Jonas et la baleine

Jonas et la baleine

En 1963, le service postal d’Israël a dédié une série de trois timbres-poste au prophète Jonas, pour commémorer le Nouvel An de l’année juive 5724, 16e année de l’État juif d’Israël.

Sur la bandelette de chacun des timbres, dont la couleur est différente, apparaît la fameuse baleine qui engloutit Jonas trois jours et trois nuits selon le livre de Jonas. On y trouve aussi l’inscription en hébreu : « Joyeuse Fête 5724. » Il y a de plus un verset du livre de Jonas, variable selon chaque timbre et commentant l’image du timbre. Or ce verset est non seulement inscrit en langue hébraïque mais aussi en langue française, chose très rare pour les timbres d’Israël. Sur plus de 350 timbres photographiés et commentés dans l’ouvrage Filatelia Biblica presque tous empruntent la langue anglaise comme langue occidentale ; seuls quinze timbres utilisent la langue française, dont ces trois sur Jonas.

Le livre de Jonas est différent des autres livres prophétiques. Il n’est pas écrit par le prophète lui-même. De Jonas on ne connaît rien. Si le Deuxième livre des Rois parle d’« un prophète Jonas, fils d’Amittaï, de Gat-Hépher » (14,25) durant le règne de Jéroboam II (783-743), il n’est pas certain que ce Jonas désigne le même personnage dans les deux cas. Par ailleurs le livre est moins une narration historique qu’un récit didactique, « un apologue » selon les exégètes.

Le thème de cet apologue est de mettre en relief la miséricorde de Dieu pour les pécheurs repentants, même s’ils n’appartiennent pas au peuple de Dieu. Quand Jésus prêcha ce même thème, les juifs eurent des réticences à l’accepter.

Le timbre de 30 agorot, sur fond violet, fait voir la tempête marine et les marins invoquant chacun leurs dieux. Le verset, marqué en français sur la bandelette est celui-ci : « Et il y eut une grande tempête sur la mer. » (Jon 1,4)

Le timbre de 55 agorot, sur fond de couleur lilas (rose bleuâtre), représente Jonas dans les entrailles de la baleine et, au fond, la grande ville de Ninive. Le texte français est : « Jonas demeura dans les entrailles du poisson. » (Jon 2,1)

Le timbre de 0,8 agora, sur fond orange, montre le prophète debout, un bâton recourbé à la main gauche, la main droite levée vers le ciel pour demander la mort : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. » (Jon 4,8) Au-dessus de lui est le soleil. À sa droite une hutte : « Il se fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui arriverait dans la ville. » (Jon 4,5) À sa gauche un arbuste de ricin : « Un ricin grandit au-dessus de Jonas, afin de donner de l’ombre à sa tête et de le délivrer de son mal. » (Jon 4,6) Sur la bandelette est inscrit en français : « Le soleil darda ses rayons sur la tête de Jonas. » (Jon 4,8)

En 2010, dans une série consacrée aux grands récits bibliques, on retrouve un timbre consacré au prophète Jonas. Ses créateurs sont Diana Shimon et Meir Eshel. Dans la même série on retrouve deux autres timbres de même valeur : Adam et Ève ; Samson et le lion. Cette série est complétée par une feuillet-souvenir sur Moïse et le passage de la mer Rouge déjà présenté dans cette chronique.

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte, novembre-décembre 2001.