gravures représentent les moments les plus importants de la vie de chacun de ces personnages. Sous les images apparaît le nom d’Israël en trois langues (en arabe, en anglais et en hébreu), le nom en hébreu, à gauche, étant de plus grande dimension. Le titre Juges d’Israël est inscrit sur les bandelettes au bas de chacun de ces timbres, en hébreu et en anglais. Les trois juges commémorés sont, dans l’ordre chronologique, d’abord Débora, puis Gédéon, enfin Jephté.

Le timbre de 1 livre israélienne dédié à Débora est au centre de ces trois timbres. Débora était une prophétesse et une poétesse, qui siégeait sous un palmier, dans la montagne de la tribu d’Ephraïm, entre Rama et Béthel. Le haut du timbre la représente sous un palmier.

Devant les gémissements des Israélites, qui étaient opprimés par le roi cananéen d’Hatzor, Yabin, et « qui allaient vers elle pour obtenir justice », elle prit l’initiative de fomenter une révolte contre Yabin ; elle envoya chercher un homme de la tribu de Nephtali appelé Baraq et lui demanda de prendre la tête de la résistance. Celui-ci accepta seulement de la seconder. Le mérite de la victoire revient donc à Débora (Jg 4 et 5).

Sur la partie centrale du timbre est représentée en haut l’invasion des Cananéens avec leurs chevaux et leurs chars, en bas les soldats israélites qui vainquirent le général cananéen Sisera dans la plaine d’Esdrelon, entre Meggido et la rivière du Quishon. Sur la partie inférieure est symbolisée la déroute des ennemis. Le chapitre 5 est fait du chant triomphal, lyrique et épique de Débora, près du mont Thabor.

Le timbre de 0,35 agorot célèbre la mémoire de Gédéon. Encore aujourd’hui pour les juifs, Gédéon représente l’héroïsme. Sa vie et ses hauts faits sont décrits en Jg 6,7-8. Le haut du timbre le figure sonnant de la trompe pour rassembler ses troupes et foncer contre les Madianites.

La partie centrale montre, en haut, le choix des 300 soldats qui burent de l’eau à la source de Ein-Harod et, en bas, les soldats qui, de la main droite, tiennent leur trompette et, de la main gauche, une torche enflammée. Ce fut en effet cette stratégie nocturne qui désorienta les Madianites sur la plaine située entre les collines de Moré et de Gelboé. La partie inférieure fait voir les chefs ennemis défaits : Oreb et Zeb.

Le timbre de gauche de 1,40 livre israélienne commémore Jephté. Jephté vécut durant la période des juges, quand les Israélites n’étaient pas encore une nation, mais un groupe de tribus. Les faits de la vie de ce héros, valeureux guerrier, fils de Galaad et d’une prostituée, se lisent en Jg 10,1 – 12,7. Rejeté par ses demi-frères à cause de la situation de sa mère, il s’était exilé. Mais les anciens de Galaad, attaqués par les Ammonites, vinrent le chercher pour devenir leur chef dans leur combat contre les Ammonites.

Sur la partie supérieure du timbre nous voyons Jephté portant épée et carquois. Sur la partie inférieure se voient les ennemis en déroute (comme dans les deux autres timbres).

Dans la partie centrale est représentée la fille de Jephté pleurant accompagnée de ses amies. Son père l’avait, en effet, offerte en holocauste à Yahveh, en ayant fait vœu de sacrifier la première personne qui viendrait à sa rencontre après une victoire sur les Madianites. Or malheureusement c’est sa fille qui s’était présentée la première. « De là vient cette coutume en Israël : chaque année, les filles d’Israël s’en vont se lamenter quatre jours par an sur la fille de Jephté. » (Jg 11,39-40)

 « Jephté jugea Israël pendant six ans ; puis Jephté le Galaadite mourut et fut enseveli dans sa ville, en Galaad. » (Jg 12,7)

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte, juillet-août 2001.